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Black Sabbath : "Paranoid" Les contes de la crypte mercredi 16 février 2005, par |
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La jonction des années 60 et 70 a vu naître les précurseurs de hard rock et du heavy metal. Si l’on retire du lot les fondateurs involontaires du genre que sont Cream ou Iron Butterfly, trois grandes formations régnèrent sans partage - ou presque - sur le monde du rock dit « dur » entre 1969 et 1975 : Deep Purple, Led Zeppelin et Black Sabbath. Les deux premiers apportèrent au rock’n’roll la virtuosité et le souffle épique qui lui manquaient jusqu’alors, le second pouvant en outre se réclamer d’un important héritage blues tout en se piquant d’ésotérisme. Mais celui à qui l’on doit la rapide transformation du metal en mouvance sulfureuse suspectée des pires vices du genre humain fut incontestablement Black Sabbath. Retour sur le second et plus marquant album du groupe.
Si Led Zeppelin et Deep Purple bénéficient de commentaires élogieux de la part des chroniqueurs de l’époque, ne serait-ce que pour le très haut niveau technique de leurs membres, il en va tout autrement pour Black Sabbath. Mené par un frontman à moitié timbré et rongé par les drogues, épaulé d’un remarquable (et malheureusement éternellement sous-estimé) guitariste en la personne de Tony Iommi, et soutenu par les tout aussi doués Geezer Butler à la basse et Bill Ward à la batterie, Black Sabbath inspire pourtant la défiance aux grands pontes du bon goût comme à bon nombre d’amateurs de rock traditionnel. Le groupe semble se complaire dans des sonorités glauques, épaisses et cryptiques, et marque une nette préférence pour les morceaux qui vont directement à l’essentiel sans passer par la case « démonstration de virtuosité ». Ozzy Osbourne, regard halluciné et voix de crécelle, ne semble pas faire le poids face à des vocalistes aussi doués et charismatiques que Ian Gillan ou Robert Plant. Pour ne rien arranger, Butler, obsédé par les films de série Z, impose une imagerie diabolique et malsaine, et des thèmes récurrents concernant la sorcellerie, les horreurs de la guerre ou le gore (tout cela suivant l’échelle de valeur des années 70 bien entendu, on n’en est pas encore à W.A.S.P. ni à Carcass !) Horrifiés par cette aura nauséeuse et cette simplicité volontaire, les chroniqueurs de l’époque se plongent dans des débats interminables pour déterminer qui, du Sabbath ou des remuants Grand Funk Railroad, mérite l’appellation de « pire groupe de rock au monde ». La critique étant virtuellement incapable de s’opposer au succès d’un groupe destiné à percer, les teenagers s’entichent immédiatement de ce groupe anglais qui, pour la première fois dans l’histoire de la musique, leur parle sans pudeur de messe noire et de sacrifices humains et décrit crûment des corps brûlés par l’orage atomique, et ils acclament très rapidement ces sulfureux musiciens capables de jouer d’une manière inédite et délicieusement effrayante. Après le premier album éponyme, Paranoid enfonce le clou avec la chanson du même nom, l’un de ces trop rares et gigantesques succès du hard rock. Il est vrai qu’avec sa durée inférieure à 3 minutes, ce morceau parvient à décharger l’un des riffs les plus imparables de l’histoire du rock, semblable par son pouvoir d’attraction à celui de Smoke on the water. Un tel morceau place instantanément Black Sabbath dans le peloton de tête des formations acclamées par la jeunesse. Que dire de War pigs, longue envolée de près de 9 minutes ? Qu’il s’agit d’une autre des pièces majeures de Paranoid, par sa curieuse construction hachée et ses paroles vengeresses à l’encontre des fauteurs de guerre. Le macabre Electric funeral et le célébrissime Iron man, à l’introduction pesante et cybernétique, peuvent aussi prétendre au qualificatif de classique du rock. Hand of doom, autre déferlante toute en atmosphère diabolique, et l’irrésistible Fairies wear boots, sans doute le morceau qui se