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Led Zeppelin : "IV" L’état de grâce vendredi 21 juillet 2006, par |
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C’est le moment de vérité. Après deux albums rebelles, énergiques et rock’n’roll, qui respirent la jeunesse pressée d’en découdre, et un album mature, réfléchi, plus posé et qui passerait presque pour intello à côté de ses prédécesseurs, Led Zeppelin a désormais les cartes en main pour marquer son époque. Mais paradoxalement, sa situation reste délicate, entre les journalistes toujours aussi acerbes à leur égard et le public qui ne réclame que de l’électricité. Il faudra donc bien jouer ces cartes.
Après leur dernière tournée, les quatre compagnons s’octroient une petite retraite dans le cottage qui avait déjà tant inspiré Jimmy Page et Robert Plant pour le dernier album. Le repos étant une notion leur semblant étrangère, ils se mettent à composer quelques titres à paraître sur leur prochain opus. Led Zeppelin IV, normalement ? Non, cette fois-ci, le groupe veut aller plus loin. Ils en avaient un peu assez d’être descendus systématiquement par la presse, d’être considérés comme un produit sorti de la poche de Peter Grant et lancé sur le marché, de n’être perçus que comme une opération commerciale. Dès lors il fallait composer LE disque. Pas un disque de Led Zeppelin, non, mais celui que l’Histoire retiendra. Et pour marquer le coup, le nouvel album n’aura officiellement pas de nom (même si tout le monde l’appelera IV), les titres des chansons n’apparaîtront pas et même le nom du groupe sera gommé. Le groupe n’a jamais aimé s’étendre sur sa musique en interview, jugeant que les chansons devaient se suffire à elles-mêmes. Cette démarche va plus loin encore, car ici il ne reste que la substantifique moelle, seule la musique a droit de cité, expurgée qu’elle est de toute contingence temporelle, commerciale ou même pratique. N’apparaîtront que quatre symboles, les quatre runes, comme on les a appelés. Chaque membre avait choisi le sien. Une plume pour Robert Plant, les quatre éléments pour John Paul Jones, un symbole mystérieux et indéchiffrable pour Jimmy Page et le symbole de la trilogie homme-femme-enfant pour John Bonham (mais son symbole est aussi, accessoirement, le logo d’une marque de bière). Le groupe se rend ensuite en studio pour peaufiner les titres ébauchés, composer et enregistrer le reste des chansons. Si certains morceaux sont composés à l’arrachée, d’autres semblent sortir de nulle part, comme Rock’n’roll, composé en un petit quart d’heure ou The battle of evermore, dont la première ébauche a été improvisée par Jimmy Page qui venait d’attraper une mandoline qui trainait dans le studio. Bonzo, quant à lui, redouble d’inventivité et va jusqu’à jouer avec quatre baguettes en même temps sur Four sticks (d’où le titre de la chanson) et pour When the levee breaks, il installe son set de batterie dans le grand hall du studio pour obtenir cet effet de résonnance incroyable. Les autres membres ne sont pas en manque de génie non plus. C’est John Paul Jones qui compose le fameux riff de Black dog. Robert Plant, de son côté, a été caressé du souffle divin lorsque, après que Page et Jones lui aient fait écouter un morceau dont ils étaient particulièrement fiers, il s’isola pendant deux heures avec les bandes et revint avec le texte et la mélodie de Stairway to Heaven. L’album connaîtra un succès phénoménal. Il s’écoulera au pays de l’oncle Sam 22 millions d’exemplaires, ce qui en fait le quatrième plus gros succès de ce côté de l’Atlantique, derrière le Best of des Eagles, Thriller de Michael Jackson et The Wall de Pink Floyd. Pour la première fois de son histoire, Led Zeppelin parvient à conquérir la presse, sans pour autant renier l’essence de ses premiers albums. L’enthousiasme du public est énorme, surtout en concert où le groupe provoque plus d’une émeute.
