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Deine Lakaien : "White lies" Follow the white rabbit mardi 22 mars 2005, par |
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Que se passe-t-il lorsqu’un chef d’orchestre allemand rencontre un chanteur lyrique russe, tous deux désireux de faire de la musique sombre à base d’instruments analogiques et d’influences classiques ? Un groupe incontournable au pays de Goethe. Si Ernst Horn et Alexander Veljanov ont tous deux su imposer un style bien particulier où la poésie et la composition ont encore un sens réel, leurs albums sont à chaque fois un évènement outre-rhin. Oubliez le concept de chanson : ici, nous avons affaire à des contes mis en musique, quelque part entre les frères Grimm et le génie désespéré d’un Beethoven.
L’énigmatique et fascinant White lies sort en 2002. En Allemagne, il est immédiatement propulsé en tête des ventes, et même en France, un certain succès sourit à ce chef-d’œuvre dans les milieux autorisés - traduisez les milieux gothiques. Mais quand je dis gothique, oubliez Marilyn Manson, Cradle of Filth et autres clowneries dionysiaques pour enfants gâtés. Par musique gothique, j’entends les influences gothiques germaniques chères aux Allemands, à savoir un romantisme un peu sombre, un certain goût pour le lyrique et une musique qui n’est pas sans rappeler de grands compositeurs classiques ; bref, Deine Lakaien (traduisez "tes laquais") jouent dans la même cour que les poésies enlevées de Wolfsheim et même - les amateurs apprécieront - des époustouflants chefs-d’œuvre de Dead Can Dance. Les comparaisons tiennent largement la route, Lisa Gerrard en moins bien évidemment. La voix d’Alexander Veljanov, grave et caverneuse, n’en reste pas moins douce et tendrement épique, et il a cette capacité à inventer des mélodies de trouvère sur la plupart des titres. L’ambiance générale de White lies est pâle et médiévale, alliant des sonorités minimalistes à des thèmes musicaux qui rappellent certaines musiques de film. Les textes en général parlent de la futilité de l’existence humaine et, même si ce genre de thème est largement abordé dans des tas d’albums, il faut savoir que Horn et Veljanov soignent véritablement leurs textes pour tomber dans la poésie et non pas dans le cliché gothique - oubliez les paroles répétitives de HIM. Dans Stupid, Veljanov s’attaque d’ailleurs avec condescendance à l’idiotie textuelle des groupes actuels ("I know this song is rather stupid, i know I’m writing like a schoolkid, it has to be that kind of sunny, I have to make a rhyme for money"), mais ce sera le seul pamphlet de l’album. En même temps, il peut se le permettre : en 2006, la formation germano-russe aura 20 ans. Aucun titre n’est superflu sur cet album : chacun développe un petit monde à part, telle une créature précieuse en train de naître et de se développer sous nos yeux, avant de mourir sur les dernières notes. Si l’intrigant Generators est choisi pour single phare de l’album ("I am your ark, I am your barque floating in slow motion on a shaded green river, into a timeless ocean"), les joyaux de la couronne des sires Horn et Veljanov ne manquent pas. Prayer pourrait ressembler à du Dead Can Dance actuel si la formation n’avait pas splitté entretemps, et le tragique Hands White et ses violons affolés provoque des frissons à chaque écoute. Si chaque album a en général un point d’orgue, celui-ci en possède plusieurs, et on a du mal à faire son choix : Kiss se livre à une ritournelle enjouée et châtelaine, Lost est un épilogue envoûtant à une histoire d’amour sans lendemain, et l’éclatant et désenchanté Life is a sexually transmitted disease n’en finit plus de stigmatiser la perte de sens de nos existences - "so we do step by step by step, so we move forward, we move back, or in a circle ’round and ’round ’til Ego will be the last sound". Les chansons n’en finissent plus de se disputer le titre de meilleure création de l’album : si Silence in your eyes et son atmosphère de bande-son de film reste un challenger auquel on ne peut rester insensible, la ballade nordique (voire celtique) Fleeting nous berce dans un folk qui ne laissera aucun auditeur indifférent. En somme, un des meilleurs albums sortis ces vingt dernières années, tous genres confondus - et je n’ai pas pour habitude de sortir ce genre de constats. Le nouvel album des Deine Lakaien, April Skies, est sorti le 14 mars en Allemagne, et je ne manquerai pas d’en faire une chronique pas piquée des vers. En attendant, pour les quelques soirées d’hiver qui restent à vivre, ou pour les longues nuits d’été romantiques, je ne saurai trop vous conseiller de mettre la main sur ce White lies que tout amateur de musique pourrait joindre à sa discothèque personnelle. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Deine Lakaien : "White lies"
(1/1) 9 octobre 2005, par ANg£lu$ |
Deine Lakaien : "White lies" 9 octobre 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums] De rien, merci pour ton message, ça fait toujours plaisir ! _ :) Deine Lakaien est effectivement un groupe à part dans le paysage électro-wave allemand... les albums solo de Veljanov, le chanteur, sont également très riches.
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