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Japan : "Gentlemen take polaroids" L’esthétique new wave samedi 27 septembre 2008, par |
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S’il est exact qu’il n’a pas eu le succès de tant de ses contemporains, pas même a posteriori, Japan n’en demeure pas moins, artistiquement parlant, l’un des groupes les plus remarquables de la new wave anglaise. Perpétuant l’héritage glam des David Bowie et autres Roxy Music de leur jeunesse, et croisant au passage ces influences avec celles de Kraftwerk et de la soul américaine, David Sylvian et ses compères ont posé les bases d’un nouveau type de pop qui divisa profondément le public et la critique... Et pour cause, cette pop, que d’aucuns qualifieront d’élégante, sera perçue par d’autres comme incroyablement pédante.
C’est en 1978 que l’aventure Japan commence avec Adolescent sex, qui ne marche pas du tout en Grande-Bretagne mais rencontre un certain écho au... Japon. La sortie du plus anecdotique Obscure alternatives, l’année suivante, ne modifie guère la donne ; Japan reçoit un bon accueil en Asie mais ne décolle pas dans son pays où il est, au mieux, considéré comme un groupe pour minettes (leur look New York Dolls de l’époque n’y est pas pour rien). Puis sort Quiet life, en 1980. C’est ce troisième album qui permet au groupe de voir s’entrouvrir les portes d’une certaine renommée en Angleterre. Les critiques sont plutôt bonnes mais les ventes ne sont toujours pas mirobolantes : l’album mettra quatre ans avant d’être certifié disque d’or. Pourtant, pour le coup, en faisant se télescoper les influences de Young Americans à des réminiscences du krautrock, Japan a frappé très fort. Quiet life marquera son époque au point d’être régulièrement cité comme le premier album du courant « Nouveau Romantique » (en français dans le texte), auquel on assimilera rapidement de très gros vendeurs comme Duran Duran et Spandau Ballet, qui sont alors en train de peaufiner leurs premiers enregistrements. Gentlemen take polaroids sort durant l’hiver 1980 et permet à Japan de se distancer de cette mode éphémère née un peu accidentellement de l’émulsion de certains clubs gays de Londres. Quelques mois à peine après le suicide de Ian Curtis de Joy Division, les cinq fringants londoniens ajoutent des touches résolument sombres à leur univers glamour et raffiné. En ce sens, la pochette qui présente David Sylvian maquillé et cravaté sous une pluie battante fut choisie avec beaucoup d’à-propos. La plage titre Gentlemen take polaroids, qui ouvre l’album, pose le décor en douceur. L’extrême maniérisme du chant rappelle indéniablement le Bryan Ferry des débuts, mais la musique n’est pas qu’une resucée de Roxy Music pour autant. La basse fretless de Mick Karn, reconnaissable entre mille, porte la marque de Japan, tout comme le clavier orientalisant de Richard Barbieri, le jeu de batterie tout en nuances de Steve Jansen et les riffs flamboyants du guitariste Rob Dean. Japan se montre ensuite plus expérimental, notamment sur le cafardeux Burning bridges, le troisième titre, qui rappelle immanquablement les plages instrumentales concoctées par Brian Eno pour les albums Low et Heroes de David Bowie. Particulièrement de par l’usage d’un saxophone larmoyant qui distille des mélodies tristounettes sur des nappes électroniques glaciales, comme sur le titre Neuköln. Deux autres instrumentaux, les brumeux The experience of swimming et The width of a room, concoctés respectivement par Richard Barbieri et Rob Dean, sont plus minimalistes mais pas dénués de charmes pour autant. My new career (dont le titre rappelle forcément A new career in a new town) reste dans cette veine bowie-enoesque berlinoise. Ce n’est toutefois pas Eno qu’on retrouve à la production de cette plaque, mais bien John Punter, déjà à l’œuvre sur Quiet life et qui s’était distingué précédemment en coproduisant These fooling things et Another time, another place pour Bryan Ferry. Loin de se complaire ad vitam dans ce trip mélancolique finalement assez proche de la cold-wave, Japan revient vers des sons plus dansants avec Methods of dance. David Sylvian s’y révèle magistral au chant, bien soutenu par des chœurs éthérés. Le saxophone de Mick Karn s’invite à la fête et confère à l’ensemble un côté jazzy assez inattendu. Véritable tube en puissance, doté de beats irrésistibles et de mélodies de très haut vol, ce titre n’est contre toute attente pas sorti en single, ce qui s’apparente à un manque de flair pour le moins sidérant de la part de la maison de disques. Les honneurs d’une sortie en 45 tours reviendront à Gentlemen take polaroids et à Nightporter, une ballade pleurnicharde au piano qui a tout d’un classique instantané. Dans un autre genre, Ain’t that peculiar, reprise d’un single de Marvin Gaye, est là pour rappeller qu’au-delà de son adulation pour Bowie/Roxy, Sylvian est aussi un grand passionné de soul. Pour peu qu’on ne soit pas allergique aux poses, aux manières, à l’arrogance et à la préciosité poussée jusqu’à son paroxysme de David Sylvian et sa clique (ce qui serait parfaitement défendable, certains rédacteurs de Pop-Rock m’en font d’ailleurs régulièrement part), Gentlemen take polaroids n’est rien d’autre qu’un très grand disque de pop... qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte particulier de 1980. Loin de la facilité et du mercantilisme d’un Duran Duran, cet album reste une valeur sure. En plus de symboliser à lui seul une certaine idée de l’esthétique new wave. |
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Il y a 19 contribution(s) au forum. Japan : "Gentlemen take polaroids"
(1/4) 27 mars 2011, par corcovado33 Japan : "Gentlemen take polaroids"
(2/4) 27 mars 2011, par corcovado33 Japan : "Gentlemen take polaroids"
(3/4) 27 septembre 2008 Japan : "Gentlemen take polaroids"
(4/4) 27 septembre 2008 |
Japan : "Gentlemen take polaroids" 1er octobre 2008, par HB [retour au début des forums] Oui, avec Swing, qu’on retrouve sur l’excellent double "Oil On Canvas", 1983, que je suggère comme entrée en matière si on a rien contre les compiles -si Suburban Love en est absent, on y trouve un Ghosts en live grave déchirant (pleurnichard dit le monde sans coeur du rock).