rapproche le plus du rock traditionnel, ne sont qu’un léger cran en dessous des autres en terme de notoriété, et sur un total pied d’égalité qualitativement parlant. Dans un registre tout à fait différent, impossible de faire l’impasse sur le lancinant et brumeux Planet Caravan, balade spectrale et planante qui s’impose comme une démonstration ultime d’un Black Sabbath efficace dans tous les registres. Finalement, il n’y a que le - très correct - instrumental Rat salad qui ne soit pas passé à la postérité en tant que pièce indispensable de la discographie Sabbathienne. Tous les autres morceaux sans exceptions font tout simplement partie des immortels du hard rock, de ces morceaux à qui 30 ans d’extravagance et de surenchère dans la violence et la provocation n’ont pas réussi à faire prendre une ride. Aux quelques hérétiques qui n’arriveraient pas à se faire au « vieux » son de Black Sabbath, mais qui souhaiteraient néanmoins profiter du talent de composition du groupe, on ne saurait que trop conseiller l’exceptionnel double Tribute-album Nativity in black, dans lequel, rien qu’en considérant les titres de cet album, Electric funeral est repris par Pantera, Hand of doom par Slayer, Paranoid par Megadeth, Iron man par Therapy ? et War pigs par Faith No More. L’influence de Black Sabbath sur la musique actuelle est évidemment incommensurable. Tous les groupes ayant choisi d’aborder la face sombre de l’existence, des brûlots apocalyptiques de Metallica aux hurlements de haine païenne des groupes de Black metal scandinaves. De même, tout le mouvement gothique ou plus largement, tous les groupes qui se piquent de toucher de près ou de loin à l’occultisme ou au monde des ténèbres peuvent revendiquer une filiation idéologique envers Black Sabbath. Plus techniquement, la manière écrasante, lente et brumeuse de jouer initiée par Black Sabbath a servi de modèle quasi unique à deux courants actuels : le doom-metal et ses congénères (Cathedral, Type O Negative...), et le stoner-rock (Kyuss, Queens Of The Stone Age, Monster Magnet,...). La suite sera moins glorieuse pour ce groupe mythique. Entre Iommi, lassé de la simplicité forcée du canevas sabbathien et désireux d’ajouter claviers et complexité à la cérémonie, et Ozzy Osbourne, en pleine déliquescence mentale et physique, le Sabbath perdra progressivement toute consistance et toute originalité, pâtira du départ de son leader et de l’accumulation de line-up instables et fluctuants, avant de devenir un simple groupe de hard rock, noyé dans la légion de formations heavy des années 80. Triste destin pour la formation qui fut à la base de tout ce qui fait aujourd’hui l’imagerie et la racine même de la plupart des mouvances metal. Mais au jeu de savoir qui, parmi les groupes fondateurs du genre, a exercé la plus grosse influence sur les trois décennies suivantes, Black Sabbath a de sérieuses chances de l’emporter. |
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Il y a 22 contribution(s) au forum. Black Sabbath : "Paranoid"
(1/8) 16 septembre 2006 Black Sabbath : "Paranoid"
(2/8) 30 août 2006, par sebf Black Sabbath : "Paranoid" - Une référence !
(3/8) 24 avril 2006, par Evil Frissou > Black Sabbath : "Paranoid"
(4/8) 29 août 2005, par lkj > Black Sabbath : "Paranoid"
(5/8) 17 février 2005, par Rodrigo > Black Sabbath : "Paranoid"
(6/8) 17 février 2005, par Uncle Luke > Black Sabbath : "Paranoid"
(7/8) 17 février 2005, par Fab > Black Sabbath : "Paranoid"
(8/8) 16 février 2005, par Gérard Meanvussat |
Black Sabbath : "Paranoid" 28 novembre 2010 [retour au début des forums] Hey ! Coucou, Moi de 2006, comment ça allait ?
Black Sabbath : "Paranoid" 28 novembre 2010, par Marc Langlet [retour au début des forums] C’est à dire que je suis assez surpris de retrouver les même conneries qu’on écrivait dans les commentaires du sites il y a 4 ans. J’avais même du mettre en place un système ou le webmaster devait les valider, puis après carrément devoir s’y inscrire pour commenter article.
