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Archive : "Lights" Again... Again... Again... Again... vendredi 9 juin 2006, par |
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Cet album était déjà un objet de curiosité avant même de débouler dans les bacs : un groupe avec une carrière en dents de scie, des références tous azimuts, un son prompt à rameuter tant le vieux fan du Floyd que ceux qui ne jurent que par l’électro et les machines, une vision de la musique intéressante et personnelle et, pour couronner le tout, des bouleversements internes qui peuvent tuer une carrière tout comme ils peuvent la relancer. Même si l’optimisme n’était pas vraiment de mise, la possibilité d’une bonne surprise n’était pas forcément exclue. Place au verdict, mais après un petit gerbatorium.
Car cette fois-ci, Warner fait fort. C’est que, voyez-vous, les p’tits gars du service « promo » ont un travail très délicat. D’un côté, leur objectif est que vous écoutiez ce nouvel album d’Archive. Dans ce cadre, Pop-Rock n’est qu’un outil de promotion, un média publicitaire, dans leur esprit. Soit. Mais d’un autre côté, ils poursuivent l’objectif que vous découvriez cet album par des moyens prétendument légaux (en fait, des moyens qui leur rapportent de l’argent). Et le problème, c’est que les médias qui reçoivent un exemplaire promotionnel du disque ont parfois la tentation de faire profiter au plus grand nombre de la chance qui est la leur de recevoir des paquets de CD chez eux. Eh oui, il existe, paraît-il, certains journalistes qui ont l’outrecuidance de mettre à disposition les disques qui leurs sont adressés sur des sites de téléchargements illégaux (gratuits, autrement dit). Vous rendez-vous seulement compte de la gravité de la situation ? Non seulement il se peut qu’un album soit disponible sur internet quelques jours avant sa sortie officielle, mais en plus, il se peut que des gens qui ne l’auraient de toute façon pas acheté puissent quand même l’écouter. Il existe fort heureusement des moyens pour lutter contre cette cause exclusive du nivellement par le bas de la production musicale et de la mise au chômage de tout groupe non susceptible de remplir des stades 18 mois de suite. Tout d’abord, la prévention. Elle consiste à rendre impossible à lire certains CD sur certains lecteurs, principalement les auto-radios. Mais quand la prévention ne suffit pas, alors on passe aux sanctions, on passe un coup de Kärcher, on saque dans la racaille, on punit le pirate et on le pend à la grande vergue. En fait, une fois par an, on attrape un adulescent qui télécharge un peu plus que la moyenne et on le fait payer pour tous les autres. Mais dans ce triste paysage, Warner semble avoir trouvé la solution : menacer le chroniqueur, pardi. Après tout, c’est à cause de lui que tout ça a commencé. Sûr que la majorité des albums disponibles via les réseaux peer-to-peer, c’est à lui qu’on la doit. Le problème, c’est qu’on a quand même un p’tit peu besoin de lui. Alors, ce qu’on va faire, c’est accompagner l’album d’une jolie lettre qui va expliquer bien gentiment qu’il existe une sorte de traceur sur le CD, et que si, par malheur, on uploadait le contenu de cette triste rondelle sur un site de téléchargement pirate, les pires tourments nous tomberaient dessus, à côté desquels les plaies de l’Egypte ne sont qu’une pichenette. De la vérole aux poursuites judiciaires en passant par les amendes, la prison à vie, la victoire du PS à Charleroi lors des prochaines élections communales, rien ne nous serait épargné. Et c’est sans compter la visite-surprise de l’huissier et des deux malabars armés de battes de base-ball et autres joyeusetés. Paranos, chez Warner ? Non, prévoyant. C’est le chroniqueur, par contre, qui devient tout doucement parano. Non pas qu’il ait osé enfreindre la sacro-sainte règle de non-prolifération de la culture musicale, mais il se sent épié. D’accord, il a consommé un peu trop de séries américaines et de films d’espionnage, mais est-il totalement invraisemblable qu’un programme se soit insidieusement auto-installé sur son PC, espionnant ses errements sur le net, étudiant ses goûts musicaux, décryptant sa personnalité ? D’ailleurs, il parait bizarre, ce CD. Ne va-t-il pas s’auto-détruire après un nombre déterminé d’écoutes ? En