|
|
The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" Meilleur album de la décennie ? vendredi 14 novembre 2003, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Meilleur album de l’histoire pour quelques uns, de la décennie pour de nombreux autres, et de l’année 95 pour une écrasante majorité. Encensé par David Bowie en personne. Composé par le perturbé Billy Corgan. Dominé par la basse destructrice de D’Arcy Wretzky et pilonné par le batteur Chamberlain. Produit par les célèbres Flood et Alan Moulder. Les compliments et titres de noblesse ne manquent pas pour cette œuvre monumentale, qui a marqué les années 90 d’une empreinte, à mon sens, bien plus profonde et durable que Nevermind, tout en connaissant le même succès commercial (avec près de 11 millions d’exemplaire vendus), et a transformé ce qui était auparavant un groupe alternatif relativement reconnu en monstre absolu du rock’n roll, nouveau détenteur provisoire du qualificatif de "plus grand groupe du monde".
Mellon Collie est un album quasi-impossible à appréhender dans sa globalité. Trop inspiré, trop complexe, trop audacieux. On perçoit sans le moindre doute qu’il s’agit d’une œuvre majeure de la musique des 30 dernières années, mais comment cerner les éléments particuliers qui permettent à cet album de se montrer digne d’un tel honneur ? Sans doute sont-ils trop englués dans les méandres obscurs que ce chef d’œuvre emprunte, ou ce dernier ne serait-il en fait constitué que d’éléments vitaux et magnifiques, ceux d’une réussite absolue, cohérente d’un bout à l’autre, et regorgeant de tant de richesses et de surprise que leur simple énumération deviendrait vite fastidieuse ? C’est un disque mégalomane, porté à bout de bras par son géniteur, soutenu de manière si secondaire et pourtant si primordiale par les musiciens du groupe. Un double-album composé de 28 chansons, divisé en deux sections Dawn to dusk et Twilight to starlight, sur lequel personne n’aurait osé parier un centime, à une époque où le rock se devait d’aller au plus direct et de ne pas assommer ses auditeurs avec des mises en scène dignes de plus prétentieux rejetons de l’époque classique du progressif. Et pourtant ! Les Smashing pumpkins osent exprimer leur mal-être et celui d’une génération entière à travers un son sale et gras, véritablement garage-rock, aéré par des orchestrations classiques grandiloquentes et célestes. Mais ce n’est qu’une facette parmi d’autres de la musique du groupe. S’il y a néanmoins une constante sur cet album, c’est la dépression inhérente à presque chaque plage. Si le titre n’était pas suffisamment parlant, l’introduction au piano du premier disque se charge de démontrer que l’heure n’est pas à la gloriole ni à l’autosatisfaction. Avec ses textes poétiques et métaphoriques, Corgan a su toucher à l’âme une génération déboussolée, inquiète de l’avenir, ayant perdu le militantisme de ses aînés sans avoir complètement plongé dans le consumérisme et le "tout-tout de suite" des années 80. Que cette dépression soit mélancolique, déchaînée, rêveuse ou même caricaturée, elle est là, imprégnant chaque phrase lâchée par la voix nasillarde et écorchée de l’éminence grise des citrouilles. Tonight, tonight et son superbe clip en hommage à Méliès plonge déjà dans la rêverie corganienne désenchantée. S’ensuit un convoi de morceaux immortels, ceux que l’on ne peut pas ignorer dans la discographie des Smashing : l’enchaînement Jellybelly, Zero, Here is no why et le terrifiant Bullet with butterfly wings. Plus guère de trace de recueillement maussade ici, l’heure à la fureur ! Un rock bruyant, hargneux et emporté, un cri de douleur contre l’aliénation et le refus d’accepter la vacuité d’une existence commune à tous. Les chansons suivantes diminuent progressivement la violence du propos et du son, et parviennent néanmoins à surprendre en plongeant subitement dans les brumes cotonneuses de Cupid de locke. Et l’album se clôt sur de superbes balades brumeuses, telles Porcelina on the vast oceans, qui virent à la berceuse sans illusions avec Take me down. Si on parvient à résister à l’envie pressante de relancer l’album pour subir à nouveau les assauts sonores du groupe de Chigago, on n’a d’autre choix que d’enfourner le deuxième disque dans la platine. A l’exception du sinistre (bien entendu…) 1979, les pistes immédiatement reconnaissables sont ici moins nombreuses, et le groupe sort encore davantage des sentiers battus que sur Dawn to dusk. Chansons faussement optimistes (Thirty-three) introduisant des parpaings noisy-rock saturés (Tales of a scorched earth), des délires distordus sous acide (X.Y.U) avant de virer vers un genre de music-hall plutôt glauque, presque gothic-horror, sur We only come out at night ou Beautiful. On peut à nouveau reprendre son souffle alors que, comme sur son jumeau, ce disque s’assoupit en balades de plus en plus calmes et délicates. Il y a du progressif là dedans. Il y a également du garage-rock. Mais aussi du folk, de la pop, du metal, du gothique, de la musique classique, de la musique expérimentale, et tant d’autres choses. Mais par dessus tout, il y a du génie à l’état pur, et des musiciens brillants même si trop effacés. Les Smashing pumpkins avec ce double album vaguement concept, si uni et pourtant si éclectique, ont gagné haut la main leur place au panthéon des œuvres rock du 20ème siècle, aux cotés de pointures comme The wall ou Quadrophenia, avec sans doute encore plus d’inventivité, d’émotion et d’accessibilité. Les Smashing pumpkins avaient tant à dire et à composer à l’époque. Panne d’inventivité ? Mauvaise promotion ? Mauvais timing ? Fluctuations du line-up ? Relations conflictuelles avec les maisons de disques ? On se demande toujours pourquoi Adore et Machina n’ont pas eu le succès critique et commercial escompté. Peut être n’était-il pas possible d’atteindre de tels sommets deux fois de suite... |
