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Britney Spears : "Blackout" Gimme MOAR ! dimanche 28 octobre 2007, par , |
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Britney Spears a plusieurs problèmes dans sa vie : à tout juste 25 ans, elle a divorcé deux fois, a eu deux enfants dont elle a déjà perdu la garde, elle conduit sans permis et, tout comme Amy Winehouse, répond no, no, no quand on lui demande de bien vouloir aller en cure de désintoxication. Le résultat de cette vie étalée au grand jour dans les tabloïdes les plus respectables de la planète ? Le Blackout total, bien sûr.
Il y a tellement de choses à dire sur Blackout : Britney, la chère et tendre idole des jeunes, qui dansait si bien avec ses couettes et se déhanchait d’une façon purement salace sur des rythmes imaginés par des DJ danois, s’est transformée dans son dernier clip en strip-teaseuse pour bikers du fin fond de l’Alaska. Illustrant le single plus hype que les Arctic Monkeys et Kaiser Chiefs réunis, Gimme more, cette bombe électro sensuelle à outrance, est tellement overproduite qu’elle dégouline de partout sur votre Pioneer. Seulement, comme beaucoup de chansons de Miss Kentucky 1999, c’est affreusement addictif, malgré la fameuse céphalée que pourrait vous procurer l’écoute intégrale d’un album qui n’en peut plus de puer les exercices d’école de production. On n’en revient pas : Britney Spears, dont la vie est un mélange des pires choses qui soient jamais arrivées à Hollywood depuis les années 40, a sorti un album qui pourrait bien être le meilleur de sa carrière. Déjà, les titres des chansons annoncent la couleur : de Ooh ooh baby à Get naked (I got a plan), on comprend qu’elle a faim, très faim. Sur plusieurs chansons, elle parle d’elle-même à la troisième personne (Why should I be sad ou encore Piece of me). On comprend donc que la jeune damoiselle a quelques problèmes identitaires bien compréhensibles (passer de blonde à brune requiert une certaine souplesse psychique). Mais surtout, Britney, à coup de deadbeats dignes d’un single d’euro-dance allemand circa 1994, essaie de se réimposer comme bombe sexuelle mondiale. A ce propos d’ailleurs : comment se fait-il que les producteurs de pop/r’n’b s’échinent en ce moment à réutiliser des synthés de techno teutonne alors même qu’il y a cinq ans tout au plus, on considérait ces sonorités comme définitivement ringardes ? Bref... Que ses camarades du Club Mickey (Christina Aguilera, Justin Timberlake, et dans le rayon acteur, Ryan Gosling) aient mieux réussi qu’elle n’est pas le souci : Britney, elle oooh mieux que personne, elle éructe ses petits soupirs hormonaux avec la justesse d’un asthmatique marathonien, et elle a bien l’intention de venir réclamer sa couronne. Britney Spears et sa maison de disques Jive n’avaient plus le choix. Après une performance aux MTV Music Awards complètement désastreuse, au point que personne n’osait plus en rire, il fallait que l’album soit absolument indestructible. Et il l’est. La production est énorme - tellement énorme que ce n’est plus "Britney Spears produite par", mais "Producteur featuring Britney Spears". Soixante-douze heures en studio ont dû suffir pour sa participation personnelle, plus environ sept mois pour manipuler la voix (presque disparue sur Heaven on earth, elle revient sur Why should I be sad, mais fait un détour par la case "Cher tente d’imiter Kraftwerk en 1998" sur Perfect lover). Pharrell Williams, J.R. Rotem et consorts ont sorti la galette, relativement satisfaits d’eux-mêmes. Et ils ont raison : grâce au single Gimme more, qui caracole en tête des ventes iTunes depuis plus de trois semaines, l’album risque d’être une des meilleures ventes de la fin 2007. Malgré le fait que la plupart des chansons soient apparues sur le net dès septembre, Blackout est un phénomène musical qu’on doit plus aux frasques de son auteur qu’à la musique elle-même, même si l’on peut (et que l’on doit) reprocher l’utilisation plus abusive de vocoders divers et variés, qui nous permettent ceci dit d’apprécier Britney à la sauce Martine : Britney chante sous sa douche, dans une boîte de conserve de raviolis froids, dans la bouche d’aération du métro new-yorkais, etc. Cela reste dommage, car un titre comme Toy soldier est assez intéressant pour qu’on y prête attention, et Why should I be sad (ter) nous fait regretter l’ancienne Britney. On verse une larme pour la vie et l’âme de celle qui fut la plus adorable horreur parvenue du sud des Etats-Unis, mais qui parvient à incorporer à elle seule tous les paradoxes tragico-minables des années 2000. Mais il y a une morale à cette histoire : malgré le fait d’être au plus bas, en train de toucher la déchéance la plus totale, Britney rebondit et cloue le bec aux critiques les plus acerbes. Que sa voix soit celle d’une poupée gonflable qui aurait appris à chanter, certes, mais ça marche. N’envoyez pas Britney en rehab ! Laissez-la dans le cirque mondial de la pop, pendant qu’elle s’essaie au pole dancing avec la grâce d’une tortue de mer en fin de vie, filmée par une caméra douteuse en plein délire de série Z, et qu’elle nous livre sans doute l’album le plus surproduit de cette décennie, en ce sens qu’il est autant fascinant qu’il est indigeste. |
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Il y a 9 contribution(s) au forum. Britney Spears : "Blackout"
(1/7) 30 octobre 2007, par maidy Britney Spears : "Blackout"
(2/7) 30 octobre 2007, par evil_tof Britney Spears : "Blackout"
(3/7) 29 octobre 2007, par jimbo Britney Spears : "Blackout"
(4/7) 29 octobre 2007, par ex prof Britney Spears : "Blackout"
(5/7) 29 octobre 2007, par ex prof Britney Spears : "Blackout"
(6/7) 29 octobre 2007, par dave Britney Spears : "Blackout"
(7/7) 28 octobre 2007, par Al-kE-mE |
Britney Spears : "Blackout" 29 octobre 2007, par Jérôme Delvaux [retour au début des forums] Britney fait de la pop, alors why not ? Britney Spears : "Blackout" 24 novembre 2007 [retour au début des forums] Dans ce cas là, à quand la critique d’un Thriller ou d’un Dangerous du "king of pop" ?
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