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Echo & The Bunnymen : "Heaven up here" But it’s evil down there... jeudi 22 janvier 2004, par |
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A l’occasion de la réédition du catalogue CD d’Echo & The Bunnymen, relative à leurs vingt-cinq années d’existence, retour sur un opus rock cold wave magistral.
Je n’aime pas le rock. "Pas tant que ça" on va dire. Les riffs de guitares saturées, calibrées voire habillées moi ça me gave à la longue ; pas vous ? Ah flûte, c’est que ce second LP des Bunnymen, il me plait toujours autant... en fait ! Nous sommes en 1981, la new wave atteint son apogée en termes d’affranchissement musical et de richesse stylistique. Le synthétiseur est dorénavant incontournable pour qui veut être in. Plus d’un an auparavant, Joy Division, grâce à l’impulsion de Martin Hannet, injecta du synthé glacial à un rock qui l’était tout autant. Or ici, ne vous attendez pas à entendre de l’ARP Odyssey à gogo pendant quarante minutes, car ce sont bien deux guitares, une basse et la batterie qui sont au travail. Que dire devant cette œuvre alliant rythmique rock et arrières pensées dépressives ? Il faut comprendre l’intérêt créatif de cet album. Nous sommes bien à Liverpool et non pas à Manchester. Cependant, cette année-là précisément, le groupe rejoint - en esprit - la liste cold wave puriste tant convoitée et consultable chez l’huissier Maître Factory sur simple demande. Ceci prend musicalement forme dans l’utilisation assez décalée des guitares. A la différence d’un Vini Reilly (The Durutti Column) ultra supra technique, Will Sergeant malmène ses cordes de façon artisanale, jouant davantage sur la panoplie de crissements et autres bruitages électriques. Placés judicieusement dans l’espace sonore stéréo (exemple : une guitare positionnée tout à gauche pour la séparer du reste des instruments), on bascule dès lors du simple rock entêtant à une conviction ténébreuse. Show of strenght reste ainsi une réelle démonstration de force. C’est un titre d’ouverture parfaitement choisi et dont on se lasse jamais tant l’accroche et la glace sont liées. With a hip, tout comme It was a pleasure, A pleasure ou No dark things aurait tout du tube européen, si seulement une atmosphère angoissante ne venait plomber l’affaire... L’introduction quasi sidérale d’Over the wall sur une boîte à rythmes sourde apparaît comme un clin d’œil à leur propre Echo, tandis qu’All my colours infiltre la brèche humaine du groupe avec ces toms roulants et sa flûte de pan dark blue. Heaven up here est paradoxalement le moins bon titre, malgré un Ian McCulloch tout aussi constant dans le genre grave, mâle, dépressif, puissant : la grande classe, quoi. Ce titre n’atteint pas la magie escomptée. Pour preuve, Turquoise days n’a pas besoin d’une telle dépense d’énergie pour convaincre. D’un tempo lent et sans ligne de basse qui tue, c’est une chanson de grande ampleur. Deux accords dissonants sèchement lâchés suffisent à remporter l’adhésion cold wave ! L’album se termine ensuite sur l’immense All I want et sa rythmique haletante. Mais ce n’est pas tout ! La réédition CD, en plus de proposer un artwork amélioré et une remasterisation des morceaux faisant davantage ressortir les instruments, comprend des titres supplémentaires : versions alternatives, démos, faces B ou encore du live selon le cas. L’édition d’Heaven up here n’est pas la plus conséquente (cinq titres supplémentaires contre dix pour Crocodiles), elle est juste de taille. Quatre morceaux issus d’un concert australien, mais surtout la face B Broke my neck en version longue (sept minutes). Arrêtons-nous sur ce dernier. De la part d’Echo & The Bunnymen, je ne m’attendais pas à un morceau laissant place à l’improvisation et à la seule astuce sonore. Si la mélodie peut faire penser à Denial de New Order pour les coupeurs de cheveux en quatre, l’écriture se rapproche d’un Section 25 pour les afficionados. Autoproduit par le groupe et enregistré dans un studio perdu de Scandinavie, Broke my neck est à part dans leur discographie. Le final est, de mon point de vue, jouissif : alors que les guitares s’éloignent, le module inversé perpétue son cycle pour entamer un duo de deux minutes avec un batteur qui cogne ! Malgré une réédition à un prix défiant toute concurrence (8,90 Euros seulement !), Heaven up here n’a rien d’un album au rabais. Sans mauvaise foi aucune, cet album reste le plus froid, le plus entier, le plus rock mais aussi le plus lointain des Bunnymen. |
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Il y a 3 contribution(s) au forum. > Echo And The Bunnymen : "Heaven up here"
(1/2) 24 janvier 2004, par philippe > Echo And The Bunnymen : "Heaven up here"
(2/2) 23 janvier 2004, par SIM |
> Echo And The Bunnymen : "Heaven up here" 26 janvier 2004, par Alan Brausseau [retour au début des forums] Eh "pirate !", aurais-tu une adresse email ?
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