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David Bowie : "Tonight" Pas ce soir, chérie, j’ai la migraine samedi 21 octobre 2006, par |
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Il est de bon ton lorsque l’on parle de David Bowie de se remémorer tous les disques extraordinaires qu’il a sorti durant les années 70 (au hasard : Hunky Dory, Aladdin Sane, Low,...), auxquels s’appliquent une foule de superlatifs. On s’attarde généralement moins souvent sur ses albums maudits de la décennie suivante. Ce serait pourtant utile, car s’il y a un artiste dont on déconseillera vivement aux fans et curieux d’acheter les disques au hasard, c’est bien David Bowie.
Dans les premières années de sa carrière, même s’il a rapidement suscité un culte autour de sa personne, David Bowie n’a pas gagné énormément d’argent. Il a beaucoup tourné et vendu pas mal de disques, certes, mais il lui restait quand même peu de sous en poche lors du décompte final. En cause : des contrats à la limite de l’escroquerie conclus avec son management et sa maison de disques de l’époque. Une erreur de jeunesse comme en commettent beaucoup d’artistes à leurs débuts, mais dont il aura finalement eu beaucoup de mal à s’extirper. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’est bien rattrapé par la suite. Et en particulier à partir de 1983, avec Let’s dance, le méga tube qui transforma Bowie l’artiste intègre et encore relativement underground en icône populaire à la Robbie Williams. Extrait d’un album du même nom (et qui comprenait Modern love et China girl, d’autres hits-singles tout aussi formatés FM), Let’s dance a permis à Bowie d’entrer dans tous les foyers, de vendre des millions d’albums et de jouer à guichets fermés dans des stades dans le monde entier. Il s’agissait pourtant, artistiquement parlant, d’un piètre album en comparaison de ce qu’il faisait encore quelques années plus tôt. L’argent appelant l’argent, il devait être écrit que l’entrée de Bowie dans le cercle des plus gros vendeurs du rock coïnciderait avec le déclin de son inspiration. Il n’allait désormais plus composer pour le plaisir et par amour de l’art, mais seulement dans l’espoir de continuer à voir grossir son compte en banque. Tonight a indéniablement été enregistré dans cet esprit, en 1984. L’objectif était de capitaliser le plus vite possible sur le succès de Let’s dance et du Serious Moonlight Tour en sortant un nouveau disque doté, comme il se doit, d’un ou l’autre single pop bien formaté. Ce fut Blue Jean, qui est effectivement un morceau efficace (comme l’était Let’s dance, on ne peut pas le nier). Le second single, Loving the alien, est lui aussi plutôt bien foutu et renoue avec la thématique de la vie extraterrestre que Bowie abordait dans une chanson sur deux à ses débuts (Space oddity, Life on Mars ?, Ziggy Stardust, Starman,...). Deux bons singles, donc. Et le reste ? Ce ne sont ni plus ni moins que sept titres de remplissage. Tonight, le morceau éponyme, est à l’origine un titre sorti en 1977 sur l’album Lust for life d’Iggy Pop. Bowie en a composé la musique et l’iguane en a écrit les paroles. Comme il l’avait fait un an plus tôt avec China girl (dont la « reprise » devait, dit-on, servir à payer les honoraires d’asile psychiatrique d’Iggy), Bowie choisit d’à nouveau s’approprier une des chansons de son ami Pop, sans doute afin de l’aider financièrement par le biais des droits d’auteur ; le bougre devant encore de l’argent à la moitié des dealers du Michigan... Sa relecture de Tonight est malheureusement beaucoup moins intéressante que celle de China girl - qui était pourtant loin d’égaler l’originale. L’introduction, durant laquelle Iggy narrait en hurlant comment il avait découvert sa petite amie morte, passe tout simplement à la trappe. Cette version-ci de Tonight est une ballade jazzy mollassonne, bourrée de saxophones et de synthés hideux qui sentent bon (?) les années 80. Pire encore : elle est chantée en duo avec... Tina Turner ! Est-il besoin d’en dire plus ? Vu comme ça, c’est clair : ce n’est plus une reprise, c’est un viol, une profanation. Difficile aussi de passer sous silence Dancing with the big boys, un navrant duo avec... Iggy Pop, sans trait de génie ni imagination. Puisqu’il contient quand même deux singles honorables, on pourrait dire de Tonight qu’il s’agit d’un disque à deux visages. Après tout, deux bons titres sur neuf, c’est la moyenne de très nombreux groupes, n’est-ce pas ? Sauf qu’ici, on parle de David Bowie et qu’on ne saurait décemment se contenter du minimum syndical en ce qui le concerne. |
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Il y a 9 contribution(s) au forum. David Bowie : "Tonight"
(1/4) 30 octobre 2006, par Uncle Luke David Bowie : "Tonight"
(2/4) 23 octobre 2006, par Yû "Let’s Dance" et "Tonight" : le bon grain de l’ivraie...
(3/4) 21 octobre 2006, par Crosstown Traffic David Bowie : "Tonight"
(4/4) 21 octobre 2006, par R.T. |
David Bowie : "Tonight" 24 octobre 2006 [retour au début des forums] Il y a comme qui dirait un double sens... ;) David Bowie : "Tonight" 24 octobre 2006, par Yû [retour au début des forums] ...dans les deux sens. ^^
David Bowie : "Tonight" 21 octobre 2006, par Albin Wagener [retour au début des forums] Là le challenge, ce serait plutôt d’encenser "Never let me down" :D David Bowie : "Tonight" 21 octobre 2006, par J.D. [retour au début des forums] Sur Never let me down aussi, il n’y a que deux bons titres... * soupir * David Bowie : "Tonight" 19 avril 2008 [retour au début des forums] ah bon ? tu les as vu où les 2 bons titres de "Never Let Me Down" ?
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