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The Beatles : "Magical Mystery Tour"
Du LSD au Muppet Show

dimanche 21 novembre 2010, par Jérôme Delvaux

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Réalisé dans la foulée du mythique Sgt. Pepper, Magical Mystery Tour n’est pas, comme son titre pourrait le laisser supposer, l’enregistrement d’un concert des Beatles (qui ne se produisaient plus en live à cette époque), mais bien la musique d’une production télévisuelle hallucinée de et avec les Fab Four.

Diffusé sur la BBC à la Noël 1967, Magical Mystery Tour est un téléfilm burlesque d’une durée de soixante minutes. Constitué d’une succession de scénettes potaches sans queue ni tête, le film est médiocre, ridicule, pourvu d’un scénario encore plus mince que celui de la pire des comédies musicales d’Elvis Presley, et ne revêt donc aucun intérêt particulier en tant que tel. En vérité, cette « œuvre cinématographique » n’est que prétexte à présenter de nouvelles chansons des Beatles sous un format original - en un sens, on peut y voir l’ancêtre du vidéo-clip conceptuel. Et c’est là que ça devient intéressant car la musique présentée dans ce foutoir compte parmi ce que les Beatles ont fait de mieux ever. Pourtant, malgré cette bande-son magnifique, la critique sera sans pitié pour ce ratage visuel intégral ; l’on pourra lire dans la presse anglaise que feu Brian Epstein, le manager des Beatles décédé quelques mois plus tôt, n’aurait probablement jamais laissé sortir une telle chose. Ou encore que le quatuor s’est manifestement grillé de façon irréversible le cerveau au LSD...

Le film a en outre très mal vieilli. Heureusement, la musique reste, elle, d’une qualité stupéfiante. A tel point que Magical Mystery Tour, sur disque, demeure l’un des incontournables de la discographie des Beatles, à ranger sans honte sur la même étagère que Rubber soul, Revolver, Sgt. Pepper et Abbey Road. Pensez donc, c’est sur ce disque que l’on retrouve réunis, entre autres, I am the walrus, Strawberry fields forever, Penny Lane, Hello, goodbye et All you need is love : cinq authentiques classiques de la Pop avec un grand P, dont rien de moins que quatre numéros 1 des charts à l’échelle planétaire.

Sorti à l’origine au Royaume-Uni sous la forme d’un double EP (six chansons extraites du film sur le premier, cinq titres issus d’autres sessions sur le second), Magical Mystery Tour a ensuite été réédité comme un LP à part entière aux Etats-Unis – et fait d’ailleurs partie sous cette forme des albums du dernier coffret de CD remasterisés en 2009. Le pourquoi de cette première édition inhabituelle (un double maxi, c’était une première mondiale) tient dans le nombre de chansons présentées dans le film, jugé insuffisant que pour justifier la sortie d’un 33 tours traditionnel. La bande-originale a donc été agrémentée de titres écrits en 1967, dans d’autres contextes (dont les singles hors albums Strawberry fields forever/Penny Lane, All you need is love et la face B Baby, you’re a rich man).

Les six premiers titres voient les Beatles donner une suite d’excellente facture à Sgt. Pepper. Même si elle n’a pas l’aura mystique de cette véritable pierre angulaire de la Pop du vingtième siècle, la musique de Magical Mystery Tour s’inscrit dans la continuité logique de ce monstre sacré. Sa pétaradante plage titulaire, enregistrée quelques jours après la fin des sessions de Sgt. Pepper, semble d’ailleurs être une très proche cousine de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band - la chanson -, que ce soit par sa rythmique furieusement rock, l’usage des cuivres qui y est fait, ou la manière dont les voix de McCartney et Lennon se répondent.

D’autres morceaux défrichent des contrées plus inattendues : The fool on the hill, une sublime ballade psyché de McCartney est magnifiée par des airs de flûtes [1] ; la courte instrumentale Flying, sur laquelle Lennon met en avant le mellotron, ce clavier polyphonique, ancêtre du synthétiseur ; puis Blue Jay Way, une ténébreuse composition expérimentale de George Harrison (plus tard reprise en live par Siouxsie & The Banshees), où l’orgue Hammond domine les débats.

