|
|
Tri Yann : "La découverte ou l’ignorance" Frédéric Mitterrand va pas m’aider sur ce coup-là... mardi 22 mars 2011, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
De Tri Yann, je n’avais que le premier album, Tri Yann an Naoned (les trois Jean de Nantes) qui fut usé en cassette puis dûment échangé par un CD lorsque la bande accusa de graves signes de faiblesse. Les voir en concert aux confins des années 90 à l’Olympia fut un grand moment de couleurs et d’ambiance. Le public semblait reconnaître en cette joyeuse troupe à costumes pittoresques de vieux compagnons de route. Une communion, un partage de valeurs auxquels je ne saisissais pour ma part strictement rien du haut de mes dix et quelques années, mais ça me plaisait.
Cette escapade dans les méandres bretonnants m’amena plus tard à découvrir leurs œuvres des années 70, et notamment La découverte ou l’ignorance. Mais il y a un titre qui fait que cet album diffère des autres, ce n’est même pas une chanson, c’est un discours, lu par Jean-louis Jossic, et provenant d’un manifeste du journaliste/écrivain Morvan Lebesque. Ce texte conclusif se parait d’un beau manifeste, fondateur et apaisé. Il n’y est pas question de sang impur, pas non plus d’oppression étatique contre le pauvre Nantais, il y est question d’accepter selon son bon vouloir son identité, ou de la refuser, sans heurts et sans démarche obligatoire. "La Bretagne n’a pas de papiers" dit-il. Morvan Lebesque écrira durant la guerre pour une feuille de choux bretonne clairement pro-nazie, il s’en expliquera sur le tard en invoquant sa jeunesse et le fait qu’il aurait courageusement déserté le journal au bout de douze jours... Il survivra pourtant à Paris dès 1940 en tant que pigiste dans le torche-cul collabo « Je suis partout » de Robert Brasillach aux cotés d’autres messieurs dont les écrivains Georges Blond et René Barjavel, ou le monarchiste Jean de la Varende ("monarchiste" étant le qualificatif le moins sale que l’on puisse lui apposer...). Non, ce serait irrévérencieux, car Tri Yann a suffisamment roulé sa bosse en tous sens pour faire les frais, au crépuscule de son existence d’un procès en sorcellerie. L’apport du texte de Lebesque, et sa démarche générale concernant la reconnaissance si ce n’est d’une nation, du moins d’un esprit breton, je le garde comme un bel hommage, tentant d’éluder le questionnement. Mais défendre ce texte, est-ce défendre son auteur ? J’adule Louis-Ferdinand Céline, l’écrivain, tout en connaissant le contenu de son Bagatelles pour un massacre, je reconnais la grandeur d’un Victor Hugo, mais ne peut occulter son cachetonnage insensé et ses retournements de veste d’une rapidité toute olympique. Et puis combien d’auteurs sur lesquels placarder interdits et avertissements, Paul Valéry, Apollinaire, Baudelaire, loin de prudes et saints conteurs d’histoires, ce sont des vies sales et troubles, des aventuriers, des voleurs, aux mœurs dégueulasses et aux opinions trop libres, n’allons pas conter nouvellement Sade ou les escroqueries de Miguel de Cervantès, ces héros de la plume n’occultent pas totalement quelques boulets pesants. Défendre Lebesque, certainement pas, pas mon boulot, pas mon souci non plus, et on ne peut lui attribuer une importance équivalente aux quelques exemples précédents. Mais la question que Tri Yann posait en 1976 prend alors un tout autre sens… |
|||
|
|
|
Il y a 3 contribution(s) au forum. Tri Yann : "La découverte ou l’ignorance"
(1/1) 29 mars 2011, par Walter |
Tri Yann : "La découverte ou l’ignorance" 29 mars 2011, par Vincent Ouslati [retour au début des forums] Je leur préfère Le Pèlegrin qui date je crois de 2001, avec notamment la chanson La geste de Sarajevo que je trouve vraiment poignante... Tri Yann : "La découverte ou l’ignorance" 9 avril 2011, par Nazairien [retour au début des forums] Je crois que Tri yann nantes naoned ont 40 ans et non 35 si je me souviens bien.
|