Black Sabbath : "Paranoid" - Une référence ! 3 mai 2006 [retour au début des forums] le meilleur, le plus simple et le moin complexe (mis à part Planet Caravan avec une petite touche de progressif dans le coin) Black Sabbath : "Paranoid" - Une référence ! 13 août 2006 [retour au début des forums] pleonasme : plus simple = moin complexe
> Black Sabbath : "Paranoid" 17 février 2005 [retour au début des forums] ah parce que Led Zeppelin c’est du heavy metal... v’là autre chose. > Black Sabbath : "Paranoid" 18 février 2005, par Uncle Luke [retour au début des forums] Aaaargh ! Ma langue a fourché. Il faut dire que j’ai du mal avec ces termes, "Hard Rock", "Heavy Metal"... Quelqu’un pour m’expliquer leur VRAIE signification ? > Black Sabbath : "Paranoid" 18 février 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums] J’ai déjà entendu dire qu’il n’y avait en réalité pas de différence entre les deux, qu’il s’agissait simplement des termes britanniques et américains pour désigner le courant "dur" du rock apparu au début des années 70. Pourtant, j’ai toujours eu l’impression que Iron Maiden ou Iced Earth, par exemple, était du heavy metal et que les Guns’n Roses ou AC/DC étaient du hard rock. Je ne parviens pas à m’expliquer cette nuance, plus instinctive qu’autre chose. > Black Sabbath : "Paranoid" 18 février 2005, par Yves [retour au début des forums] Je crois quela nuance est dans la signification des termes des 2 appellations. Hard rock = rock dur avec filiation avec le rock d’avant qui était moins dur et heavy metal = métal lourd sans forcément filation avec le rock d’avant. Ceci posé, AC/DC c’est bien du hard rock et Black Sabbath c’est l’inventeur du heavy métal. > Black Sabbath : "Paranoid" 15 avril 2006 [retour au début des forums] en fait, le hard rock est different du heavy metal, en ce sens que le Heavy metal est venu dans les années 70 avec des groupes comme Deep Purple (avec des chansons comme highway Star) ou Rainbow (cfr : Kiil the king) etc etc ... mais le Hard Rock en question est né dans les années fin 60 avec des groupes comme Led Zeppelin (même si la plupart de leurs chansons à cetemps la était du blues, mais quand on entand des chnasosn comme Heartbreaker, Wholle Lotta Love, etc etc ... Moby Dick, etc etc), il y avait comme precurseur aussi Wishbond Ash (avec Lady Wiskey en 70), aussi, un groupe très connut mais qui n’a RIEN à voir avec ce style, qui a fait juste une petite chansons, c’est les Beatles avec Helter Skelter, ou encore plus etonnant et plus vieux, les Who avec my Generation, en terminant par LA TOUTE PREMIERE CHANSONS du Hard rock (selon le livre de Eddy Farcouri sur les sixties), le You REally Got Me des Kinks ... en 1964 ... sans oublier Queen ... surtout ses debuts le Heavy MEtal un style de hard rock, plus speed, plus puissant, plus hard encore ... et surtout plus recent que le hard rock ... Ce qui partiras du heavy metal, c’est encore pire, le Trash mais qui n’est pas du tout commercial ... > Black Sabbath : "Paranoid" 17 février 2005, par Geoffroy Bodart [retour au début des forums] M’enfin, tonton Luke ?!? Et Highway to Hell ?
> Black Sabbath : "Paranoid" 18 février 2005, par Uncle Luke [retour au début des forums] Hé, j’ai dit "complétez après moi", c’est pas pour rien ! Sinon, je suis tout à fait d’accord pour "Highway to Hell".
> Black Sabbath : "Paranoid" 16 février 2005, par Yves [retour au début des forums] Pour ne pas retourner 5 fois à la discothèque, prends directement aussi Master of réality (71), Vol.4 (72), Sabbath bloody sabbath (73), Sabotage (75) car ce n’est qu’après que les choses se sont réellement gâtées.
> Black Sabbath : "Paranoid" 16 février 2005, par Gérard Meanvussat [retour au début des forums] C’est noté ! En effet, j’avais entendu beaucoup de bien au sujet de "Master of Reality" et de "Sabbath Bloody Sabbath", alors comme ça...
> Black Sabbath : "Paranoid" 23 septembre 2005, par Youki Smayas [retour au début des forums] Evite quand meme ’Black Sabbath IV" enregistré à la va-vite qui a un son pourri et contient des compos accouchées sur le coin d’un comptoir de bistrot...A la limite remplace le par "Technical ectasy" bizarrement produit mais qui contient au moins quelques bon titres. Le premier Album vaut egalement son pesant de caramels mous, ne serait-ce que pour le titre eponyme, the Wizard et N.I.B.
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