plus, il y a une étiquette avec un nom sur ce CD, le nom du Rédac’ chef (une autre précaution ingénieuse de Warner, pour créer un lien d’attachement, voire engendrer un sentiment de culpabilité, à moins qu’il ne s’agisse encore d’un système de traçabilité). Si le CD se rend compte que quelqu’un d’autre l’écoute, ne va-t-il pas s’auto-éjecter à grande vitesse de la chaîne hi-fi pour scalper toute personne non autorisée ? Ce serait peut-être préférable de signer cet article sous un faux nom, ou même sous le nom du Rédac’ chef, mais après bonjour les ennuis avec notre éminent service comptable qui me ferait les pires ennuis pour me rémunérer de cette chronique, qui est par ailleurs fort longue (mais le mois est difficile et comme on est payé à la ligne...). Bref, peut-être en avez-vous assez de ce babillage, de cet auto-apitoiement stérile et vain ? Peut-être souhaiteriez-vous que soit abordé le fond du sujet, à savoir Lights ? C’est délicat. Parler de cet album ne revient-il pas à diffuser son contenu ? N’y a-t-il aucun risque de poursuite à décrire la musique de cet album ? Déjà que pour éviter toute diffusion indirecte, ce disque n’a été écouté que dans une pièce insonorisée et en l’absence de tout représentant des espèces humaine, animale et végétale... Notez, ce serait toutefois dommage de ne pas parler d’Archive, car c’est un groupe qui vaut quand même le coup d’oreille. Ne serait-ce que pour You all look the same to me, leur troisième album, celui qui les a fait connaître au grand public, et ce grâce à un titre magique, Again. Un titre tellement ébouriffant que le seul reproche que l’on pouvait émettre à l’encontre de l’album était de ne pas être tout le long du même niveau. Recyclant Pink Floyd tout en brassant les vieilles recettes pop, les ambiances trip-hop et la modernité électro, Archive avait, sur cet album, défini un son, trouvé une identité. La suite s’est avérée moins glorieuse avec une bande-son pour le film Michel Vaillant qui était la seule chose potable dans cette ridicule adaptation des aventures du héros créé par Jean Graton, mais surtout avec un Noise qui cumulait toutes les tares possibles et imaginables, parfait condensé de tout ce qu’il ne faut pas faire après un gros succès commercial. Dès cet instant l’impression s’est faite tenace que le groupe n’avait plus rien à dire et n’avait plus qu’à se contenter d’aligner encore et toujours le même genre de titres jusqu’à mourir de sa belle mort. Car comment pouvait-on trouver la moindre originalité dans cet opus ? Si, à défaut d’originalité, Archive avait au moins eu la décence de soigner les compos, on aurait pu leur pardonner, mais derrière le packaging travaillé et la production luxueuse, il n’y avait, au grand maximum, que deux chansons et demie à sauver. Et que dire de ce chant ? Craig Walker ne s’est jamais posé comme un modèle de technique et de maîtrise, mais il savait se faire poignant et frôlait même le sublime sur You all look the same to me avec ses lignes de chant bouleversantes qui hanteront encore longtemps les oreilles des amateurs. Sur Noise, il est tout simplement horripilant et se montre puant d’arrogance mal placée. Certains ont cru que son départ du groupe sonnerait la fin d’Archive, c’était peut-être la meilleure chose qui puisse arriver. Bon, évidemment, son remplacement est une affaire délicate. La notoriété du groupe étant survenue suite à l’arrivée au sein de la formation de Walker, il fallait trouver un remplaçant qui ne jurerait pas avec l’orientation prise par le groupe et qui pourrait assurer la continuité de son œuvre. Le choix de Pollard Berrier semble judicieux, à défaut d’être audacieux. La ressemblance avec la voix de son prédécesseur est marquante. Quoiqu’un peu moins expressive, elle s’avère tout aussi plaintive, traînante, un peu nasillarde. Elle ne perturbera pas les fans du groupe. Mais elle peut aussi s’envoler dans les aigus de manière un peu plus convaincante et on ne doute pas qu’avec le temps, si le bonhomme parvient à trouver ses marques, il pourra imprégner une marque toute personnelle à la musique du combo. A noter également que le groupe n’a pas perdu la bonne habitude de faire accompagner son vocaliste, sur certains titres, par une talentueuse invitée dont les interventions collent parfaitement au propos.