Enfin, bien sûr, il y a I am the walrus, un collage sous acide [2] de plusieurs ébauches de chansons de Lennon, avec des paroles absurdes et autoréférentielles (« See how they fly like Lucy in the sky »). Ici, les Beatles flirtent avec le niveau d’excellence atteint sur A day in the life, ni plus ni moins.

Les choses se corsent encore avec les tubes intemporels Strawberry fields forever et Penny Lane, deux chansons composées durant les sessions de Sgt. Pepper et initialement supposées figurer sur l’album. N’ayant finalement pas été retenues, parce que plutôt choisies pour sortir en 45 tours séparément (une pratique courante en ce temps-là), elles sont ajoutées au track-listing de Magical Mystery Tour pour les besoins de la cause. Idem pour Hello, goodbye et All you need is love, sorties en simples en 67 et qui, aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, n’avaient pas vocation à figurer sur un Long Playing.

Mais que peut-on dire sur ces chansons qui n’aurait pas déjà été écrit un million de fois ? Et d’ailleurs, que celui qui ne les connaît pas lève le doigt ! C’est l’un des grands mérites de Magical Mystery Tour que de réunir sur un même CD des titres aussi emblématiques et populaires que ceux-ci avec des compositions plus obscures mais tellement belles, envoutantes - et influentes -, comme celles dévoilées dans l’imbuvable navet de toxicos ayant donné son titre à l’album. Ceci dit, il parait que regarder le film sous LSD est une véritable expérience en soi. Encore un truc à ajouter sur ma liste des 100 choses illégales/immorales/dangereuses à faire avant de mourir !


[1] A noter qu’il s’agit de la toute première chanson des Beatles dont le texte aurait été inspiré par la rencontre, à l’été 67, du controversé gourou indou Maharishi, qui leur enseigna la méditation transcendantale

[2] Ce n’est pas une formule de style, John Lennon confessa l’avoir intégralement écrite sous l’influence de la prise de LSD. Comme tant d’autres de ses chansons.



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Jérôme Delvaux





Il y a 13 contribution(s) au forum.

The Beatles : "Magical Mystery Tour"
(1/5) 23 novembre 2010, par Jean Tileuchien
The Beatles : "Magical Mystery Tour"
(2/5) 21 novembre 2010
The Beatles : "Magical Mystery Tour"
(3/5) 21 novembre 2010, par Jé
The Beatles : "Magical Mystery Tour"
(4/5) 21 novembre 2010
The Beatles : "Magical Mystery Tour"
(5/5) 21 novembre 2010, par Charles de Mesmaerker




The Beatles : "Magical Mystery Tour"

23 novembre 2010, par Jean Tileuchien  [retour au début des forums]

Cet album fait partie des points faible du groupe.
A l’instar de milliers d’autres groupes à succès (ou sans succès), faire 2 albums la même année n’a jamais été une bonne idée.
C’est un fait, et c’est pas la peine de chercher des contre-exemples pour faire l’intéressant, à part peut être certaines exception non convaincante de toute façon, cette regle est générale.
Le premier album peut être un chef d’oeuvre, le second pondu la même année sera jamais de la même hauteur. Certain le préféreront peut être mais toute façon ce qu’on retiens ce sont tjs les plus exceptionnels.
Je ne commencerais pas avec des exemples parce que j’y passerai ma nuit.

Encore une fois il y a des exception bien sur ... mais la regle est d’application dans la très grande majorité des cas. Oui d’accords les Beatles (comme tout les autres groupe des sixties) pondaient plusieurs albums par année mais ici je parle ne terme de qualité et proportions, il est évidement que je compare par les ventes avec d’autres artistes sinon ça n’aurai plus aucun sens.

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    The Beatles : "Magical Mystery Tour"

    24 novembre 2010 [retour au début des forums]


