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Amiina : "Kurr" Takk, les filles samedi 8 septembre 2007, par |
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Connu pour avoir accompagné Sigur Ros sur scène en tournée, le quatuor Amiina sort aujourd’hui son premier disque : une pop délicate, feutrée, ambiante, assez éloignée (mais pas trop quand même) de la musique inclassable de leurs compatriotes islandais. C’est l’occasion de voir si le groupe peut se permettre de survivre en dehors de l’ombre du grand frère...
Commençons par régler le problème de la parenté avec Sigur Ros. Alors, oui, la filiation est évidente, en ce sens que Amiina ne donne pas dans le punk simpliste ni dans le post-core qui vous arrache les cloisons de l’appart. Nul doute que ceux qui sont envoûtés par ces ambiances étirées à l’infini, par ces mélopées cotonneuses y retrouveront leurs jeunes. Par contre, on ne trouvera pas chez Amiina ces structures impossibles, ni cette expérimentation qui ont permis d’accoler le terme post-rock à la musique des Islandais. La musique du quatuor se cantonne, dira-t-on, à une pop plus facile d’accès. Pas simpliste (elles ne font pas que plaquer trois accords), pas radiophonique (l’album est essentiellement instrumental), mais assez easy-listening et très coulant et immédiat. On évite, Dieu merci, l’orgie de cordes et de délires larmoyants pseudo-emphatiques que l’on aurait légitimement pu craindre avec un tel line-up (votre serviteur ne s’est toujours pas remis de son complexe anti-symphonique occasionné par l’écoute du dernier album de The Divine Comedy). Au contraire, si elles sont peaufinées et ciselées avec le plus grand soin, les compositions d’Amiina n’en demeurent pas moins minimalistes et pensées pour aller directement au cœur de la chanson. Conséquence bienvenue : l’émotion pointe régulièrement le bout de son nez, et Kurr a vite fait de vous plonger dans une humeur mélancolique. On n’osera toutefois pas parler d’un album émouvant, poignant ou empreint d’une sensibilité à fleur de peau. Peut-être est-ce dû aux compositions en elles-mêmes, peut-être est-ce dû à une production trop proprette et trop lisse ? Toujours est-il qu’on ne se sent jamais bouleversé par la musique, impliqué dans son écoute. L’album est plaisant, c’est certain. Il est bien foutu, on n’en doute même pas. Il vit très bien en dehors des liens avec Sigur Ros et aurait mérité d’être sorti indépendamment du parcours de ses interprètes, on n’a jamais dit le contraire. Et certains titres sont carrément des petits joyaux dans leur catégorie (Rugla). Mais... Mais ce qui manque finalement à ce petit album cosy (et, on le répète, très réussi, il ne s’agit pas d’une œuvre froide et impersonnelle), c’est un effet de surprise. Ecouté en fin de soirée, ce disque passera inaperçu, se fondra dans la nuit et l’obscurité, et c’est ça qui dérange. Même s’il n’ennuie jamais de tout le long, il ne monopolise pas l’attention, ne donne pas envie de couper la parole à son interlocuteur pour profiter d’un passage ou d’une chanson en particulier. Nul doute que le groupe ne cherchait rien d’autre qu’à proposer ces ambiances détendues et relaxantes et est parvenu à son objectif, mais on a parfois le sentiment qu’il y avait moyen de tirer de ces musiciennes quelque chose de plus puissant. Le premier album de Edda Rún Ólafsdóttir, Hildur Ársælsdóttir, María Huld Markan Sigfusdottir et Sólrún Sumarliðadóttir (lisez à haute voix, cinq fois de suite, de plus en plus vite) pèche finalement peut-être par son manque d’ambition. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Amiina : "Kurr"
(1/2) 10 septembre 2007, par evil_tof Amiina : "Kurr"
(2/2) 8 septembre 2007, par ex prof |
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