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New Order : "Power, corruption and lies"
La synthèse

vendredi 29 avril 2011, par Maxence Vitelli

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Si pour vous la new wave se trouve dans les compilations estampilées LES ANNEES 80 : 4 CD à petit prix !!!, permettez-moi de vous contredire. La new wave, c’est tout autre chose.

Ce courant musical ne s’applique pas bêtement à tous les groupes collant du synthétiseur sur des mélodies pop, il n’aliène pas non plus toute la production occidentale pop-rock des années Mitterrand. Car au-delà de spécificités auxquelles on ne peut déroger, c’est un état d’esprit "décalé" qui prime avant tout.

Schématiser ? On peut y parvenir comme s’y méprendre, tant cette classification n’est pas rigide. Tout d’abord on peut opposer la new wave "humaine", basée sur les instruments manuels, à la new wave dite "froide" car électronique (Minny Pops, Front 242, The Human League). Il faut néanmoins rappeler que la plupart des groupes ont humanisé l’électronique - ou, a contario, rigidifié le combo batterie/basse/guitare. Section 25 sur From the hip ou The Passage vont dans ce sens, selon moi.

On peut ensuite observer des branches au sein de la new wave, seulement il n’y a plus de cloisonnement possible. Seventeen seconds de The Cure et In the flat field de Bauhaus sortis la même année (1980) sont bien distincts ; de plus, les groupes font leur propre synthèse de multiples courants musicaux : A Certain Ratio insuffle du funk au format "Joy Division", Tuxedomoon évolue peu à peu vers la musique scénographique.

Trop de généralités ? Tentons un petit historique... La new wave n’est pas arrivée brusquement en 1979 avec The pleasure principles de l’ami Gary Numan. A l’image de l’histoire de l’Art, qui se construit sur les expériences plastiques passées, la new wave prend sa source dans un mélange adroit du glam des 70’s (David Bowie, Roxy Music, T. Rex) avec les expérimentations germaniques de la même période (Kraftwerk avec Autobahn, Neu !, Can, Tangerine Dream), puisera son énergie dans le punk (les Sex Pistols ont montré la voie à suivre à la bande de Ian Curtis, mais aussi à Siouxsie & The Banshees et Billy Idol) pour se brûler la décennie suivante dans le cynisme, la mélancolie et autres pessimismes existentiels.
Ainsi, la fin des années 70 est un moment crucial, révélateur même, qui verra l’éclosion de véritables albums de dingues, signés sous des grands labels, chose impensable aujourd’hui (les singles n’apparaissent pas souvent sur les albums, la promo n’est alors pas facilitée).

Ensuite, de 1980 à 1982 seulement, on note la période "pure". En effet, la cold-wave vit ses heures de gloire d’un point de vue créatif (pour les ventes, on repassera...) : la basse est au centre des compositions, le style de chacun s’affirme, le son reverb restera inégalé (les nouveaux moyens d’enregistrement et de mixage ne le permettant plus aujourd’hui). De plus, cette époque voit le fourmillement de productions sous le label Factory Records - par extension Les Temps Modernes, Postcards, Les Disques du Crépuscule. Martin Hannett, l’ingénieur du son de Joy Division, va d’ailleurs produire/mixer plus d’une quinzaine d’albums et de simples ces années-là. Buzzcocks, Magazine, The Names, et bien d’autres vont passer entre ses mains de maître. Si la plupart auront un accueil marginal, ils restent néanmoins majeurs dans l’histoire de cette musique !

A partir de 1983 environ, des groupes aussi déconcertants que Cabaret Voltaire, The Fall et même Public Image Ltd. vont se mettre à la pop... Oui, au son commercial ! The Cure peut, dès lors, signer un Let’s go to bed sans complexes. Conjugué avec la robotisation des instruments (les synthétiseurs et les boîtes à rythmes ne sont plus réservées aux seuls "scientifiques" et autres Brian Eno de la musique, ils envahissent le marché !), cet élan pop va pousser les autres artistes-musiciens à faire de même. Heureusement, certains veilleront à conserver une part d’inaccessible (The Passage en tête !) pour créer des univers musicaux personnels...