    Sergent Pépère est sans doute le plus "connu" et le plus "illustre" des 2 disques, mais sur la longueur d’un album c’est Magical Mystery Tour qui contient bien plus de meilleurs morceaux !
    si l’on met de côté les excellents With a Little Help from My Friends, Lucy in the Sky with Diamonds et le mythique A Day in the Life plus le sympathique Getting Better et le gentil When i’m 64, reste pas grand chose de mémorable sur Sgt.Pepper ! l’intro et la reprise de Sgt.Pepper c’est sympa une ou deux fois mais c’est pas le genre de truc qu’on a envie de remettre régulièrement sur la platine à l’inverse du psychédéliquement réussi Magical Mystery Tour. idem pour Being for the Benefit of Mr. Kite !, plaisant mais pas pleinement réussi à 100%. Within You Without You de George est bonne mais Blue Jay Way est de meilleur facture et ce, sans avoir eu recours à des musiciens extérieurs au groupe !
    Fixing a Hole, She’s Leaving Home et Lovely Rita de McCartney n’ont rien d’exceptionnel. ses compositions sur Magical sont bien plus fortes et marquantes ! même chose pour Lennon avec le raté Good Morning Good Morning sur Sgt.Pepper qui ne peut rivaliser avec I Am the Walrus !
    Sgt.Pepper ou Magical ? je choisi le second sans aucune hésitation !

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The Beatles : "Magical Mystery Tour"

21 novembre 2010 [retour au début des forums]

j’ai bien plus d’admiration pour l’album Magical Mystery Tour que pour Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band, disque oh combien mythique mais pas si irréprochable que ça dans le fond !
Jérôme Delvaux n’a pas cité Your Mother Should Know de McCartney, morceau souvent oublié mais pourtant admirable, bien plus réussi qu’un When i’m 64 sur Sergent Pepper par exemple.
ce titre illustrera la célèbre sequence ou le groupe en costume, descend l’escalier dans le film Magical Mystery Tour.
oui, le film fut un vrai four ! oui, c’était plutôt justifié dans l’ensemble tant tout ça n’était pas cohérent faute d’un vrai metteur en scène (c’est un McCartney novice qui s’y collera), mais finalement malgré tous ces défauts, le film a son charme et la bande son est parfaite !

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    The Beatles : "Magical Mystery Tour"

    25 novembre 2010, par spock27 [retour au début des forums]


    c’est le moment clef aussi où John Lennon commence à s’enfoncer dans une phase d’introspection assez lugubre mais, euh, nécessaire. J.L. se cherche, il se sépare de sa femme et recherche autre chose, il croit le trouver en Yoko (euh, no comment) ; par contre ce bon vieux Mac, mine de rien fait tourner la baraque, a la patate et a plein de projets : problème, Ringo comme à en avoir marre, Jhon en a marre et Georges est occupé à étudié la musique indienne. Pas de chance pour McCartney. Mais soyons juste à partir de ce moment-là, sans le "volontarisme" de MacCartney, il n’y aurait plus eu de Beatles ; bref, il a retardé la fin du groupe et c’est tant mieux car il y a eu de la très bonne musique par la suite mais c’était plus souvent le compo. de john + le band, la compo de Mac + le band et plus, john + mac et le concours du band pour peaufiner, ainsi que leur célèbre producteur, bien sûr !

    alain

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The Beatles : "Magical Mystery Tour"

21 novembre 2010, par  [retour au début des forums]

En dehors des intermèdes grotesques du bus, le film mérite quand même mieux que tes qualificatifs, mais gagne probablement à être visionné sous influence ;)

Grand disque/compilation, probablement le plus psychédélique de toute la discographie des Fab Four, à mon sens. Mention particulière pour le méconnu et anxiogène "Blue Jay Way" d’Harrison.

PS pour le ptit malin d’en bas : il y a un âge pour découvrir les Beatles ?

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The Beatles : "Magical Mystery Tour"

21 novembre 2010 [retour au début des forums]

Bonne idée de mettre en avant ce disque, effectivement souvent éclipsé par l’aura de ceux qui l’ont suivis et précédés... Hé hop, le voilà de retour sur ma platine !

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The Beatles : "Magical Mystery Tour"

21 novembre 2010, par Charles de Mesmaerker [retour au début des forums]

Tu écris comme un artline à pointe jumbo écrasée tête de piaf. Même si tu crois maîtriser un temps soit peu l’écriture à défaut d’avoir réussi tes études universitaires, faute de capacité.

Tu utilises perpétuellement les mêmes tournures, épithètes, verbes et l’hyperbole grotesque.

Tu as découvert les Beatles à 30 ans. Bien.

Tu te ferais encore passer pour un type aux loisirs subervifs dans ton excipit ? Retourne langer ta petite et mettre la table pour ta petite famille, tu as bureau demain !

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