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Kraftwerk : "Computer world" It’s more fun to compute mercredi 14 janvier 2004, par |
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Après le succès, autant créatif que commercial, de The Man-Machine, il n’était pas si évident d’espérer de la part de Kraftwerk un album suivant aussi convaincant.
Comment aborder un album de Kraftwerk sans le situer dans son contexte culturel au sens large ? Car au-delà de l’avant-garde musicale, le groupe s’est toujours démarqué en tant que révélateur enjoué d’angoisses culturo-scientifiques. Lorsque Fritz Lang fait le parallèle Robot = Homme aliéné dans Metropolis dans les années 30, Kraftwerk fait quarante ans plus tard de la cravate noire sur chemise rouge un « modèle » de look snob/rebelle. Tout ceci pour nous amener, non pas à l’album de 1978, véritable précurseur de la tendance « froide » en matière d’electro, mais à Computer world, réalisé en 1981. Ayant écouté l’inégal Electric Café auparavant, j’ai été doublement conquis par ce projet d’une musique qui se voudrait assistée par ordinateur. Car malgré tout ce que veulent bien nous raconter Ralf Hutter et Florian Schneider, leur musique électronique est l’une des plus « humaines » de cette (future) mouvance. Ils ont de fait une façon artisanale et laborantine de composer qui évite l’écueil de l’anonyme : ils éditent leur propre boîte à rythmes par exemple... Ou encore celui de « la musique au kilomètre » pour citer notre ami Guy Marchand. La comparaison est relative et surtout à dessein, je l’accorde, mais la même année sort l’album Faith de The Cure. Du point de vue du concept, on note un réel décalage entre la recherche vaine d’un secours dans la foi par le trio british, et le regard de quatre pinces-sans-rire allemands porté sur le désenchantement religieux de la société contemporaine et future face à l’invasion pernicieuse de l’ordinateur dans les différentes « entrées » de celle-ci. Mis à part le titre Numbers relevant davantage du manifeste expérimental (unique rythmique ponctuée de chiffres cités en quatre langues européennes), le reste de l’album allie parfaitement recherche sonore et mélodies pop. En se référant aux styles de l’époque, on peut même parler des prémices la dance music (New Order et Section 25 seront sur ce terrain quelques années plus tard ). Ainsi, Pocket calculator revendique avec génie un nouveau statut de l’artiste composant avec son seul calculateur, une calculatrice faisant office d’arpeggiateur ! A l’appui : "I’m the operator with my pocket calculator. I’m handling (...), I’m controlling, I’m composing". Ce sera évidemment le tube. Quant à Computer love, titre le plus mélodique du LP, il fait le constat visionnaire de nos prochains rendez-vous galants informatisés. Plus généralement, cet album est très unifié dans ses arrangements. Il faut avouer que les sons de synthétiseur sont peu variés, seulement ils ont l’avantage d’avoir un son plein et puissant. Quant au fameux chant-parlé, il fait tilt tout au long des sept morceaux. C’est fou comme les paroles « Interpol and Deutsche Bank. FBI and Scotland Yard » peuvent être lyriques). Computer world se termine alors sur une boucle allant crescendo et aux accents dépressifs, malgré le fun annoncé, que déjà l’envie nous prend de remettre le disque. Trente-quarte minutes et trente-cinq secondes, c’est un peu court tout de même... Anticipant l’aspect ludique et dansant des sons électroniques comme personne, Kraftwerk signe avec Computer world l’un de ses albums les plus en phase avec son concept de Recherches Sonores Dansantes. |
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Il y a 4 contribution(s) au forum. Kraftwerk : "Computer world"
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(3/3) 29 juillet 2005, par lkj |
Kraftwerk : "Computer world" 21 novembre 2010 [retour au début des forums] C’est encore rien par rapport à Electric Cafe ...
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