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Audioslave : "Out of exile" Esclave des normes dimanche 19 juin 2005, par |
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Audioslave, premier album éponyme du premier super-groupe du XXIe siècle, n’avait pas répondu à toutes les attentes placées en lui. Même si nombre de ses thèmes musicaux valaient leur pesant de cacahuètes, la comparaison avec ses deux groupes "géniteurs ", Soundgarden et Rage Against The Machine, deux des formations les plus mémorables des années 90 (faut-il le rappeler), finissait inévitablement par s’imposer à l’esprit. Et là, il était difficile de s’emballer pour une formation qui essayait assez laborieusement d’accéder à un juste milieu entre les deux.
On s’attendait en fait cyniquement à retrouver la même chose, persuadé que le groupe tirait sa substance de trop fortes personnalités pour parvenir à s’extraire d’une lutte perpétuelle entre les deux tendances. Et à la première écoute, rien ne vient infirmer ce jugement péremptoire. Après moult passages sur les platines, l’évidence est toujours loin de s’imposer, mais il est tout de même possible de dégager quelques certitudes de tout cela. S’il semble clair que, tant au niveau du fond que de la forme, Audioslave a davantage pris le parti de faire ressortir la facette Soundgarden de ses compositions, le feeling de Morello, inimitable et à jamais lié à Rage Against The Machine, maintient toujours un lien indestructible avec l’autre moitié génétique d’Audioslave, même si l’homme s’est plus que certainement bridé dans sa verve. Mais la vérité dans tout cela, c’est qu’Audioslave commence à ressembler à... Audioslave, et que les références aux formations disparues tiennent aujourd’hui davantage du clin d’œil que de la base rassurante à laquelle apporter le minimum syndical d’amélioration. Le revers de la médaille tient à ce que les riffs ravageurs qui avaient fait la renommée de RATM sont ici quasiment absents, tandis que les soli restent assez stéréotypés dans l’ensemble... Du moins n’offrent-ils ni de quoi se plaindre, ni de quoi s’émerveiller. Loin de renouer avec une quelconque conscience politique, Out of exile fait place nette aux épanchements Cornelliens dans une prose moins obscure qu’aux heures de Soundgarden. Il est vrai que Morello demeurant la seule personne socialement conscientisée de la nouvelle entité, il ne pouvait guère en imposer à un Chris Cornell assez éloigné de ces préoccupations révolutionnaires, et à deux ex-membres de RATM qui n’avaient pas hésité à avouer dernièrement n’avoir jamais éprouvé d’intérêt particulier pour les idées de De La Rocha passé le premier album de RATM. Comme sur le premier essai d’Audioslave, les balades prennent globalement le pas sur les morceaux véritablement énervés (Man or animal ou The worm font presque figure d’exception au sein de ce disque dans l’ensemble apaisé). Sans rien proposer qui se hisse au delà des normes de bienséance musicale, Audioslave a tout de même clairement amassé davantage d’expérience et de professionnalisme dans son processus de composition, de même que Cornell, qui semble à présent beaucoup plus à l’aise que voici quelques temps. On signalera pour la peine le très réussi Yesterday or tomorrow. En fait, si Out of exile est indiscutablement plus plaisant que son prédécesseur, si on en sent moins les longueurs, et si les ballades parviennent à maintenir l’attention en éveil, le fond du problème reste globalement identique : Audioslave livre des morceaux de très bonne facture, très soignés et travaillés, mais l’impression persistante reste celle d’artistes plus policés, qui ne font rien pour sortir de leurs gonds et auxquels manque la spontanéité et la fougue d’une autre incarnation, à une autre époque. Ceci dit, à moins que le besoin viscéral d’originalité figure dans vos valeurs prioritaires, Out of exile renferme tout de même tout ce qu’un excellent album de rock se doit de posséder. Voilà donc un album qui n’est peut-être pas la lame de fond qu’on s’était plu à imaginer, mais qui permet à Audioslave de prendre un rythme de croisière tout à fait respectable. On ne peut pas se permettre de viser haut sans se soucier de respecter au minimum les procédures de satisfaction du grand public. Out of exile ne propose ni audace incommensurable, ni surprise inattendue. Le groupe n’hésite pas à adopter quelques accents metal, à suggérer quelques nuances folk, mais cela fait partie du jeu. Dans le domaine du rock post-grunge, Out of exile se hisse néanmoins très au dessus du lot. La révolution n’a jamais semblé aussi lointaine, mais il y a tout de même de quoi s’occuper agréablement en attendant. |
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Il y a 7 contribution(s) au forum. Audioslave : "Out of exile"
(1/5) 26 avril 2006, par Colonelbifteck Audioslave : "Out of exile"
(2/5) 14 octobre 2005, par Audio slave > Audioslave : "Out of exile"
(3/5) 21 juin 2005, par jp > Audioslave : "Out of exile"
(4/5) 21 juin 2005, par Raaleur > Audioslave : "Out of exile"
(5/5) 20 juin 2005, par Kid J |
> Audioslave : "Out of exile" 12 octobre 2005 [retour au début des forums] Je ne sais pas si la première écoute de cet album vous a rendu dubitatifs (je ne lis pas les chroniques avant de poster un message), mais cela a été le cas.
Les titres défilent mais la force reste, l’album éponyme était déjà une belle découverte, mais j’apprécie encore mieux cette nouvele galette.
Cela n’est surement pas l’album de l’année mais il reste une oeuvre de très (très) bonne facture avec des titres exceptionnels (à vous de voir.. !)
> Audioslave : "Out of exile" 21 juin 2005, par Patrick [retour au début des forums] Cornell a arrêté de fumer. Cela a peut-être un impact sur la qualité de sa voix !
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