Japan : "Gentlemen take polaroids" 27 septembre 2008 [retour au début des forums] Roxy Music et David Bowie, oui. Japan : "Gentlemen take polaroids" 28 septembre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums] Quand on vénère Bowie comme Sylvian tout s’explique ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 28 septembre 2008 [retour au début des forums] Simple Minds était influencé par le krautrock (Neu ! surtout), Joy Division et le Velvet, pas vraiment par Roxy Music Japan : "Gentlemen take polaroids" 29 septembre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums] Life in a day, Real to Real cacophony, Sister feellings call et Sons and fascination voire même Empires and dance sont pour moi très clairement inspirés d’albums comme, For Your Pleasure, Stranded et Siren ! Je n’en disconviens pas concernant le krautrock mais ça ne s’arrête là ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 29 septembre 2008 [retour au début des forums] Mouais. Pas convaincu. D’autant que les albums que tu cites là sont les plus radicaux du groupe dans le genre minimalisme/répétition, donc kraut/Velvet/coldwave (je crois qu’ils citaient même Cabaret Voltaire comme influence...). Après, Glittering Prize, ça devient autre chose de plus ferryesque, on est d’accord. Japan : "Gentlemen take polaroids" 29 septembre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums] Glittering Prize c’est New Gold Dream et à ce moment là c’est du pur Simple Minds et rien d’autre ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 30 septembre 2008 [retour au début des forums] Ok avec toi Boniface !
Japan : "Gentlemen take polaroids" 30 septembre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums] On est d’accord ! La seule trace du Velvet qu’on retrouve c’est Lou Reed sur "This is your land" ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 1er octobre 2008 [retour au début des forums] C’est celaaaa, oui. L’ano et Boniface de Mite savent sans doute mieux de quoi il en retourne que le groupe lui-même, hahaha : http://www.simpleminds.org/sm/tours/jatsa/index.htm Japan : "Gentlemen take polaroids" 1er octobre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums] C’est bien, t’as trouvé tout seul apparemment ! Fallait citer ta source un peu avant, on aurait pu discourir ! On a beau revendiquer qu’on découle du Velvet il n’en reste pas moins que musicalement on en est aux antipodes, tout au plus une attitude Warholienne et c’est tout ! Salut l’ano ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 2 octobre 2008 [retour au début des forums] Et puis il est question de Johnny and the self abusers et pas de Simple Minds, eux c’était juste après ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 1er octobre 2008 [retour au début des forums] Si, si, Roxy Music est bien une des deux-trois références principales des Simple Minds. A l’instar d’un Simon Le Bon, Jim Kerr a d’ailleurs longtemps pensé qu’il était le nouveau Bryan Ferry... Il cite aussi Brian Eno dans la chanson I Travel : "Airports playing Brian Eno", allusion à l’album Music For Airports. Japan : "Gentlemen take polaroids" 3 octobre 2008 [retour au début des forums] les citations et les références, c’est une chose (on peut toujous dire que l’on est influencé par untel mais cela ne sonnera pas pour autant comme la dite influence), par contre ce qui ne trompe pas c’est la sonorité de Simple Minds sur l’album "Life In A Day", et elle vient bien de Magazine (celui du 1er album "Real Life", sorti 1an avant !), pas de doute possible ! Japan : "Gentlemen take polaroids" 3 octobre 2008 [retour au début des forums] À propos de Magazine, ils se reforment pour 3 concerts début 2009 ! (même eux s’y mettent, on aura tout vu !)
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