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The Divine Comedy : "Fin de siècle"
Un peu de finesse dans un siècle de brutes

jeudi 4 mars 2010, par Boris Ryczek

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Il peut paraître curieux de chroniquer Fin de siècle en 2010, avec dix ans de retard. Pourtant, ce disque le mérite. Parce que, malgré ses défauts (ou justement grâce à eux) il est le préféré de bon nombre de fans de Divine Comedy.

Nous sommes en 1999, dans un aéroport. Le 11 septembre n’a pas eu lieu. De profil avec ses lunettes noires, son début de calvitie et son imparable flegme binoclard, Neil Hannon semble attendre la suite des événements. En attendant, Fin de siècle va dresser un court bilan d’un début de vie, et quelques tableaux, quelques impressions d’une fin de siècle.

Paradoxalement, c’est un (faux) hymne qui ouvre la danse : l’indispensable Generation Sex, constat d’échec d’un certain féminisme, où les deux sexes en prennent pour leur grade. Exubérant, délicieusement ironique, le morceau trouve son écho avec National Express, sixième piste. Ces deux singles permettent à Neil Hannon d’assumer son rôle de crooner pop aux mélodies enjouées, solidement établi depuis Becoming More Like Alfie.

Le reste de l’album surprend par sa gravité. Commuter Love met en scène un timide maladif, obsédé par une inconnue. Cette ballade se caractérise par ses arrangements inattendus, tout en retenue et en finesse. Avec un étrange accordéon, évocatoire des aléas du coeur. Pur joyau, elle trouve elle aussi son écho avec Life On Earth, monologue sur la mort, rappelant Timewatching, ou The Dogs And The Horses, qui assombrissaient déjà Liberation et Casanova.

C’est à la fin du disque que Fin de siècle révèle ses meilleurs moments. Avec The Certainty Of Chance, Neil Hannon signe le plus ambitieux de ses singles : une espèce de longue aria pop orchestrale, s’achevant en monologue parlé. Basée sur l’image canonique du papillon déchaînant des tornades de son battement d’aile, elle illustre en quelques phrases la difficulté d’aimer et de se faire comprendre. Aveu en forme de bilan, tableau paradoxal d’une hyper médiatisation n’empêchant pas l’isolation, célébration du hasard et de ses troubles, ce morceau est sans nul doute celui qui respecte avec le plus de brio le programme annoncé dans le titre de l’album.

Sunrise achève l’ensemble en reprenant les choses au commencement : une enfance marquée par un massacre, celui de Derry, en 1972, plus connu sous le nom de "Bloody Sunday". Grâce notamment à sa performance vocale enlevée, qui demeure peut-être la plus époustouflante de toute la carrière de The Divine Comedy, cette conclusion n’a pourtant rien de plombant, et réussit même à être une belle leçon d’optimisme : un appel à la paix, une ouverture au monde de demain, à un nouveau siècle durant lequel une réconciliation lumineuse serait possible.

Bien sûr, l’album comprend son lot d’exagérations (Sweden, Here Comes The Flood) et d’exercices de style douteux, comme Thrillseeker, inutile démonstration d’un savoir-faire de rocker un tantinet surestimé. Mais pour les quelques titres cités plus tôt, et la manière élégante dont ils sont agencés, il parvient à ses fins et trouve, du moins, sa place parmi les meilleurs albums de la fin des années 90.



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Boris Ryczek





Il y a 3 contribution(s) au forum.

The Divine Comedy : "Fin de siècle"
(1/3) 5 mars 2010, par lkj
The Divine Comedy : "Fin de siècle"
(2/3) 4 mars 2010, par Bodson
The Divine Comedy : "Fin de siècle"
(3/3) 4 mars 2010, par HB




The Divine Comedy : "Fin de siècle"

5 mars 2010, par lkj [retour au début des forums]

Fin du grand Neil Hannon avec ce disque. C’est pas une daube mais on est très loin de la qualité des enregistrements précédents. Je ne savais pas que c’était le préféré des fans...

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The Divine Comedy : "Fin de siècle"

4 mars 2010, par Bodson [retour au début des forums]

Pour moi, c’est l’album qui est malheureusement charnière entre trois albums superbes (jamais pu départager "Promenade", "Libération" et "Casanova", et il n’y a aucun intérêt à le faire d’ailleurs) et d’autres qui m’ont vraiment laissé de marbre.
Mais en effet sympa de revenir sur Divine Comedy.

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The Divine Comedy : "Fin de siècle"

4 mars 2010, par HB [retour au début des forums]

Oui, bien vu. Flash-back absolument mérité.

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