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Arno : "Jus de box" A boire sans modération samedi 27 janvier 2007, par |
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J’avais bien enregistré le message publicitaire sans quoi « tout autre choix ne serait pas très professionnel ». Visage collé à la fenêtre, tournant le dos à un col blanc numérique, je me laissais aller en TGV. L’interview d’Arno en ligne de mire...
A travers la campagne mortellement remembrée, son regard de « vieux chien fatigué » se posait déjà sur mon hachis de questions-réponses toutes faites. Dans le désordre, je lui disais comme à autant de poteaux électriques : « Dis Arno, tu n’es pas qu’un chanteur, tu es surtout un artisan d’hymnes populaires dont les Européens, aujourd’hui, en ont tant besoin... depuis The Clash ! Du rock poivre et sel que tu sers à la louche... tel un doigt d’honneur dans la soupe des pouvoirs politique, économique et médiatique ? En plus les producteurs, c’est rien que toi et ton comparse Serge Feys, n’est-ce pas ? Dis Arno, pourquoi quand tu chantes une et unique chanson en ostendais, Een boeket met pisselblommen, tu en fais du rap à fromage... C’est si grotesque à chanter ? » Là, il se mettrait à s’agiter d’un coup en me racontant pêle-mêle son enfance de bord de mer, ses souvenirs d’estaminet où l’accordéon accompagnait toujours un marin boiteux à la voix de récif, et puis le vent - terrible - de la Mer du Nord... Comme à Ostende dirai-je. "Comme partout" me répondra-t-il. » Gare du Nord. Tous les voyageurs sont invités à descendre. L’hiver se met à grelotter dans le hall. Le rendez-vous approche et j’attends toujours l’appel de Boris qui attend toujours l’appel de l’attaché de presse qui attend toujours... La même fredaine. Je me réfugie dans une brasserie. Une pression et l’interview redémarre : « Dis Arno, il y a deux types d’album, le studio et le live, le tien s’apparente à une passerelle que tu jettes entre les deux, une sorte d’album pour concert. Ça transpire déjà ! Dis Arno, pourquoi faut-il toujours que je traverse une frontière obsolète pour t’écouter à l’improviste dans une taverne belge chic et pas cher dans laquelle se réunit toute la société. Nous Français, souffrons peut-être un peu trop du conformisme guindé pour faire poli... C’est ça qui serait l’exception belge ? Et là, je le vois sortir narquois son passeport : Charles Ernest Hintjens né en 1949... Il pointe sa photo d’identité, en cravate pour l’occasion : - Regarde, comme il est beau ! Ai-je cru entendre. » Déjà la nuit embrume Paris. Aucune nouvelle à l’horizon. J’en commande une autre... pour la peine : « Santé Arno... C’est le hip-hop qui t’a régénéré ou le contraire. Le Marseillais Faf Larage, partenaire dans I’m not into hop, te traite bien de « dealer de hip hop rock’n’roll » ou bien tu te caches en leader d’un nouveau genre ? Dis Arno, ton Jus de box, c’est un fourre-tout superbement réussi, un bréviaire à ta sauce moutarde. Partout ce même son brut, abrupt, "électro-crachin" , qui consolide l’édifice rock tout entier. » Mais là, il ne me suit plus du tout, il me répond qu’il ne travaille pas dans le BTP, qu’il n’a pas besoin de RTT et que demain il va inscrire son gosse au RMI ??? » La neige recouvre peu à peu les trottoirs parisiens. Rue du Faubourg St-Denis. J’entre dans un taxiphone turc... Avec Internet, on ne sait jamais. Toujours rien sur ma boîte e-mail. Je rame sur Google, tape Arno, tombe sur son site officiel qui m’accueille avec le single Mourir à plusieurs. Tout est en place : photo, disco, bio, etc. Sauf lui si convoité... en chair et en os. « Bon sang Arno... Miss Amérique, c’est bien la chanson folk & rock la plus entraînante que j’ai jamais entendu... depuis The Pogues. Quand tu chantes : C’est mieux d’être avec une moche