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Grand Funk Railroad : "Red Album"
They’re an American band (Homer Simpson likes that)

jeudi 12 août 2010, par Vincent Ouslati

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1969, Grand Funk Railroad publie ce rougeoyant album. Oubliez alors les pontes du hard/heavy anglais, pourtant clairement dominateurs en cette fin de décennie et même carrément omniprésents la décennie suivante à grands coups de Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, Uriah Heep, The Who et que la tripotée manquante me pardonne. Les Américains, s’ils seront friands de ces furies du vieux continent présentaient un petit complexe à ce niveau, ne se réveillant que lentement de trop d’abus psychédéliques qui laissèrent pas mal de macchabées dans les fosses. Grand Funk Railroad sont, eux, déjà là, et ce Red Album en est un brûlant témoignage.

Faut-il poser des barrières entre rock britannique et américain à la fin des années 1960 ? Ils prennent tous leurs sources aux mêmes points, le psychédélisme et le blues, mettent en avant des chanteurs puissants et insistent sur de long soli de guitares pour faire rêver la masse adolescente. Thématiques (souvent limitées philosophiquement parlant), accoutrements, sens de la provocation, tous semblent passer par les mêmes écoles. Il faut trouver les nuances au niveau des influences cependant.

Grand Funk Railroad manie par exemple un subtil mélange de blues, de boogie proche de Creedence Clearwater Revival, de restes de psychédélisme issus des sessions du Grateful Dead avec une bonne dose de hard. Cette association parfois bancale est soutenue par la basse de Mel Schacher qui domine parfois les débats sans contradiction possible, écoutez d’ailleurs In need au milieu de ce disque pour vous en convaincre, c’est Mel qui tient la barre, la guitare ne faisant que des visites de courtoisie. Voici pour les présentations, il serait aisé de finir de vous convaincre en ajoutant que Grand Funk Railroad est le groupe adulé par Homer Simpson, mais là je vise l’hystérie collective de nos deux visiteurs quotidiens et je m’en voudrais.

Got this thing on the move, et Mark Farner ouvre les hostilités de sa voix puissante, riff ultra simple qui tourne en boucle, batterie presque supplantée par une basse omniprésente, il est impossible de se retenir, ce groove qui explose, qui s’insère lentement en vous, morceau essentiel si il en est, Grand Funk pour ce second album a vu les choses en... grand. Le rythme ralentit à peine avec Please don’t worry qui nous plonge dans les sources inspiratrices du groupe : le bayou, le blues, le funk teinté de déprimes amoureuses.
High falootin’ woman mêle de belle manière ces prémices du hard avec un blues bouillant, la guitare de Farner, qui officie en tant que gratteur/chanteur ne se manifeste qu’au bon moment, jamais démonstration lourde, mais toujours inspirée.

Je ne reviens pas sur In need et vous conte sur Winter and my soul qui démarre comme une jam session de Kyuss avec vingt années d’avance, surprenant mais exceptionnel. Et ce Paranoid de presque huit minutes, sans rapports aucuns avec Black Sabbath qui se lance par des sirènes et autres incongruités sonores. Mais ce Paranoid est aussi affolant que son confrère anglais avec sa guitare distordue et là encore une ambiance qui ne dépareillerait pas sur un Welcome to Sky Valley. Seule la voix de Mark Farner nous rappelle que nous sommes en 1969, et que les sessions du désert ne sont encore qu’un mirage.

Inside looking out qui étale son funk sur presque dix minutes est énorme, tant par sa durée que par son rythme syncopé, sa batterie martiale, et Farner qui fait entendre sa guitare, cette fois moins accompagnatrice de la basse, la voix, ces cris, cette chaleur, du bonheur en sons, du blues qui arrache les planches, pas une ride, vous croyez que tel brulot sent le faisandé ?
Détrompez-vous. Plus spontané que leur tubesque We’re an American band en 1974, ce Red Album tient en lui une grande part de ce qu’était le rock ’ricain de cette fin des années 60.

Avec simplement trois camarades et quelques instruments, ils ont symbolisé la réponse d’outre-Atlantique à l’hégémonie anglaise. Une nouvelle guerre d’indépendance, avec grosse batteries et charges de guitares, hurlements et lourdes basses. Un incontournable.



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Vincent Ouslati





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Grand Funk Railroad : "Red Album"
(1/4) 27 août 2010, par Samsung R-530
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(2/4) 24 août 2010, par tutu
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(3/4) 20 août 2010
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(4/4) 20 août 2010, par mangouste




Grand Funk Railroad : "Red Album"

27 août 2010, par Samsung R-530 [retour au début des forums]

J’adore cet album simple, homogène, un son brut avec les riffs renforcé par la basse pour augmenter la puissance du son, une batterie percutante, le son global sec etouffé pour renforcé l’effet du "live", que du bon ...

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Grand Funk Railroad : "Red Album"

24 août 2010, par tutu  [retour au début des forums]

Je fait peut être mon enculeur de mouche quand je dis ça, mais c’est un genre d’album sonnant pas du tout sixties et n’ayant rien a faire dans la partie sixties (comme King Crimson, Led Zep I, etc).

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Grand Funk Railroad : "Red Album"

20 août 2010 [retour au début des forums]

très bon disque de GFR, même si je préfère les suivants.
cet excellent groupe s’est toujours attiré les foudres des critiques qui leur reprochaient leur trop grande simplicité et leur volume sonore... !
même plus tard, à partir d’albums plus travaillés tels que "Phoenix" ou "We’re An American Band", ils n’urent point les faveurs des médias qui à ce moment là, reprochèrent à leur musique de sonner trop commercial !!!!! (jamais contents les rock-critiques !).

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Grand Funk Railroad : "Red Album"

20 août 2010, par mangouste [retour au début des forums]

Merci de nous faire découvrir quelques vieux machins qui en valent la peine et bonne continuation, M’sieur Ouslati.

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