Dernier volet de l’historique, depuis quinze ans environ on voit apparaître beaucoup de groupes pop/rock renouant soi-disant avec la new wave d’antan... Ne les prenons pas trop au sérieux, respectons les pionniers. Cependant, un esprit "new wave" - dans le sens du décalage - se retrouve quelque peu dans le post-rock des années 90. Je pense à Jessamine, Unwood, Blonde Redhead, Bastard, et j’en oublie. L’univers apporté par ces derniers mêle rock sale, psychédélisme (batterie envoûtante, basse sourde), sons vintage et plages expérimentales. Du Sonic Youth artisanal ! Il semblerait toutefois que le label canadien Constellations propose une alternative à ce constat fataliste...

Pour récapituler, on peut tenter cette classification : La new wave (77-85) : ce qui englobe les différents mouvements présentés ci-dessous, plus la pop synthétique et/ou légèrement dépressive des années 80. On brasse donc le meilleur (The Cure) comme le "pire" (Frankie Goes To Hollywood, ABC, Duran Duran, Spandau Ballet, Howard Jones).

La cold-wave (79-82) : du rock dépressif dont les titres ne passent pas à la radio car ils "foutent trop le cafard !". On retrouve donc la quasi totalité du label Factory avec Joy Division mais sans New Order ; Cocteau Twins jusqu’à Victorialand, les deux premiers Echo & The Bunnymen, John Foxx, Japan, The Psychedelic Furs, etc.

Le post-punk (77-79) : les prémisces de la new wave. De l’énergie, des titres courts avec une pointe d’expérimental : Magazine, Ultravox, Buzzcocks, Gang of Four, Siouxsie & The Banshees, Simple Minds et le Gary Numan du début, les premiers Talking Heads, In Camera, PIL, etc.

Le gothique (78-81) : le mouvement à ses débuts était voisin de la new wave, comme sur Bela Lugosi’s dead de Bauhaus et Only theatre of pain de Christian Death. On peut insérer Dead Can Dance (apport d’ambiances ethniques) si on n’est pas trop exigeant sur la classification.

La new wave expérimentale (78-85) : le son reste new wave mais la finalité est aux antipodes du passage radio, de l’attente de l’auditeur parfois. Le but est de s’ouvrir au conceptuel, au premier jet, aux disonnances, bref à la liberté d’expression. Neu ! a ouvert la voie de façon précoce en composant des boucles répétitives/évolutives de plus de cinq minutes au début des années 70. Wire exécutait des prestations live inattendues en 1981 et, sans être exhaustif, Section 25 a choisi parmi ses sessions d’improvisations tous les titres qui figureront sur The key of dreams, sorti en 1982. On peut également inclure From a northern shore de Twice A Man en 1985, un album à première écoute pop/électronique mais qui se révèle anti-dansant.

En conclusion, il n’est pas évident de résumer un courant musical aussi riche et passionnant que la new wave. Seul un album y arrive vraiment, et c’est celui qui donne son titre à cet article.



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Maxence Vitelli





Il y a 14 contribution(s) au forum.

New Order : "Power, corruption and lies"
(1/7) 4 mai 2011, par Initiative Zarma
New Order : "Power, corruption and lies"
(2/7) 30 avril 2011
New Order : "Power, corruption and lies"
(3/7) 30 avril 2011, par Initiative Zarma
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(4/7) 29 avril 2011, par QPUC
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(5/7) 29 avril 2011, par Audrey Horne
New Order : "Power, corruption and lies"
(6/7) 29 avril 2011, par Candy Raton
New Order : "Power, corruption and lies"
(7/7) 29 avril 2011, par Le Corso




New Order : "Power, corruption and lies"

4 mai 2011, par Initiative Zarma [retour au début des forums]

Pour l’anecdote, dans les déclinaisons des branches plus ou moins bâtardes de la New Wave, on aurait pu rajouter la "No Wave", microphénomène New Yorkais de durée relativement faible ayant engendré des artistes obscurs mais originaux comme James White, Bush Tetras, Glenn Brenca ou Lounge Lizards.

Tuxedomoon y a parfois été associé bien que venant à l’origine de la cote Ouest.

En terme de ventes cumulées tout ce petit monde doit peser autant que le dernier album Michele Torr, peut-être moins, mais exhaustivité oblige...