|||
|
|
|
Il y a 26 contribution(s) au forum. The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(1/13) 31 janvier 2013, par bunga The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(2/13) 4 mai 2008, par tahitiboy The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(3/13) 11 juillet 2007, par max The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(4/13) 12 juin 2007 The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(5/13) 16 septembre 2006, par relayer The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(6/13) 4 mai 2006 > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(7/13) 31 mai 2005, par lkj > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(8/13) 8 avril 2005, par seiji > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(9/13) 14 avril 2004, par drums > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness"
(10/13) 10 février 2004, par smash > Mellon Collie and the infinite sadness
(11/13) 16 décembre 2003, par alan b yond > Mellon Collie and the infinite sadness
(12/13) 18 novembre 2003, par MM > Mellon Collie and the infinite sadness
(13/13) 17 novembre 2003, par Xavier |
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 31 mai 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Effectivement, il y a sans doute plus sale et saturé que le son de Mellon Collie. Mais à la base, je trouve que de nombreux morceaux s’en rapprochent. Seule la production ne suit pas (ou plutôt suit trop bien... !)... > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 8 décembre 2005, par un type qui se la raconte pas avec "uiiii gish au moins, c’était pas commercial" [retour au début des forums] dire de la merde > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 15 mars 2007, par Phil [retour au début des forums] Laisser tomber les smashing pumkins avec Mellon Collie...c’est fou de lire ça ! je pense à du masochisme ou de la démagogie mais rien de bien réel, c’est pas possible. Quand le nectar arrive c’est dommage de le jeter non ?
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 15 mars 2007, par 7 ALM [retour au début des forums] A part certains trentenaires nostalgiques et peut-être quelques ados tout juste sortis de Linkin Park, qui écoute encore les Smashing Pumkins ? > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 22 novembre 2007, par Bellie [retour au début des forums] A chacun son désir... J’adore les Pumpkins, certes très nostalgiques, mais je croix que nous sommes nombreux à aimer ce genre. C’est pas un groupe pour tout le monde, c vrai, mais on s’en fiche... puisque c pas pour une soirée ni pour écouter en boite qu’on fait appel aux Pumpkins, c plutot chez soi, dans l’intimité, donc... pourquoi s’inquiéter s’ils passent pas à la radio ??
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 26 novembre 2004, par Leyon [retour au début des forums] Mellon Collie meilleur que Siamese Dream ?
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 26 novembre 2004, par Bono ZeEdge [retour au début des forums] J’ai exactement la même opinion. Je n’ai jamais compris les super critiques concernant Adore par exemple, qui pue l’ennui intégral. Siamese et le premier n’ont pas pris de rides, alors que Mellon Colie on ne peut pas en dire autant. > The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 15 mars 2007, par Phil [retour au début des forums] Adore est absolument fascinant, trouver de l’ennui là dedans c’est avoir des oreilles dépourvues de sensations...enfin la critique de télérama à l’époque avait été éloquante et avait trouvé Adore comme étant une pure merveille...je les rejoins sans hésiter.
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 4 janvier 2006, par bloomellow [retour au début des forums] perfectly right... je ne l’ai plus depuis quelques temps, et il me manque terriblement.. La nostalgie de cet opus -vague cousine de la mélancolie, fait son oeuvre sur moi .. j’adore aussi la pochette de Mellon Collie, faussement christmas time..c’est un album pour les anges écorchés, que je vais me racheter très très vite
> The Smashing Pumpkins : "Mellon Collie and the infinite sadness" 10 février 2004, par Marc Lenglet [retour au début des forums] Pas dans le sens mauvais, pas de panique...
> Mellon Collie and the infinite sadness 26 novembre 2004, par leyon [retour au début des forums] Allez, je vais quand même être sympa : j’accepte la comparaison difficile avec disintegration (juste pour l’esprit créatif et l’atmosphère) > Mellon Collie and the infinite sadness 30 octobre 2010, par dawson71 [retour au début des forums] je suis d accord avec toi melon colie est un album bouleversant concu par un genie creatif ,mais siamese dream et adore sont deux album genial aussi mais differant ,ce qui est domage dans melon colie c est la voix nazzillarde de billy mais il le fait expret car dans siamese dream il chante bien
> Mellon Collie and the infinite sadness 16 septembre 2004, par wreckmaster [retour au début des forums] ... juste derrière "adore" !!! La preuve ? Ben écoutez le (car si vous en doutez, c’est que vous ne l’avez pas écouté !)
|