Trente-cinq ans plus tard, que reste-t-il de cet album ? Le mythe est installé, il méritait de l’être à l’époque, mais peut-on encore écouter cet album comme on l’écoutait en 1971 ? Les générations qui l’on découvert postérieurement à la disparition du Dirigeable peuvent-elles s’émouvoir à l’écoute de ces chansons comme l’ont fait celles qui les ont précédées, et éprouver la même passion ? Certains titres, comme Misty mountain hop ont assez mal vieilli, d’autres, comme Black dog ou Rock’n’roll, restent définitivement ancrés dans un style passé de mode qui ne plaira qu’à ceux qui vouent une admiration au rock des seventies. Cet album serait donc simplement "appréciable", intéressant, pour les plus jeunes auditeurs, une belle collection de musée, un symbole d’une époque révolue, un des meilleurs points d’ancrage dans les années 70, qu’on respecte et admire pieusement plus pour ce qu’il représente que pour ce qu’il nous fait ressentir, s’il n’y avait ces deux titres : Stairway to Heaven et When the levee breaks. When the levee breaks, tout d’abord. Un blues étouffant, écrasant, adapté d’un vieux morceau de 1928. Un riff de plomb, un jeu de batterie apocalyptique et un chant transcendé servent ce titre incroyable que le groupe dut renoncer à jouer en concert, ne parvenant pas à retranscrire en live l’énormité du son de batterie. Ce titre-là fait partie des quelques-uns sur lesquels le temps n’a pas eu prise, toujours aussi tripant qu’en 1971, un des indispensables dans la discographie du groupe. Stairway to Heaven ensuite. Un morceau qui appelle des commentaires contradictoires. Il faut, dans un premier temps, l’avouer de but en blanc : ce morceau est un joyau du rock. Si Led Zeppelin ne devait être réduit qu’à une chanson, ce serait celle-là. On sent le talent et l’inspiration divine à des kilomètres. « There’s a lady who’s sure all that glitters is gold, and she’s buying a stairway to Heaven ». Ces paroles sont parmi les plus belles jamais écrites et le chant de Robert Plant donne des frissons. Le solo final est l’un des plus beaux de la Création et est systématiquement cité en référence (voir ici). La chanson est encore aujourd’hui diffusée sur tous les médias, elle est appréciée de tous, du fan hardcore de Led Zep jusqu’à celui qui n’y entend rien au rock et ne s’y intéresse pas. Elle a même eu droit à sa polémique car certains estiment qu’elle est truffée de messages subliminaux et que Robert Plant a vendu son âme au Diable en échange de la gloire. Bref, avec Stairway to Heaven, le Dirigeable a touché Dieu du doigt. Mais... mais... comme pour quelques autres, la légende de cette chanson devint son principal fossoyeur. On l’a trop entendue. Tout comme Money de Floyd, Hotel California des Eagles ou Nothing else matters de Metallica, l’indigestion guette. De plus, cette chanson a tellement été montée en épingle qu’on en vient à se demander si elle est si exceptionnelle que ça. En 1971, ce genre de titre était révolutionnaire et l’on considère parfois que c’est Led Zeppelin qui, avec ce morceau, a inventé la power-ballad. Mais aujourd’hui, quand on a été gavé de tellement de chansons, parfois excellentes, découlant en droite ligne de Stairway to Heaven, cette dernière ne saurait conserver tout son impact et sa magie. La conclusion qui s’impose, et elle est valable pour les quatre premiers albums de Led Zeppelin, est que ces morceaux, pour être appréciés à leur juste valeur, doivent être resitués dans leur contexte. Ils tiennent pour la plupart toujours la route et avec une production actuelle, ils pourraient encore tout dévaster sur leur passage, mais il faut pouvoir faire fi des aspects négatifs qu’emporte avec lui le statut de légende du rock pour s’en rendre compte. Quoiqu’il en soit, à cette époque le groupe est à son sommet. Cela implique malheureusement que la suite n’atteindra plus les mêmes sphères. Si les albums qui suivent sont loin d’être mauvais (ils restent plusieurs crans au-dessus de l’immense majorité des productions de l’époque) et contiennent leurs lots de chefs-d’œuvres (Achilles last stand, No quarter ou l’immense Kashmir), la cristallisation du génie pur que l’on retrouvait sur le quatrième album est quelque peu dissolue. C’est également à partir de ce moment que le groupe va tout doucement devenir un dinosaure du rock. Jimmy Page fait plus parler de lui pour son attrait envers les sciences occultes (on appelait ça du satanisme à l’époque) que pour son génie musical ; à la furia des premiers concerts succède un show durant lequel le guitariste expose sa guitare à double manche. Robert Plant, qui a poussé un peu trop loin sa voix, se fait opérer des cordes vocales, etc. Difficile de croire