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    Whitsundays

    22 février 2012, par neema [retour au début des forums]


    Whitsundays
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New Order : "Power, corruption and lies"

30 avril 2011 [retour au début des forums]

L’emballage de cet album est sublime et son contenu l’est tout autant. Ça doit faire 25 ans que je l’aime ultraviolemment celui-là !

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New Order : "Power, corruption and lies"

30 avril 2011, par Initiative Zarma [retour au début des forums]

Merci de rappeler quelques fondamentaux...

La New Wave 1976-81 s’inscrit résolument dans un courant rock, et s’adressait à un public relativement averti.

La suite s’inscrit progressivement dans une approche à mi chemin entre la variété (Pour l’accessibilité très/trop grand public) et le disco - (parce que c’était quasi-systématiquement dansable) pour finir en truc pour les gamins de 10 ans de l’époque.

Malgré une appellation commune les deux periodes n’ont pas grand chose sinon rien en commun.

Un peu à l’image de la mutation du groupe Ultravox avec John Foxx, puis Midge Ure aux commandes.

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New Order : "Power, corruption and lies"

29 avril 2011, par QPUC [retour au début des forums]

Placer « La new wave, c’est tout autre chose. » en fin d’article serait plus judicieux.

1) Comment se fait-il qu’avec internet, les rééditions et les nombreux livres sur le sujet, ce qui s’est passé entre 1976 et 1984 sous l’étiquette "new wave" est toujours incompris chez nombreux "critiques" francophones ?

2) Qui donne encore du crédit à l’auteur d’un papier qui utilise "cold wave" pour désigner des groupes anglais ?

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New Order : "Power, corruption and lies"

29 avril 2011, par Audrey Horne [retour au début des forums]

Ah, sh*t ! Moi qui pensais que la new wave, c’était Jimmy Somerville ! :D

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New Order : "Power, corruption and lies"

29 avril 2011, par Candy Raton [retour au début des forums]

Duran Duran, "le pire".
Voilà qui va faire plaisir au patron ;-)

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    New Order : "Power, corruption and lies"

    29 avril 2011, par William Lemerdier [retour au début des forums]


    Ce Maxencen’existe pas. C’est Delvaux qui s’amuse en se rassurant.

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    New Order : "Power, corruption and lies"

    29 avril 2011, par Humphrey [retour au début des forums]


    Même si j’aime certain(s) de ces pires, je tombe d’accord avec cette façon de voir les choses -ceux qui n’aiment pas l’idée même de classification prendront le train.
    Trier paraît être un travail sur soi avant tout, et on le fait généralement pour son usage personnel ; l’auteur de cet article s’expose courageusement (alors qu’il paraît que c’est fort mal rémunéré) manifestant au passage, mine de rien, des impatiences insensées à l’égard de son employeur (mon dieu toucher à DD, ici !!!). Moi je dis bravo & merci.

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New Order : "Power, corruption and lies"

29 avril 2011, par Le Corso [retour au début des forums]

J’aime cet article et, quand on le lit jusqu’au bout, on a vraiment envie de se procurer le dit album.

Personnellement, j’ai du mal à classer des groupes comme ABC avec The Cure par exemple, même dans leur période pop. J’ai toujours trouvé ce terme abusif, recouvrant trop de choses sans réels liens. ABC et consorts sont plus de la pure pop, pour moi, qui a juste chopé l’héritage de Kraftwerk etc.

Mais bon, comme Schopi le disait si bien, l’art - et surtout la musique - n’est ni définissable, ni soumis à la catégorisation.

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    New Order : "Power, corruption and lies"

    29 avril 2011, par fabrice [retour au début des forums]


    ABC a un point commun avec d’autres groupes new wave bien différents comme Japan, Spandau Ballet, Psychedelic Furs et Simple Minds, c’est le côté sous-David Bowie/Bryan Ferry assumé. Les poses, la frime, le côté pop-star en costard...

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      New Order : "Power, corruption and lies"

      30 avril 2011, par Le Corso [retour au début des forums]


      Tout ça c’est un peu le côté pop, mais je te l’accorde ; ce sont de pâles copies. Enfin, Simple Minds a fait quand même quelques bonnes choses (Real To Real Cacophony, au moins).

      J’adhère pas trop aux autres, je suis plus du côté Depeche Mode, Front 242, Einstürzende Neubauten et consorts du genre.

      le mèyeur group de niou wèv c indochine tfasson lol mdr xd

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