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AC/DC : "Highway to Hell"
Bon Scott sur le chemin de l’Enfer

lundi 16 mars 2009, par Vincent Ouslati

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Il est dramatique le jeune, dramatique comme il peut être con et sourd. Perdu dans ses références mièvres, dans sa rébellion innocente, il est à peine capable de voir à quel point ses idoles formatées sont fades et prévisibles, souvent là uniquement pour lui faire cracher au bassinet le maximum de fric. Jusqu’au moment où le jeune lâchera son gourou d’hier. Il fut une époque où je n’aimais pas AC/DC, j’avais d’autres dieux à coller aux murs. Sans même en avoir rien écouté, ou si peu, je n’y voyais rien qui put expliquer leur succès. Le genre de groupe qui dure pour d’obscures raisons mais certainement pas pour leur talent ou leur imagination.

C’est çela qui devait m’importuner le plus, cette (fausse) impression de simplisme, de déjà-vu. Incapable de différencier de nuances entre deux morceaux, je faisais vraiment un blocage, un peu comme quand on m’annonça la mort de Guy Lux et qu’on ajouta que c’était une grande perte, ça me bloqua, rien à faire, je vomis et je m’en suis allé. Ma découverte d’AC/DC, c’est l’histoire d’une lente acceptation de ce qu’ils sont et de leur musique. Une initiation, demandant du temps. Qu’avait AC/DC qui finit pourtant par me faire aimer, voire aduler ces maudits kangourous ? Tout d’abord visuellement, on y trouve des personnages, le petit écolier très mature qui fait des ronds de jambes intempestifs, le docker alcoolique qui crie comme un canard (Bon Scott a claqué sa pipe trop tôt, je suis de la génération Brian Johnson...), le reste de la bande étant un brin moins démonstratif, écrasés qu’ils sont par le charisme de leurs chauffeurs de salle.

Au-delà du simple élément musical, AC/DC a ses gueules, ses attitudes, ses références visuelles qui marquent le nerf optique, et marquent l’esprit. A ne plus les trouver ringard, j’ai commencé à m’intéresser à ces gros gars pas très beaux, loin de l’imagerie du surfeur bronzé, sourire Colgate et graisse concentrée dans les pectoraux. Et encore plus éloignés d’un Crocodile Dundee ou de autre symbole de la culture locale. Ils sont australiens ces mecs, sérieux ? Ok, Johnson est Gallois, mais ses compères se la jouent pas aborigènes pour un penny. Lorsque l’auditeur est déjà captivé par l’attrait imagé de ses potentielles futures idoles, l’affaire est presque entendue. Et du plaisir des mirettes au plaisir des oreillettes, il n’y a qu’un pas vite franchi. Je ne saurai dire par quoi j’ai commencé, Back In Black peut-être, peut-être une cure des deux fleurons le même week-end, va savoir maintenant. Il n’empêche que Highway to hell m’a fait remuer les ventricules avec une telle force que je mis au placard les idoles de papier qui squattaient mes murs, (non je ne vous dirai pas qui, marsupiaux curieux que vous êtes). Et au lieu de ces petits saints, je remis sur le socle de l’éternité les princes de l’Enfer, AC/DC from Australia, next door to hell, welcome to my Technics !

Car j’ai cédé aux appels du Malin, j’ai écouté, et j’ai succombé. Bon Scott et sa cirrhose au bord des lèvres, on peut presque encore sentir le pack de bières qu’il a avalé lorsqu’il débute Highway to hell, un timbre de voix de gros vicelard, les parties coincées dans un piège à loups, une voix unique qui nous fait dire du proprio qu’il a du commencer à se torcher à la Crown Lager (ou à la Coopers) dès le berceau. Ça fait longtemps que l’on se gausse de ce titre, oui c’est un morceau d’une bêtise absolue, simple dans sa musique, et le texte... Rock n’roll quoi. Pourtant c’est un hymne, de par sa simplicité, son côté direct et prévisible, parfait.

La prose ici développée... A part parler de cul, de bibine aussi un peu quand même, ça va pas très loin. Mais quoi de nouveau finalement au royaume de la sueur et des poils. Enchaînements sans temps mort, Girls got rythm est jouée à 100 à l’heure, Bon Scott chante comme un possédé, boogie, groovy, rythmique basique mais c’est si efficace. Le tempo se ralentit avec l’ intro très lourde de Walk all over you, chanson tout en breaks et au refrain chanté en choeurs, pas ma préférée, mais elle reste au niveau grâce à un riff de guitare bateau comme c’est pas permis mais génial. Touch too much dénote totalement du reste de l’album, typée moins hard rock, plus FM, j’adore cette perle-là. Shot down in flames est agréable, surtout que l’histoire est croustillante même si trop répétitive et ne décolle jamais vraiment. Certes je chipote un brin, d’autant plus que la lutte de fin entre Young et Scott et un vrai bonheur. Ce dernier remporte le duel en émettant un bêlement de toute beauté. Que peut-on jeter de toute manière, c’est simple (quoique) et efficace, ça donne envie de se bouger les miches, c’est remuant en diable. Du hard boogie quoi.

