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Janis Joplin : "Pearl" Un écrin pour la perle du sud vendredi 18 février 2005, par |
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Née à Port-Arthur, dans le vieux sud conservateur, Janis se révèle bien vite cataloguée « adolescente à problèmes ». Ce qui, dans le contexte de l’époque, signifie qu’elle participe à la lutte pour les droits civiques et, soutenue par ses parents, chante dans les clubs locaux. Rien ne prédestine au départ cette jeune fille de la classe moyenne, pas très jolie et dont la voix hors normes ne correspond pas à ce qu’on attend d’une chanteuse à l’époque, à connaître un des destins les plus météoritiques de l’histoire du rock.
Comme tous les jeunes marginaux de l’époque, Janis est rapidement attirée par le miroir aux alouettes californien, cette côte ouest où tout semble encore possible pour ceux qui ne trouvent pas leur place dans la bonne société policée du sud. Prête à entrer dans le siècle, elle débarque à San Francisco en 1963, et devient rapidement une figure récurrente de la vie nocturne de la métropole. Elle écume les lieux in de Heights Ashbury, se déguise en prêtresse hippie et engloutit des litres de Southern comfort (à tel point que la compagnie ira jusqu’à lui offrir un manteau de fourrure, en remerciement de cette publicité involontaire). La vie est belle dans les vapeurs de l’acide, mais Janis végète sans être remarquée par qui que soit. Elle repart donc au Texas quelques temps plus tard, dans une dernière - et vaine - tentative de se conformer aux normes de l’époque. Incapable de se réadapter à la mentalité étriquée de sa petite ville de province et pas découragée du tout par son premier échec, Janis repart pour San Francisco en 1966 pour intégrer le groupe d’un ami, le Big Brother & The Holding Company en tant que chanteuse. Le groupe se produit au festival de Monterey l’année suivante. Malgré son registre hard rock plutôt lourdaud, Big Brother & The Holding Company ne parvient pas à faire oublier la prestation impressionnante de sa frontwoman, qui tient davantage de la transe vaudou que de l’interprétation académique de vieux standards blues. Dans la foulée, elle est repérée par Albert Grossman, manager de Bob Dylan, qui la prend sous son aile. Lasse de son premier groupe, dont les faibles capacités de base sont en outre entravées par une consommation forcenée de drogues, Janis décide de se lancer dans une carrière solo, accompagnée du Kozmic Blues Band, avec lequel elle sortira son second album. Un peu plus en harmonie avec les visées artistiques de Janis, cette formation lui permet de sortir l’album I Got Dem Ol’ Kosmic Blues Again Mama !. En 1970, tout semble aller pour le mieux pour Janis : elle est amoureuse et a formé le Full Tilt Boogie, le seul de ses groupes qui saura ne pas faire pâle figure face à son talent exceptionnel, et ne cherchera pas à concurrencer sa voix sous le volume électrique. L’enregistrement du chef-d’œuvre peut finalement débuter. Les conditions d’enregistrement sont difficiles, et les inévitables tensions que ces circonstances génèrent entre les musiciens sont difficile à gérer. Pour évacuer cette pression, Janis replonge pour la dernière fois dans l’alcool et les drogues. Peut-être moins directement intense, moins brut et impétueux que ses autres albums, Pearl propose des chansons plus apaisées, plus sereines, davantage tournées vers la tradition musicale américaine. Janis ne fait que chanter sur l’amour, c’est vrai, comme un bon millier d’autres groupes. Mais quand la corrélation entre les textes et la réalité personnelle est si forte, quand l’interprétation est le fait d’une femme qui ressent si profondément chaque mot de ce qu’elle chante, quand chaque récit, chaque phrase, chaque anecdote semble avoir été personnellement vécu... C’est là que réside toute la nuance. Cry baby lance un cri déchirant, adressé tout à la fois à elle-même et à toutes les femmes blessées dans leur amour. Move over est une froide invitation à réagir, à ne plus subir le bon vouloir de son partenaire, à garder sa dignité sentimentale, tandis que Get it while you can, qui clôt magistralement Pearl, définit la philosophie personnelle de Janis : l’amour