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Killing Joke : "What’s THIS for... !" Les rituels qui tuent samedi 26 septembre 2009, par |
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Allez vous péter les dents à catégoriser Killing Joke, fous que vous êtes. Dès leur premier album en 1980, la "blague qui tue" tentait tout, touchait à tout, osait tout. C’est du punk, de la dance, du rock, du metal, le clown s’amuse à brouiller les genres, à perdre les rares qui le suivent. Si j’ai découvert Killing Joke par l’indus arabisant de Pandemonium, je dus reconnaitre la richesse incomparable du Killing Joke des années 80. Jamais ils ne seront aussi insaisissables qu’en cette décennie, et ceux qui se jugeront paumés par un premier méfait aussi fourni en nuances ne se rassureront pas en 1981 avec la parution de What’s THIS for... !
Killing Joke nait alors que la fin des dinosaures du hard est un fait accompli et que la seconde vague du punk surgit plus furieuse que jamais. Entre ces deux âges si incompatibles, Coleman et sa bande se font leur place, en marge de tout, se préoccupant d’inventer leur propre son avant de songer à plagier quiconque. Les Killing Joke ont inventé une troisième voie, un chemin de traverse entre boursouflures rock et idioties punks, privilégiant un son lourd, des atmosphères étouffantes à l’instar de The fall of because, écrasant titre d’ouverture de ce second méfait. Moins déconstruits, mais pas moins téméraires lorsqu’il s’agit d’oser des compositions puissantes, bruyantes, dérangeantes. Car ce groupe dérange, de par sa rage sourde, de par ses rythmes presque dansants sur des braises éternellement rouges. Le bien nommé Tension y ajoute sa batterie se limitant à une frappe simpliste qui ne varie jamais, là est la tension par cet aspect continu, interminable qui fait espérer un break, un changement brusque qui ne vient jamais. Le clown aime maltraiter ses adeptes, ne leur donnant jamais ce qu’ils espèrent, se plaisant à les fouetter jusqu’au sang, des adeptes masochistes, aimant souffrir, se lacérant le dos sur les cordes de Geordie Walker, écrasés par les baguettes de plomb de Big Paul. Killing Joke se fera bien entendu encore plus violent notamment dans les années 2000 avec des monstres tels que celui de 2003 ou le tout aussi pesant Hosannas from the basements of Hell trois ans plus tard. Mais ce sont là des albums de métal somme toute classique, différents de par le fait qu’ils sont des créations de Killing Joke bien sur, mais au demeurant assez peu innovants. Alors que sur ce disque de 1981, non seulement le groupe est hors de tout cadre possible, mais il est même à des kilomètres de tout carcan capable de les classifier. Rien ici ne peut cataloguer tel univers. Oserait-on parler de post-punk alors qu’on y fourre vraiment n’importe qui ? Ce serait faire peu de cas du bouillon créatif que Coleman possède à la place du cerveau. Il faudrait alors les classifier dans les inclassables, les sans-étiquettes, libéré du bac à disques et éternellement hors des modes. La blague qui tue initiait un parcours parmi les plus passionnnants et déroutants de la musique contemporaine. Plutôt que de les référencer comme un misérable petit bureaucrate, tentez de regarder les années 80 avec le son de Killing Joke, vous les verrez à coup sur bien différentes. |
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Il y a 1 contribution(s) au forum. Killing Joke : "What’s THIS for... !"
(1/1) 17 mars 2010 |
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