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30 Seconds To Mars : "A beautiful lie" Requiem for a Fight Clubber mercredi 23 novembre 2005, par |
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30 Seconds To Mars, c’est avant tout le groupe formé par l’acteur Jared Leto dont les cinéphiles auront déjà pu apprécier le talent notamment dans Requiem for a Dream, Fight Club, Panic Room ou Alexandre. Pouah ! Un hobby de sale môme friqué ! s’empresseront de hurler certains. Que nenni ! L’implication de l’acteur dans ce projet est totale. Pour preuve une tournée non-stop de 300 concerts étalés sur 18 mois, et son rôle prédominant dans le groupe en tant que vocaliste, guitariste, compositeur et parolier. Mais est-il vraiment possible de cumuler ainsi les talents comme un politicien cumule les mandats ? Apparemment, oui.
Le premier album de la formation, une espèce de psycho-space-prog, a été encensé un peu partout lors de sa sortie. Face à ce succès surprise, la réaction de Jared Leto a été de celles qui forcent le respect : prendre du recul et passer à autre chose pour l’épreuve casse-gueule du deuxième album. Loin des considérations métaphysiques du premier disque, celui-ci est recentré sur des considérations plus personnelles et intimes. Et le genre pratiqué est également fortement différent, puisqu’on a ici l’impression d’entendre Robert Smith s’initier au néo-metal progressif. Vous êtes autorisé à relire la dernière phrase pour essayer de comprendre ce qu’elle signifie. La première chanson, Attack, qui est également le premier single, m’a accroché instantanément, même si elle m’a fait un peu peur. On aurait dit du bon Linkin Park, du Linkin Park pour adultes, exempt de toute pseudo-furia adolescente (et aussi exempt de rappeur). Jared Leto décrit les errements de sa génération, et non de celle plus jeune de 10-15 ans. Ca donne forcément un peu plus d’impact à ses compositions. Cette impression sera confirmée par des titres comme The kill ou From yesterday. Entrée en matière convaincante, donc, mais il faut tout de même attendre le deuxième titre, A Beautiful Lie, pour être totalement rassuré sur l’entreprise de Jared Leto. La progression et la rythmique de ce titre prennent aux tripes. Apparemment, on aurait affaire à un artiste indépendant. Un peu plus loin, sur Was it a Dream ?, une vague impression provoquée lors des titres précédents par le son de la basse et certaines intonations vocales se mue en certitude : Jared Leto a beaucoup écouté The Cure quand il était petit ! Cette chanson a l’air tout droit sortie de 17 Seconds ou Faith. Rebelote avec The story qui emprunte aussi à U2 (le bon U2, le vieux, celui des années 80). On a même droit, avec The Fantasy, à un titre qui mériterait bien sa place sur un vieux vinyle de Police. Et pour brouiller encore un peu plus les cartes, quelques sonorités post-rock traînent ici et là. Ca fait beaucoup d’influences, tout ça. Et parfois tellement visibles qu’on peut légitimement se demander si l’album a encore une âme, ou n’est qu’un condensé de tout ce à quoi le petit Jared a été biberonné. Mais comme déjà dit plus haut, il semblerait bien qu’on ait affaire à un artiste intègre et indépendant (à comprendre : un type qui n’a pas de problèmes financiers et n’ambitionne pas de concurrencer Mick Jagger ou Bono en terme de popularité et chiffre de vente). 30 Seconds To Mars parvient dès lors à brasser ces influences sans y être asservis, et parvient à dégager sa propre ambiance, à la fois énergique et contemplative, en partie au travers de textes reflétant les interrogations d’un homme arrivé à un croisement de sa vie, et qui hésite au bord du changement. Presque conceptuel dans le fond, l’album parvient à maintenir le juste milieu entre textes personnels et généralités basiques faciles à s’approprier. On n’est toutefois pas en présence de la merveille ultime, de la quintessence du neo-metal. L’interprétation, sans être quelconque, reste basique. La production, bien qu’efficace (l’objectif avoué était de restituer une sorte de « premier jet » et de ne pas s’embarrasser de fioritures), est sans grands éclats. L’album n’est par ailleurs composé que de 10 chansons ne dépassant jamais les 4 minutes 30 (ce qui fait malheureusement un peu court au final). Mais si ce disque parvient à conserver sa place dans la platine, c’est par l’énergie directe qu’il communique, et par la sensation agréable de voir un genre a priori destiné aux pauv’s malheureux prépubères rebelles et incompris investi par un groupe plus mature, plus posé, plus réfléchi, et qui sait s’inspirer des plus grands sans devoir les copier honteusement.
D’autres grands acteurs se sont déjà tournés avec succès vers la chanson. La preuve.
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Il y a 4 contribution(s) au forum. 30 Seconds To Mars : "A beautiful lie"
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