est toujours bon à prendre lorsqu’il se trouve à portée de main, et mieux vaut ne pas songer à l’inévitable souffrance qui s’ensuivra. Un symbole parfait de la vie de Janis, adulée sur scène et en tant qu’artiste, désespérément délaissée en tant que femme. « Lorsque je suis sur scène, je fais l’amour avec trente mille personnes ; ensuite, je rentre chez moi, seule. » avait-elle coutume de dire. Pearl, c’était aussi le surnom porté par la chanteuse rouquine. Une comparaison on ne peut plus symbolique. Car, à l’instar d’une pierre précieuse cachée au fond d’un coquillage, personne ne prit la peine de voir au delà des apparences, de chercher à comprendre la femme derrière la star, la souffrance derrière la débauche, la sensibilité derrière l’assurance. Derrière la chanteuse extravertie ; derrière la noctambule apocalyptique ; derrière ces minces façades propres à façonner un mythe rock’n roll, se dissimulait une personnalité hyper-sensible, une femme éternellement amoureuse et complexée par un physique peu avantageux (qui lui valut un temps le sobriquet peu enviable d’« homme le plus laid de l’université d’Austin »), une personnalité qui ne se révélait pleinement que dans ses chansons, où ses tourments, ses déceptions, ses joies, ses peines et ses espoirs étaient lancés à la face du public, en filigrane de cette voix brûlée à la chaux vive. Lorsque Pearl sort au début de l’année 1971, c’est enfin la consécration commerciale tant attendue. L’album restera dans les charts près de 9 semaines consécutives, en grande partie grâce à ses deux highlights : Me & Bobby McGee, fantastique reprise d’un morceau folk composé par son amant Kris Kristofferson ; et Mercedes-Benz, étrange chanson ironique d’à peine une minute, quasi chantée a capella, et qui sera bien entendu récupérée de longues années plus tard par la marque allemande pour un spot publicitaire. Janis n’en saura jamais rien. Le 4 octobre 1970, on la retrouvait morte d’une overdose d’héroïne dans un hôtel d’Hollywood. La voix blanche du blues venait de s’éteindre à l’âge de 27 ans, s’ancrant malheureusement dans la continuité des étoiles filantes trop tôt fauchées par le destin : Jimi Hendrix, Jim Morrisson, Brian Jones. Outre les qualités musicales propre à cet album, et la puissance fragile de Janis, plus écorchée que jamais, Pearl est surtout un chef d’œuvre dont la beauté tragique fit comprendre que les femmes étaient capables de chanter intensément ce qu’elles ressentaient et non minauder ce qu’un homme les estimait devoir ressentir. |
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Il y a 10 contribution(s) au forum. Janis Joplin : "Pearl"
(1/7) 23 avril 2011, par Initiative Zarma Janis Joplin : "Pearl"
(2/7) 3 décembre 2006, par k1000 > Janis Joplin : "Pearl"
(3/7) 19 juillet 2005, par laurent joplin janis l idole de nos coeurs !
(4/7) 8 mai 2005, par illuim > Janis Joplin : "Pearl"
(5/7) 19 mars 2005, par Judit > Janis Joplin : "Pearl"
(6/7) 18 février 2005, par Gérard Meanvussat > Janis Joplin : "Pearl"
(7/7) 18 février 2005, par Chris |
> Janis Joplin : "Pearl" 19 juillet 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Bah, parce qu’à l’époque, les frontières étaient floues, si tant est que ces classifications ont un sens. Black Sabbath est apparemment du hard rock, mais il n’est pas rare de les voir qualifier de blues-rock. Les Yardbirds me paraissent à priori un groupe de blues-rock, mais des magazines très sérieux les placent comme précurseurs du hard et du metal. Même remarque pour Cream, et pour la musique psyché d’Iron Butterfly. Quant à Big Brothers, oui, pour moi, c’est certainement du blues. Et en même temps du rock psychédélique. Et sans doute du hard, du moins du proto-hard.
> Janis Joplin : "Pearl" 18 février 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Dès que j’ai le temps, sauf peut être Led Zeppelin que je ne maîtrise ni n’apprécie suffisamment pour m’y lancer.
> Janis Joplin : "Pearl" 30 mars 2007, par ex prof [retour au début des forums] Si vous le pouvez aller assister au show de Beverly Jo Scott ’planet Janis’ vivant hommage à la ’pearl ’ et à l’époque ; Beverly chante également du Dylan et autres grands
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