pourtant que quand le quatrième album est sorti, le groupe n’existait que depuis trois ans et que ses membres avaient une moyenne d’âge de 23 ans. Une succession de scandales et de drames sonneront la fin de Led Zeppelin, malgré le succès énorme que connaîtront chacun des albums suivants. Grave accident de voiture pour Robert Plant et sa famille (son épouse restera très longtemps entre la vie et la mort et le chanteur passera des mois dans une chaise roulante), addiction de Jimmy Page à l’héroïne, accoutrement d’officier nazi lors de ses prestations scéniques, cuites de plus en plus sévères et dévastatrices de Bonzo, décès du fils de Robert Plant des suites d’un virus, concerts catastrophiques et déferlante du punk font tout doucement comprendre que le Zep a vécu. Le glas sera sonné le 24 septembre 1980, quand Bonzo décèdera des suites d’une surdose d’alcool. Malgré les rumeurs de reformation, le groupe annoncera sobrement, par voie d’un communiqué de presse lapidaire, qu’il ne peut continuer sans son batteur. Fin de l’histoire.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site www.pyzeppelin.free.fr, extrêmement complet, ou plongez-vous dans une des nombreuses biographies du goupe (nous vous en avions présenté une ici très bien écrite, qui constitue une excellente introduction au groupe et qui est bourrée d’anecdotes croustillantes et d’extraits d’interviews). |
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Il y a 10 contribution(s) au forum. Led Zeppelin : "IV"
(1/4) 23 janvier 2011, par George Abitbol Led Zeppelin : "IV"
(2/4) 2 août 2006, par Petit Corbeau Led Zeppelin : "IV"
(3/4) 26 juillet 2006, par Ythl0n Led Zeppelin : "IV"
(4/4) 21 juillet 2006 |
Led Zeppelin : "IV" 31 juillet 2006, par Petit Corbeau [retour au début des forums] Et bien moi je vais descendre un peu Votre LED ZEP (que j’aime tant ! ayant toute la collection y compris celle de plant solo et celle de jimi inclus avec ses amis les corbeaux the blacks crowes). Pourquoi simplement parce que l’inspiration de Led Zep se puise ailleurs : 1) Babe, I’m gonna leave you
2) Black Dog / Oh Well
3) Black Mountain Side / Blackwater Side
4) Dazed and Confused
5) Bring It On Home par Sonny Boy Williamson
6) Gallows Pole
7) How Many More Times
8) I can’t quit you Babe
9) In My Time Of Dying / Jesus Make Up My Dying Bed
10) The Lemon Song
11) Nobody’s Fault But Mine
12) Stairway to Heaven
13) Train Kept A-Rollin’
14) When The Levee Breaks
15) White Summer / She Moved Through The Fair
16) Whole Lotta Love / You Need Loving
17) You Shook Me
ON ARRIVE DONC QUASI A UN DOUBLE ALBUM DONT CERTAINS TITRES SONT DES MEILLEURS DU ZEP.
http://www.rock6070.com/ledzepp.html Led Zeppelin : "IV" 2 août 2006 [retour au début des forums] inspiration... doux euphémisme s’agissant de Led Zep ;-) Led Zeppelin : "IV" 2 août 2006 [retour au début des forums] pour certains titres, il n’y a qu’un très faible rapport entre les deux....... donc à relativiser fortement Led Zeppelin : "IV" 7 août 2006, par vehau [retour au début des forums] Facile facile. Je suis fan de Led zep depuis longtemps et je n’ai pas attendu la chute du Mur de Berlin pour savoir que Plant &Co ont largement puisé dans le Blues pour nous en offrir leur propre vision. Ils se sont d’ailleurs approprié pas mal de ces morceaux d’une façon pas franchement honnête, là encore je le reconnais bien volontiers.
C’est l’admiration sincère du zep pour le Blues qui les a poussé à réinterprété ces morceaux. Il ne faut pas oublier que c’était des gosses en 1969, hormis Jimmy Page à peine plus agé, ils faisaient la musique qu’ils aimaient à leur façon donc reprendre des titres qui leur plaisaient et les arranger à leur sauce, c’est cela qui a crée cette alchimie unique, ça et le talent de chacun des membres dans son domaine. Led Zep eut des problèmes à l’époque à ce sujet, il me semble même que Willie Dixon les avait attaqué en justice (et peut-être d’autres, ça mérite d’être vérifié, mais ce n’est pas un sujet qui me passionne). Mais ce que je retiens aujourd’hui du Zep, c’est leur amour du Blues, qu’ils étaient capables de transmettre aux autres.
Led Zeppelin : "IV" 22 juillet 2006 [retour au début des forums] cet album n’a pas vieilli d’un poil. la production est énorme et n’a en aucun cas besoin d’un "son moderne". tous les morceaux portent la marque d’une grande créativité et l’instrumentation est, évidemment, un régal : ils sont tous les 4 parmi les tout meilleurs instrumentalistes (en prenant la voix comme instrument à part, car c’est bien ce dont il s’agit) qu’il y ait eu. avec le III et cet album, Led Zeppelin a atteint des sommets jamais égalés.
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