souriante/ que d’être avec une femme belle/ et chiante... » Logiquement, je pense à From Logical Point of View du grand Robert Mitchum qui chantait ce calypso-là : If you want to be happy the rest of life/ never make a pretty woman your wife... ? Dis Arno... » Coup de tocsin. « Oui Boris... Quoi ? L’interview est annulée, reportée... à février ! Merde... Non je sais, ce n’est pas de ta faute... De toute manière j’irai le voir en tournée à Bruxelles... Déjà complet ? A Lille, alors... » Ma nuit sans retour, la passerai-je dans la salle des pas perdus ou dans le bistro des âmes perdues ? « Réponds-moi Arno, puisque c’est la dernière... Jusqu’au bout... Ma préférée, ma petite berceuse à faire chialer sur le comptoir ou sur le quai... Faut-il passer la cinquantaine pour pouvoir chanter comme ça l’amour éternel - au sens spinoziste du terme ? Higelin avec Amor Doloroso et puis la tienne... Cet air de famille qui me plaît de réunir malgré les différences d’âge et pas que... » « Au fait, Arno, j’avais oublié ma conseillère ANPE... elle te passe le bonjour. » |
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Il y a 8 contribution(s) au forum. Arno ou le effets pervers du misérabilisme heureux
(1/3) 30 janvier 2007, par Big Bill Broonzy Arno : "Jus de box"
(2/3) 29 janvier 2007, par André Arno : "Jus de box"
(3/3) 27 janvier 2007 |
Arno ou le effets pervers du misérabilisme heureux 30 janvier 2007, par Boris [retour au début des forums] Connaissez-vous "Jive To The Beat", "Elle Adore Le Noir", "Dans Mon Lit", "Chic Et Pas Cher" ? Le mariage des langues et des genres (folklore européen, chanson du nord, blues, électro, punk...) vous semble "convenu" ? C’est que vous devez être bien difficile ou bien ignare... En tout cas, l’alcool vous inspire plus que la musique et l’orthographe, mon cher Big Bill. La dernière fois que je suis tombé sur vos intéressantes remarques, vous parliez de "vodka" et de "soirées disco" (ce qui était très pertinent, au sujet des Beatles), aujourd’hui de "comptoir" et de "33cl de Maes"... Avez-vous vécu une expérience traumatisante avec le whisky, dans votre Mississippi natal ? Avez-vous au moins écouté cet album à propos duquel vous avez jugé opportun de livrer vos commentaires ? Arno ou le effets pervers du misérabilisme heureux 31 janvier 2007, par Big Bill Bluesy [retour au début des forums] Oui, j’ai bien écouté ces vomissures et je remercie Maître Capelovici de débusquer les fautes de frappes en éludant le propos. Je maintiens tout. Si notre fierté nationale, Reine du cross-over et de la tambouille des genres était si douée, elle décrocherait autre chose que l’étiquette de curiosité lassante à l’étranger (hormis la France pour cause de vague de belgoboboïsme. Ce type est l’empereur des imposteurs satisfaits, rire du Sound of C des confetti’s et trouver ceci si "roots", touchant, écorché vif etc...c’est à mourir de rire. Arno ou le effets pervers du misérabilisme heureux 21 mars 2007, par Jefferson [retour au début des forums] Peut-on savoir ce qu’écoute ce cher oncle Bill ? Juste comme ça, pour édifier les lecteurs ? Parcequ’il y a peut-être là une explication à cette haine envers ce bon vieux Arno... Un fan des jeux de 20 h semble-t-il à tout le moins.
Arno ou le effets pervers du misérabilisme heureux 2 février 2007, par naughtyfrog [retour au début des forums] je ne suis pas fou d’arno mais il y a au moins deux morceaux incontournables que j’écoute avec émotion (les yeux de ma mère et comme à ostende). deux morceaux sur une carrière c’est peut etre peu mais pour la plupard des pisses lignes et des chieurs de notes c’est un rêve inaccessible.
Arno : "Jus de box" 21 février 2007 [retour au début des forums] arno ce jus de box c’est du nectar bravo et merci
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