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Depeche Mode : "Speak & Spell" Absolute beginners samedi 2 février 2008, par |
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C’est pour tuer l’ennui de leur petite vie provinciale, à Basildon, dans l’Essex, que les jeunes Martin Lee Gore, Andrew Fletcher et Vince Clarke (de son vrai nom Vincent John Martin) forment Composition of Sound, en 1980. Modestes employés de bureau la semaine, ils se retrouvent le dimanche après-midi dans un garage pour faire joujou sur des synthétiseurs (« parce que c’est moins encombrant que des guitares et une batterie ») sans ambitions particulières, sinon celle de peut-être un jour pouvoir sortir un single. Ils sont rapidement rejoints par Dave Gahan, qui propose de renommer le groupe Depeche Mode, en référence au titre d’un magazine féminin français...
Dans les premiers mois d’existence de Composition of Sound, Vince Clarke, le principal parolier et compositeur du groupe, officie également en tant que chanteur. Il en était déjà ainsi lorsqu’il jouait avec Andrew Fletcher dans des petits groupes tels que No Romance in China et French Look, dont la notoriété n’a jamais dépassé Basildon. D’un naturel timide, il n’est pas très à l’aise au chant et décide de se mettre en quête d’un chanteur moins introverti. Dave Gahan, dix-huit ans, est recruté après que Vince Clarke l’ait entendu reprendre avec brio Heroes de David Bowie. Comme il le reconnaîtra plus tard, Clarke n’engage pas tant Gahan en raison de ses qualités de chanteur que de sa popularité auprès de la jeunesse locale. Ce jeune dandy, ex-punk à la réputation sulfureuse, est fasciné par le glamour depuis qu’il a découvert Roxy Music. Il collectionne déjà les conquêtes féminines et se déplace toujours entouré d’une petite cour de jeunes branchés. Clarke voit donc en lui un moyen d’enfin attirer un certain public aux concerts du groupe, ce qui ne manquera pas de se vérifier dans les faits. Depeche Mode passe l’année 1980 à travailler sur une série de démos et à donner des concerts de mieux en mieux suivis. Vince Clarke, Martin Gore et Andrew Fletcher sont aux synthés, tandis que Dave Gahan, en pantalon en cuir, veston et coupe new wave, fait son show à l’avant de la scène ; un peu comme si Kraftwerk était doté d’un vrai leader charismatique. Stevo Pearce, le très excentrique manager de Soft Cell, les remarque et leur propose de participer à la compilation de lancement de son label, Some Bizzare. Depeche Mode accepte et fait don de son titre Photographic, qui figurera sur le Some Bizzare Album aux côtés de Soft Cell, mais aussi Blancmange et The The, pour ne citer que ceux qui ont connu une certaine popularité par la suite. Cette première sortie incite Daniel Miller, fondateur du label indépendant Mute Records, à proposer un contrat à Depeche Mode. De contrat, il ne sera toutefois pas vraiment question puisque leur association sera, pendant de nombreuses années, uniquement basée sur des accords verbaux entérinés par une simple poignée de mains. Daniel Miller (connu dans le milieu comme The Normal, dont l’unique single, Warm leatherette, sorti en 1978, est toujours culte de nos jours) délaisse quelques semaines son principal poulain, Fad Gadget, pour prendre en charge la production de Speak & Spell. L’album sort en novembre 1981, précédé par trois single : Dreaming of me, en février, qui passera complètement inaperçu ; New life, en juin, qui manquera de peu le top 10 britannique, et enfin le sautillant Just can’t get enough, en septembre, qui sera un hit en Europe et en Australie, en plus de se frayer un chemin dans les charts alternatifs américains. Au-delà de ce succès commercial, Just can’t get enough restera l’un des singles les plus connus de Depeche Mode ; souvent même le seul connu du grand public généraliste, tant on continue de le matraquer dans les mariages et les soirées « années 80 », entre Orchestral Manœuvres in The Dark et Partenaire Particulier. Ce single est pourtant loin d’être représentatif de la carrière du groupe et même de cet album, tant sa tonalité popisante tranche avec des titres plus sombres comme Photographic - livré dans une version différente de celle de la compile de Some Bizzare -, Tora ! Tora ! Tora ! et l’instrumental Big muff. Ces deux derniers titres en particulier, les seuls de Speak & Spell à avoir été écrits et composés par Martin Gore, annoncent le Depeche Mode plus grave et profond qui éclora quelques années plus tard. Ils révèlent aussi le formidable talent d’auteur de Gore, à qui le groupe devra son salut lorsque Vince Clarke prendra la poudre d’escampette, fin 1981, pour aller fonder Yazoo. Gore fait en outre entendre pour la première fois sa douce voix sur la ballade minimaliste Any second now (Voices) (qui n’était au départ qu’un instrumental en face B de Just can’t get enough), inaugurant l’alternance vocale avec Dave Gahan qui sera la norme tout au long de leur carrière. Inégal, combinant le meilleur (Tora ! Tora ! Tora !, Photographic) comme le pire (What’s my name ?, aux paroles d’une naïveté confondante ; I sometimes wish I was dead, doté d’une des plus laides mélodies jamais sorties d’un clavier ; Puppets, d’une banalité affligeante, ou encore Nodisco, qui manque