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Serge Gainsbourg : "Percussions" Musique du monde lundi 8 novembre 2010, par |
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« Au début, c’était un rythme sur le bord d’une table de bois Empire. Des idées, des images naissent. Bientôt, Serge ne dort plus sans battement, sans une touffe de battements où se mêlent les pulsations naturelles de la vie. Deux mois plus tard, Alain Goraguer et moi nous retrouvons dans le même état : il faut opérer d’urgence. Résultat, le studio se met à battre aussi autour de cinq percussionnistes et de douze choristes. Quelques titres d’un style plus « jazzistique » se greffent aisément sur la couleur purement africaine. Au-dessus de tout cela, les textes, ciselés, incrustés sur les sons : la marque Gainsbourg. » (Claude Dejacques, réalisateur de l’album)
Gainsbourg, que l’on n’appelle pas encore Gainsbarre, opère en 1964 un virage inattendu. Son sixième album, Percussions (ou Gainsbourg percussions selon les éditions) est, comme le titre l’indique, articulé autour des rythmes. Percussions traditionnelles nigérianes, tambours cubains, batterie de jazz, Gainsbourg, dans sa quête du rythme parfait, bouscule les habitudes de la chanson française à textes. Les tam-tams, timbales et autres tambourins ont pris la place des guitares, presque totalement absentes sur cet opus. Autre changement d’habitude, les textes et la façon de les interpréter semblent être là pour servir la musique, et non l’inverse comme c’était la coutume. Gainsbourg déclame ses paroles poétiques tout en subtilité et fait de sa voix un instrument parmi d’autres, donnant parfois l’impression que son organe se substitue, dans la composition, aux lignes mélodiques d’une guitare. Durant ce voyage, le narrateur nous fait rencontrer divers personnages attachants qu’il a probablement croisés durant ses propres périples. Comme cette Noire de Louisiane « aussi grosse qu’un éléphant » mais pourtant capable de danses électrisantes (Joanna). Ou encore cette jeune naïade hilare (les rires sur le disque sont de France Gall) qui aime apparemment beaucoup se faire désirer (Pauvre Lola)... Sans oublier ce groupe de jazzmen camés à mort (Coco & Co) que Gainsbourg décrit avec tant de tendresse que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas de ses propres musiciens… En guise de synthèse, Couleur café, le tube de l’album, affirme le goût de l’auteur pour la beauté et la sensualité des femmes noires. Et c’est dans doute là qu’il faut chercher l’origine, le fondement et l’inspiration de Percussions. L’effet que ça fait, De te voir rouler, Ainsi des yeux et des hanches, Si tu fais comme le café, Rien qu’à m’énerver, Rien qu’à m’exciter, Ce soir, la nuit sera blanche. » Les percussions omniprésentes et la coloration afro s’effacent aussi de temps en temps au profit d’orchestrations plus traditionnelles, comme sur la ballade jazzy Machins choses. De voyage, c’est plutôt un voyage dans le temps dont il s’agit ici. Le texte, comico-absurde, déjà un gimmick chez Gainsbourg, trouve un écrin dans les arrangements d’une rare finesse concotés par le combo. Le saxophone pose de très délicates mélodies sur un air d’orgue enivrant, les notes d’une contrebasse finaude flirtent avec quelques légers effleurements de cymbales. Ce titre est le seul de la douzaine de chansons proposées ici qui nous renvoie aux disques précédents de l’artiste, et notamment à l’élégant Gainsbourg confidentiel de 63. A l’heure où le public français, dans sa grande majorité, se contente souvent d’une approche superficielle de l’œuvre gainsbourienne au travers de compilations et autres best-of aussi nombreux que non exhaustifs, il est de bon ton d’explorer le contenu des vieux LP jaunis de ce compositeur et parolier d’exception. Sur ce Percussions, en tout cas, c’est peu dire que l’on déniche des trésors cachés, des petits moments de pure bonheur auditif dont il devient vite difficile de se passer... |
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Il y a 13 contribution(s) au forum. A l’heure où le public français,
(1/12) 8 mai 2013, par Mudket Kdiep Serge Gainsbourg : "Percussions"
(2/12) 4 avril 2013, par sandra Serge Gainsbourg : "Percussions"
(3/12) 30 mars 2013, par CMPunk Serge Gainsbourg : "Percussions"
(4/12) 30 mars 2013, par CMPunk Serge Gainsbourg : "Percussions"
(5/12) 30 mars 2013, par CMPunk Serge Gainsbourg : "Percussions"
(6/12) 30 mars 2013, par CMPunk Serge Gainsbourg : "Percussions"
(7/12) 22 mars 2013, par Amla Serge Gainsbourg : "Percussions"
(8/12) 12 mars 2013, par Smith Serge Gainsbourg : "Percussions"
(9/12) 30 novembre 2012, par weng Serge Gainsbourg : "Percussions"
(10/12) 4 mars 2012, par scorpion Serge Gainsbourg : "Percussions"
(11/12) 23 novembre 2010, par Glose Serge Gainsbourg : "Percussions"
(12/12) 8 novembre 2010 |
Serge Gainsbourg : "Percussions" 12 janvier 2013, par Adam [retour au début des forums] Sans oublier ce groupe de jazzmen camés à mort (Coco & Co) que Gainsbourg décrit avec tant de tendresse que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas de ses propres musiciens psychologische Beratung online…
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