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Click Click : "Rorschach testing" Du bon usage du fouet dimanche 17 janvier 2010, par |
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Le repas familial s’éternise ou quelqu’un s’est froissé et un ange passe, les ailes bien lourdingues. Saisissez la moutarde ou le reste de crème anglaise et versez-en sur une serviette en papier que vous plierez à votre guise. Dépliez sans en foutre partout, visualisez et interprétez à haute voix. Bravo, vous venez de passer votre premier test de Rorschach ! Quoi que vous ayez dit (papillon des sixties, dragon dégradant un dragon dégradé, clitoris onirique) vous passez au yeux des convives pour un dément doublé d’un pervers –don’t worry quasiment tout le monde apparaît pathologique au test. Si, après ça, la glace n’est toujours pas brisée, levez-vous, éteignez d’autorité la télé et offrez à la station d’accueil ce Click Click atterri par hasard dans votre baladeur : déshéritement, divorce ou autre mise sous curatelle garantis.
Une saine déconnexion en tous cas. De la particule subatomique au cerveau de la femme, la chose la plus complexe de l’univers, Dieu a mis de la symétrie partout. Le cybergoth en contient sa dose, bien qu’on m’objectera que c’est là danse de démons. Diamétralement opposés on trouve dans ce sous-ensemble des musiques industrielles l’art gothique des cathédrales (déification de la hauteur et de la lumière) et l’art erratique des chamanes (approche par la syncope des frayeurs les plus animales). L’un est le négatif de l’autre si on s’interdit toute hiérarchie des valeurs, et deux lobes valent mieux qu’un pour appréhender le monde. Double-cliquons pour voir : Ca commence (Awake and watching) par des coups de fouet un peu fesse-mathieux au début mais qui trouveront vite le bon rythme, annoncé par les bruits de chaînes d’une usine désaffectée. On s’attend aux hurlements atroces d’un scary movie comme Hostel (Eli Roth, 2005) mais non, ça reste plaisant, bien qu’on ne soit pas vraiment là pour faire du tourisme. Autoritaire est le chant d’Adrian Smith (d’homonymie plus connu), mais c’est pour donner à ceux qui vivent avachis devant l’écran quelques ordres et pistes de réflexion toujours utiles : is there anything you see that isn’t framed by wood and glass ? En tous cas vous êtes dans le bain – sécrétions humaines selon affinités- et jusqu’au cou. On ne se la pose plus de nos jours, la question posée. Perfect stranger oblige à rester bien tranquille, même si sans grâce aucune, comme s’il allait de soi que l’auditeur-voyeur avait été déjà lobotomisé. Quant aux 15 minutes qui suivent elles n’en font que six mais demandent attention : des anhélations cochonnes s’invitent au milieu du tohu-bohu mélodieux et le chant fait penser à un Adam Ant en grande verve. Retour aux délices des sévices paramilitaires avec Playground. Ah ici les lanières ne lésinent pas et le film précité se fait tellement présent que ça en devient gênant. Quiconque appréciera ce morceau se dira qu’il devrait en avoir honte, et puis même pas : il est là contre son gré après tout et prend juste son pied. Logique imparable des sens enclins au répétitif qui font qu’encore une fois esclave et maître finissent toujours par faire deux amis inséparables… Headfuck voudrait aller au fond des choses mais c’est moyennement réussi et de toutes manières avéré impossible ; l’anatomie a ses limites ainsi que la malséance (on n’y parle d’ailleurs que de drogues), alors que Whirlpool se veut adoucir les os trop calcaires –soyez indulgents avec les restes… Dans une veine plus profonde The Vacuum shop sent le caoutchouc cramé avec son contenu refroidi, épouvantablement refroidi. L’écouter fait hummm alors que les lyrics font brrrr. Mais alors d’où vient que cette divine composition martiale agit comme l’exact antidote du bromure sur une compagnie de CRS dépaysée ? Heureusement pour Madonna la hiérarchie méconnaît ce propos de Smith : « you can’t fuck to pop music but you can fuck to funk ! » et préfère s’en tenir aux tests de sélection par le physique. Avec What a world les coups se font caresses pour clore ces réjouissances et vous remercier pour votre obéissance. C’est une très belle conclusion. Ce n’est pas de l’EBM (le trio d’ailleurs s’en défend) : c’est plus sale et subversif. Sortis sur le continent la même année, un KMFDM, un Borghesia et un Laibach illustreront de manières encore plus guerrière et létale l’art des alliages toniques qui libèrent la larve de sa muette condition. Ceux-là, nous les conserverons bien au chaud pour nous extirper de repas d’affaires plus pénibles encore, si d’aventure ils devaient se présenter. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Click Click : "Rorschach testing"
(1/1) 19 janvier 2010, par Lokii |
Click Click : "Rorschach testing" 19 janvier 2010, par Christophe Renvoisé [retour au début des forums] Merci beaucoup. Soignez-vous bien ! ;-)
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