Mais un nouveau chanteur, aussi sympathique puisse-t-il paraître, ça ne suffit pas à rassurer une horde de fans transis, meurtris par le départ de la figure de proue du groupe, ni à affronter une cohorte de mauvaises langues attendant de pouvoir ricaner sournoisement devant la nouvelle fournée de ces rentiers de la chanson (une bonne chanson et hop, on acquiert une solide réputation, et on peut fourguer un album minable, une B.O. et un live). Conscients d’être ainsi attendus au tournant tant par les amateurs que par les détracteurs, Darius Keeler et Daniel Griffiths n’avaient d’autre choix que de nous pondre un grand album. Si Lights ne parvient pas à rejoindre, du moins constamment, les hauteurs de You all look the same to me, il s’en approche grandement et laisse bien loin derrière lui le souvenir nauséeux de Noise. On retient son souffle durant les premières secondes de Sane, qui ouvre l’album. Et dès que retentit cette batterie mécanique et qu’intervient ce clavier saturé, émerge le souvenir de Finding it so hard, l’autre morceau-fleuve de You all look the same to me. Les choses semblent claires : Archive n’a pas l’intention de se réinventer. La tenue de ce premier titre ainsi que du second confirment cette impression avec ce toujours habile mélange de rock, de psychédélisme, d’électro et d’ambiant. On n’est pas secoué d’autre surprise que celle que cause la qualité de ces chansons qui font plonger illico dans l’univers désenchanté du groupe, qui décline toujours à sa manière le besoin de réconfort et de chaleur dans un univers déshumanisé. Les chansons de deuil de Craig Walker, qui arracheraient une larme au dernier des insensibles, ne sont pas hypocritement photocopiées, mais leur ambiance est prolongée et, sous les chipotages électroniques, les programmations et les rythmiques métronomiques, une chaleur humaine, mélange de pulsions animales, de désespoir, de révolte, de mélancolie se diffuse et prend insidieusement le dessus. L’album expose donc ses contradictions, alternant électro-rock énergique et épure, jusqu’à nous conduire à son point central, le long titre éponyme. Quand on constate sur un album d’Archive la présence d’une longue chanson, on a vite fait de se renfrogner. D’un côté, le groupe a explosé aux yeux du grand public avec un album qui contenait tout de même deux chansons de plus de quinze minutes, ce qui est déjà un exploit en soi. Mais d’un autre côté, on pouvait légitimement craindre que la présence d’une composition à rallonge devienne un gimmick obligatoire pour tous leurs albums, comme l’ont démontré Waste et ses dix minutes sur Noise. Dans le cas de Lights, on détient même le record avec dix-huit minutes. Voilà donc une chanson qui occupe presque le tiers de l’album, et qui en plus se paie le luxe d’être répétitive, nonchalante, sans vraiment varier les ambiances (on commence par un crescendo instrumental de neuf minutes). Nulle, donc ? Non, magnifique au contraire. Car là où on pouvait craindre l’ennui et la lassitude, cette mélodie envoûtante et triste à en mourir nous happe pour ne plus nous lâcher. Quand la voix apparaît, c’en est définitivement trop : « It hurts to feel / It hurts to hear / It hurts to face it / (...) / It hurts to remember / It hurts to hold on ». Archive a gagné son pari. En y réfléchissant à froid, le titre n’atteint pas la puissance incomparable de Again, mais sur le moment, quand on l’écoute, on oublie qu’il y a eu Again, on ne pense plus à rien et on n’a plus qu’à se focaliser sur les sensations que nous procure la