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Frank Zappa : "Hot rats" Sea, sax & sun mardi 9 novembre 2010, par |
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Alors que l’année 1968 voyait un Frank Zappa en pleine ébullition créative, avec les parutions du fameux We’re only in it for the money et de sa tentative doo wop avec Cruising with ruben & the jets, il change - nouvellement - de cible avec Hot rats. Plutôt que de poursuivre dans cette veine potache (mais toujours de grande qualité mélodique) qui lui valut autant d’admirateurs que d’incompréhension, il s’intéresse cette fois plus exactement au jazz et nous offre la fusion du meilleur des deux mondes.
Hot rats est justement considéré comme l’idéale porte d’entrée à l’univers du sieur Zappa. Ce qui ne signifie pas que les recherches du personnage auraient été plus limitées et aboutiraient ici à une musique plus simpliste. Simplement qu’en délaissant l’environnement dingue des Mothers Of Invention, il préfèra s’appuyer pour un temps sur une luxueuse palette de musiciens pour œuvrer sur autre chose, encore une fois. Frank Zappa, lui, se met en avant, de par sa guitare qu’il n’a que rarement fait aussi bien entendre. Référez-vous au solo magistral de Willie the pimp, seule chanson de l’album pour vous en convaincre. Profitant de l’intervention au chant d’un proche ami du maître en la personne de Captain Beefheart, cette blueserie progressive laisse un champ de manœuvres prodigieux à Zappa, qui alimente le titre du violon de Sugar Cane Harris. Mais c’est bel et bien sa guitare qui domine, totalement déchaînée et fantasque. Presque neuf minutes d’un festival de funk, d’un rock métis et libéré. Il prouve ici que son talent de guitariste n’avait rien à envier au - surestimé - Jimi Hendrix. Revenons sur le terme de “jazz-rock”, je le conçois comme erroné, car le jazz n’est pas le fond de la musique ici. Zappa teinte au contraire son rock de jazz et non l’inverse, ce qui apparenterait plutôt ce travail à du “rock jazz” ou du “rock jazzy”. Je reconnais la tentative de couper les tifs en quatre, mais il me semble important de noter la nuance énorme entre les recherches de Zappa et celles de Davis. Six petits titres me direz-vous, voilà qui est bien maigre. Mais en six petits titres, Zappa refuse le déchet, et ne produit que des essentiels, tous distincts et à la fois membres d’un même univers. Peaches en regalia dévoile sa luxuriance rythmique, ses cuivres, sa clarinette rieuse. L’atmosphère est enfantine, joyeuse. La richesse instrumentale fait totalement oublier l’absence d’un chanteur, qui aurait dénaturé cette précise petite mécanique. Chaque titre met en avant un instrument distinct, et Little umbrellas choisit l’orgue d’Underwood, également parfait durant tout la durée de l’album.
D’exploits il en est question si l’on aborde The Gumbo variations. Dix-sept minutes d’une liberté totale, où ce diable d’Underwood arrache à son saxophone des sons hallucinés, où Sugar Cane Harris se déchaîne sur son violon, démonstration totale d’un band uniquement composé de pointures même si toujours sous la férule de Zappa, qui y va nouvellement de son intervention. Plus courte, mais d’une efficacité certaine. Zappa poursuivra plus tard dans cette voie avec Waka/Jawaka et The grand Wazoo, qui iront un peu plus loin encore dans cette veine jazzy. Mais Hot rats a le privilège de sa carte de précurseur, la faisant accéder à cette caste de disques qui ont servis de référence à travers les décennies, et qui le sont toujours. |
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Il y a 7 contribution(s) au forum. Frank Zappa : "Hot rats"
(1/6) 25 novembre 2010, par spock27 Frank Zappa : "Hot rats"
(2/6) 10 novembre 2010, par Mangouste Frank Zappa : "Hot rats"
(3/6) 10 novembre 2010, par lkj Frank Zappa : "Hot rats"
(4/6) 9 novembre 2010 Frank Zappa : "Hot rats"
(5/6) 9 novembre 2010 Frank Zappa : "Hot rats"
(6/6) 9 novembre 2010 |
Frank Zappa : "Hot rats" 21 novembre 2010, par Podgornovitch [retour au début des forums] t’es un zozo toi ? ta rien compris à l’affaire hein ...
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