cruellement d’inspiration) avec un single synth-pop léger mais suffisamment bien calibré que pour être capable de rivaliser avec ceux d’O.M.D., Gary Numan, Visage et même Human League, Depeche Mode posait avec Speak & Spell les bases de son œuvre. Ce départ discret devrait être suivi en 1982 par A broken frame, un deuxième album encore plus inégal, en trio, puis d’une vraie évolution artistique coïncidant avec l’arrivée dans le groupe d’Alan Wilder. Speak & Spell, aujourd’hui, est surtout intéressant à titre de document retraçant les débuts hésitants mais prometteurs d’un groupe essentiel des scènes pop/rock et électronique du dernier quart de siècle. Dans cet esprit - et dans cet esprit seulement -, pour les fans comme pour les curieux, la réédition de l’album en 2006, remasterisé, doté de quelques titres bonus et d’un long documentaire sur DVD intitulé Do we really have to give up our day jobs ? est incontestablement un maître achat. |
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Il y a 11 contribution(s) au forum. Depeche Mode : "Speak & Spell"
(1/4) 17 décembre 2009, par Yoann Depeche Mode : "Speak & Spell"
(2/4) 11 février 2008 Depeche Mode : "Speak & Spell"
(3/4) 5 février 2008 Depeche Mode : "Speak & Spell"
(4/4) 5 février 2008 |
Depeche Mode : "Speak & Spell" 3 octobre 2010, par Nicolas Albin [retour au début des forums] J’allais dire la même chose ! Jérôme, je te trouve bien sévère avec ce titre... Cependant, chacun est libre de ses opinions, bien entendu. Pour ma part, je trouve ce morceau bien sombre (pour Speak & Spell, s’entend), et je le classe parmi les meilleurs de l’album. Une petite mention additionelle pour la b-side "Ice Machine", disponible sur la ré-édition CD de 1988, qui est un des morceaux les plus sublimes de la période Vince Clarke. En revanche, je partage pleinement ton point de vue sur le ridicule "What’s your name" (ce qui m’avait valu un échange enflammé avec Dark Léti de Celluloide à ce sujet) et le piteux "I sometimes wish I was dead", qui d’ailleurs n’était pas présent sur l’édition originale de 1981 (la tracking list de l’époque comportait en revanche le single "Dreaming Of Me"), et ajouté lors de la ré-édition mentionnée ci-dessus.
Depeche Mode : "Speak & Spell" 11 février 2008, par JD [retour au début des forums] Plutôt le single de Bowie. ;-)
Depeche Mode : "Speak & Spell" 8 février 2008, par Nebhotep [retour au début des forums] Moi, je trouve que les chansons de Speak and spell sont super pour des débutants. Il faut commencer par un début hésitant pour rester dans les meilleurs Depeche Mode : "Speak & Spell" 14 février 2008 [retour au début des forums] Je suis tout à fait d’accord qu’il faut un début mais c’est juste parce qu’il y en a toujours pour préférer les débuts médiocres à la suite quand le groupe devient trop connu...ca fait smart Depeche Mode : "Speak & Spell" 3 octobre 2010, par Nicolas Albin [retour au début des forums] Je ne pense pas qu’on puisse accuser Jérôme Delvaux de sombrer dans ce genre de clichés, d’une manière générale, et en particulier au sujet de Depeche Mode. Pour ce qui est de Speak & Spell, bien sûr qu’il s’agit d’un album très différent (puisque le compositeur principal est différent), et qu’il n’a pas la profondeur de SOFAD, de Violator ou de MFTM... Néanmoins, il a cette touche qu’ont toujours les "premiers albums", touchants et prometteurs. Est-ce pour autant que "Three Imaginary Boys" laisse préfigurer de "Pornography" ? Bien malin celui qui aurait su voir poindre un tel opus en 1979. Pour finir, "Speak & Spell" (que je n’affectionne pas plus que ça dans la discographie de DM, d’ailleurs, comparé à Violator, SOFAD ou même le démentiel "Playing the Angel", plus récemment) a ceci de spécial qu’il ne ressemble en rien à ce que deviendra le groupe par la suite. Peu d’autres exemples sont à noter, en général le 1er album apporte la couleur... Peut-être "Piper at the gates of dawn" de Pink Floyd ou même (j’ose) "Lonesome Crow" de Scorpions... Allez, il doit y en avoir d’autres, j’y réfléchirai !! Depeche Mode : "Speak & Spell" 1er juin 2009, par Gondry Jean-Jacques [retour au début des forums] Voilà un fan absolu de Martin Gore qui prend la plume et égratigne injustement le pauvre Vince Clarke. Ce fan pur et dur ne semble pas avoir suivi l’ensemble de la carrière de Vince. Yazoo, The Assembly et Erasure. Quelques succès commerciaux ? Quelle mauvaise foi ! Encenser Martin Gore, oui pourquoi pas mais avec retenue et sans diminuer les mérites du tout autant talentueux Vince Clarke. En Belgique et en France Erasure ne semble pas bénéficier du statut de Depeche Mode mais au pays de sa très gracieuse majesté la reconnaissance semble égale. A bon entendeur... Depeche Mode : "Speak & Spell" 25 novembre 2010 [retour au début des forums] Je n’aurais pas mieux dit ! Vince Clarke est un génie de la composition mélodique tout autant qu’un arrangeur d’exception. Comment et pourquoi se fait-il que son groupe Erasure a été littéralement zappé en France (démarrage "Oh l’amour" mis à part) alors que c’est un groupe culte chez nos voisins (une armada de tubes en Angleterre et en Allemagne) ??? C’est pour moi un mystère incompréhensible ... et injuste.
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