musique. Rien que pour ça la chanson mérite ses galons. La suite et fin de l’album a même le bon goût de ne pas souffrir de la comparaison avec cette chanson-phare et reprend son court en alternant titres minimalistes et plus complexes et remuants. Et de terminer sur un émouvant et éthéré Taste of blood, qui prend lentement son envol pour mieux, par une coupure brutale, une non fin, nous laisser exsangue. Lights est donc l’album que l’on n’attendait plus, l’album du pardon. Plus immédiat que You all look the same to me (qui brillait par son enchevêtrement presque déstructuré de titres de longueurs oscillant entre la minute et le quart d’heure), moins racoleur que Noise (qui surfait sur le succès tout frais de la formule brevetée et étiquetée de « la chanson qui marche »), l’album reste très référentiel, et s’inscrit dans une discographie à laquelle il donne cohérence et pertinence. |
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Il y a 20 contribution(s) au forum. Archive : "Lights"
(1/11) 28 février 2007 Archive : "Lights"
(2/11) 15 novembre 2006 Archive : "Lights"
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(6/11) 22 août 2006, par Faust Archive : "Lights"
(7/11) 3 juillet 2006, par 4564567 Archive : "Lights"
(8/11) 15 juin 2006, par silencio Archive : "Lights"
(9/11) 12 juin 2006 Archive : "Lights"
(10/11) 12 juin 2006, par lolo Archive : "Lights"
(11/11) 12 juin 2006, par *jérôme |
Archive : "Lights" 16 juin 2007 [retour au début des forums] Gong ? je vois pas le rapport là !!
Archive : "Lights" 15 novembre 2006, par Antivirus [retour au début des forums] le style diffère legerement je dirais moi ! parce que des chansons comme Veins ou encore d’autre peuvent être de style differents, parfois d’un style plus Hard que celui dont tu site de 2002. Par contre Lights est parfaitement dans la même veine que Again ... Archive : "Lights" 15 novembre 2006, par Anti Trojan Horses [retour au début des forums] La mer Morte est un lac d’eau salée du Moyen-Orient. D’une surface approximative de 1050 km², elle est alimentée par le Jourdain et bordée par la Jordanie, Israël et la Cisjordanie.
Archive : "Lights" 12 juin 2006 [retour au début des forums] Si vous aviez pu nous épargner le début de l’article pour laisser les 2 derniers paragraphes qui sont les seuls intéressants, ça n’aurait pas été plus mal... Archive : "Lights" 13 juin 2006, par ubik [retour au début des forums] ben moi je le trouve tres interressant ce premier chapitre, il faut bien que de temps en temps on nous informes sur les solutions (sic) qu ont trouves les editeurs pour lutter contre le piratages.
Archive : "Lights" 18 juin 2006, par bobche [retour au début des forums] Oui et puis rien que pour le coup du scalp (je m’en remets pas) ca valait le coup ! "Beurrer la raie"... connaissais pas -ça aussi je garde. Merci POP-ROCK. Archive : "Lights" 22 juin 2006, par ubik [retour au début des forums] je rend a cesar ce qui appartient a cesar : c est luis rego qui a sortie ce magnifique "beurrer la raie" a la radio dans les tribunal des flagrants delires.
Archive : "Lights" 19 juin 2006, par Manhattan [retour au début des forums] moi aussi je trouve ça intéressant. c’est assez hallucinant comme procédé je trouve... d’un côté on demande au chroniqueur de faire la promo, de l’autre côté on le menace. Archive : "Lights" 25 juin 2006, par jmsmirnoffice [retour au début des forums]
Si vous aviez pu vous abstenir de poster, celà n’aurait pas été plus mal non plus.
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