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Kraftwerk : "Electric Café" Jus de chaussettes lundi 14 janvier 2008, par |
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Souvent considéré comme l’album le moins abouti de la discographie de Kraftwerk, Electric Café, en 1986, fut également le dernier disque à sortir avant que le groupe allemand ne se cloître en studio pour près de quinze ans, s’y livrant à ses savantes expériences électroniques à l’abri des regards indiscrets. Dommage qu’Electric Café, à trop chercher à s’ancrer dans son époque, soit très loin de laisser la même empreinte historique que ses prédécesseurs.
Après la parution de Computer world, Kraftwerk se mit immédiatement à travailler sur du nouveau matériel, initialement baptisé Technicolor, puis Techno Pop. Un premier single, Tour de France, eut même le temps de voir le jour courant 1983 avant que par une tragique ironie, Ralf Hütter ne soit victime d’un très grave accident cycliste. L’enregistrement fut immédiatement abandonné et Capitol Records n’eut d’autre choix que de faire patienter le public en ressortant Autobahn. Lorsque Hütter fut capable de reprendre le chemin du studio Kling Klang, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et l’évolution implacable de la technologie avait rendu les maquettes de Techno Pop résolument obsolètes. Craignant que la sortie de l’album dans cet état puisse remettre en cause leur statut de pionnier de l’électronique, Kraftwerk reprit tout le travail à la base, choix courageux qui se traduira notamment par le passage d’une technologie d’enregistrement analogique à une technologie digitale. Malgré ces belles promesses, Electric Café s’avère pourtant un album insignifiant, qu’on écoute par simple curiosité sans lui manifester beaucoup d’intérêt. Il semble que Kraftwerk ait commis plusieurs erreurs stratégiques durant sa conception. Tout d’abord, le pionnier allemand n’a sans doute pas daigné prendre la mesure du fait que le synthétiseur était devenu l’instrument par excellence des années 80 et qu’il devenait donc de plus en plus difficile de se démarquer de ses contemporains à ce niveau. L’utilisation des claviers se montre pourtant raisonnée et parfaitement maîtrisée, mais on n’y retrouve plus l’audace et la prise de risques qui avaient si longtemps caractérisé leurs productions. Deuxième carence à déplorer : l’absence dommageable d’une vision globale qui aurait donné du sens à ces nouvelles expérimentations. Alors que la mobilité et le voyage sur Trans-Europe Express et l’informatisation naissante sur Computer world avaient fait mouche, on peine à déterminer le concept dominant que Kraftwerk a souhaité développer ici. Pour ne rien arranger, les morceaux ne sont pas particulièrement inspirés. A commencer par cet enchaînement de trois pistes (Boing boom tschak, Techno Pop et Musique non-stop) difficilement dissociables, qui forme en définitive une longue variation sur le même thème plutôt pesante, et Sex object qui tente de chasser sur les terres du hit-single synth-pop sans y parvenir le moins du monde. On retirera de ce triste constat The telephone call, plutôt original dans sa manière de réutiliser les sonorités d’un appel téléphonique, voire même le single Electric Café, simpliste mais potable. L’album de trop pour Kraftwerk ? Peut-être pas. Tout n’est pas à jeter non plus sur cette production relativement concise. Mais pour la première - et dernière - fois, Kraftwerk n’arrive pas à surprendre et semble même plutôt dépassé par les événements. Electric Café ne se démarque malheureusement pas vraiment d’une production electro-pop banale de ces années-là. |
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Il y a 4 contribution(s) au forum. Kraftwerk : "Electric Café"
(1/3) 16 février 2008 Kraftwerk : "Electric Café"
(2/3) 14 janvier 2008 Kraftwerk : "Electric Café"
(3/3) 14 janvier 2008 |
Kraftwerk : "Electric Café" 11 février 2008 [retour au début des forums] Electric Café est,effectivement,moins fort que leurs précédants albums,la référence pour moi étant "Computer World"..Et si Kraftwerk fut le groupe qui inspirera tous ces groupes des debuts 80 (de Human League à Depeche Mode) et jusqu’à la Techno d’aujourd’hui,ils furent surtout innovateurs dans le son,plus que dans les compositions elles-même.De leurs propre aveux,les membres de Kraftwerk voulaient surtout ressembler aux Beach Boys avec un son electronique.Dès lors,comparer D.M à Kraftwerk me parait un peu pernicieux.Je crois savoir que Depeche Mode aimait surtout le concept de pop electronique,mais Martin Gore est surtout un songwriter qui ecrit ses chansons sur une guitare.D’ailleurs,il faut surtout considerer Kraftwerk comme un concept global.Depeche Mode eux,font des chansons qu’ils traitent electroniquement.
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