Highway to hell avait fait passer le groupe pour des satanistes aux yeux de tous les culs-bénits d’Australie et d’ailleurs, il en fallait peu en 1979 pour exciter tout ce petit monde. D’aucuns chercheront derrière les paroles des messages subliminaux glorifiant le Malin. Pourtant les trucs les plus sulfureux sont simplement présents dans les paroles, pas besoin d’aller voir plus loin. Et encore, sulfureux, ce serait plutôt gentiment grivois.

De même que la photo de la pochette, jugée blasphématoire et remplacée dans certaines contrées. On pourra sans honte aucune préférer la mouture initiale... Le Malin a vaincu, ainsi débuta une profonde sympathie pour AC/DC. Quant au duel séculaire entre Bon Scott et Brian Johnson, j’avouerai que Scott était peut-être plus charismatique, mais il serait d’une sale mauvaise foi de dire que Johnson est mauvais. De toute manière, Highway to hell sera le dernier album de Bon Scott, qui mourra peu après d’un énième trop-plein d’alcool. Les boys iront alors mettre en chantier Back in black, un mal pour un bien en somme.



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Vincent Ouslati





Il y a 14 contribution(s) au forum.

AC/DC : "Highway to Hell"
(1/8) 24 juillet 2006, par Rage
AC/DC : "Highway to Hell"
(2/8) 16 avril 2006, par Youki Smayas
AC/DC : "Highway to Hell"
(3/8) 16 mars 2006
AC/DC : "Highway to Hell"
(4/8) 16 mars 2006, par jp
AC/DC : "Highway to Hell"
(5/8) 16 mars 2006, par sebf20
AC/DC : "Highway to Hell"
(6/8) 16 mars 2006, par Paipone
AC/DC : "Highway to Hell"
(7/8) 16 mars 2006
AC/DC : "Highway to Hell"
(8/8) 16 mars 2006




AC/DC : "Highway to Hell"

24 juillet 2006, par Rage [retour au début des forums]

Super Article !

Les génies du Hard rock c’est eux !

Et que celui qui ne possede pas cet album aille au diable diantre !!

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 avril 2006, par Youki Smayas [retour au début des forums]

Album jouissif, sans génie, mais qui sont bon sous les bras... Je ne comprendrais jamais comment, seul, le morceau le plus faible de l’album a pu passer à la posterité. Sans doute l’effet "Danse des canards".

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006 [retour au début des forums]

cher crapaud , il n’y a rien à jeter dans cette critique
(eh oui on peut avoir adoré ac dc il y a 25 ans et apprécier indochine aujourd’hui, c’est fou non)

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    AC/DC : "Highway to Hell"

    16 mars 2006, par Geoffroy Bodart [retour au début des forums]


    Ma p’tite grenouille, je suis ravi de voir que tu (tu permets que je te tutoie ? Après tout, on a gardé les batraciens ensemble) as enfin trouvé la touche des virgules ;-)

    Plus sérieusement, je te remercie pour ton compliment. Et non, ce n’est pas fou d’aimer à la fois AC/DC et Indochine (il me semble déjà avoir déjà été assez clair sur le fait que j’aimais Wax et Dancetaria). Il ne faut pas confondre la critique d’un album avec la critique du groupe dans son ensemble.

    A bientôt sur un autre nénuphar...

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    AC/DC : "Highway to Hell"

    3 avril 2006 [retour au début des forums]


    vous comparer tout a ac dc tout est dement tout et bon dans acdc . faut pas le comparer a greenday qui connait un bon succees aujourdh ui

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006, par jp [retour au début des forums]

Chronique à l’image de l’album : simple et écrite avec des mots simples, mais géniale.

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006, par sebf20 [retour au début des forums]

Très bonne critique. Je me permets juste de rajouter que la pochette de ce disque tant décriée par le PMRC (le comité américain d’inquisiteurs moraux dirigé par la femme de l’ancien vice-président Al Gore) est une parodie de la pochette du 45tours des Stones, Sympathy for the devil.

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006, par Paipone [retour au début des forums]

Bravo pour cette chronique !

Vous avez tout dit : album ô combien simple mais qui frole le génie... Quelle puissance !

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006 [retour au début des forums]

"Highway to hell" reponse amusee/provocatrice a "Stairway to heaven " de Led Zep ? Simple association d idees...

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AC/DC : "Highway to Hell"

16 mars 2006 [retour au début des forums]

Un album génial, en effet. Et night prowler en est le meilleur titre.

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