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Michel Legrand : "La piscine" Eté 68 dimanche 24 avril 2011, par |
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Pianiste virtuose de classique et de jazz, Michel Legrand s’est spécialisé dès les années 50 dans le très rémunérateur créneau des musiques de films. En un peu plus de quarante ans de carrière, il composa l’accompagnement sonore de près de 200 films, depuis les fers de lance de la Nouvelle Vague française jusqu’à de plus grosses productions américaines. La piscine, de Jacques Deray, fait partie de ses plus belles réussites.
Mille neuf cent soixante-huit est une année faste pour Michel Legrand. A trente-cinq ans, cet ancien collaborateur de Miles Davis, John Coltrane et Dizzy Gillespie s’est installé avec sa famille en Californie. Très demandé par Hollywood, il signe en l’espace de douze mois la bande-son (ou le score, comme disent les anglophones) de cinq films en tout ; dont l’inoubliable première version de L’affaire Thomas Crown, avec Steve McQueen et Faye Dunaway, pour laquelle il recevra l’Oscar de la meilleure bande-originale. L’intrigue de La piscine repose sur la relation ambiguë entre quatre adultes (Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet et Jane Birkin) qui, durant l’été 68, séjournent dans une villa de Saint-Tropez et passent l’essentiel de leur temps à faire la fête et flâner nonchalamment autour d’une piscine. L’amour, le sexe, l’alcool, la jalousie et l’orgueil forment sous le soleil un cocktail explosif dont aucun des protagonistes ne sortira indemne. ![]() Michel Legrand met en musique le ballet aquatique des amants en douze tableaux. Entre le thème principal et le générique de fin, il illustre les différentes étapes de ce jeu d’échecs grandeur nature au travers de plages instrumentales soigneusement façonnées : Pièges à reflets, pièce jazzy atmosphérique de laquelle se dégage une tension palpable ; De souvenirs en regrets, ballade mélancolique survolée par des harmonies vocales lumineuses ; Dans la soirée, un thème de surprise-party enfiévrée entrecoupé de soli de violon lugubres ; Chassé-croisé, un air de jazz au tempo très lent, élégiaque et sensuel ; Suspicion, son piano tristounet et ses vocalises éthérées ; ou encore la bien nommée Blues pour Romy. La B.O. de La piscine a été rééditée dans le cadre de la célèbre collection Ecoutez le cinéma (qui propose aussi quelques-unes des meilleures réalisations de Gainsbourg pour les salles obscures) avec en bonus la contribution de Michel Legrand à deux autres films de Jacques Deray : trois morceaux pour Un homme est mort et sept pour Un peu de soleil dans l’eau froide. |
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