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L’album du mois
Editors : "The back room" Back to the Future lundi 15 août 2005, par |
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C’était l’été 2005. J’avais 27 ans et Pop-Rock n’était encore qu’un modeste webzine visité par à peine deux milliers de personnes par jour. Une brindille. Pourtant, nous étions persuadés d’accomplir quelque chose. De plus en plus de gens s’intéressaient à notre travail et en parlaient autour d’eux. En bien ou en mal, mais ils en parlaient. A nos yeux, c’était le plus important. Nous étions jeunes, naïfs et passionnés. La scène musicale était particulièrement en ébullition et c’est ce qui rendait notre activité de critique si passionnante. De nouveaux groupes rock prometteurs débarquaient chaque semaine de Grande-Bretagne, affublés de l’étiquette de « meilleur groupe de l’année ». On avait souvent tendance à y croire... surtout moi. J’ai chroniqué pas mal de ces disques (je n’oserais pas relire les articles tant je sais que j’étais maladroit), mais j’ai oublié jusqu’au nom de la grande majorité des groupes en question. La plupart ont disparu aussi vite qu’ils étaient arrivés. Il y en a quand même un auquel je pense encore souvent et que j’écoute de temps en temps, c’est Editors.
Editors, oui, et pas « The Editors » comme beaucoup de journalistes l’écrivirent à l’époque. Même le Botanique, où le groupe donna un concert cette année-là, avait fait l’erreur d’ajouter un « The » devant leur nom. C’était somme toute compréhensible. Depuis trois ou quatre ans, nous étions constamment bombardés de groupes en « The ». C’était sans fin. De cette vague, le seul groupe a avoir vraiment fait carrière fut The White Stripes, jusqu’à la cirrhose du regretté Jack White, l’été dernier. Editors, donc, c’est encore une découverte que je dois à Jérôme Colin. Sacré Jérôme ! Figurez-vous qu’à l’époque, il n’était encore que simple animateur sur Pure FM. Il était fort critiqué mais nous étions nombreux à admirer sa fausse naïveté et son vrai émerveillement. Celui-là, quand il interviewait une de ses idoles en direct, il avait beaucoup de mal à cacher son excitation d’être en face d’un artiste qu’il vénérait. C’était un fan avant d’être un journaliste, et on se reconnaissait tous un peu en lui pour ça. Et quand il s’emballait littéralement à l’antenne et qu’il criait en bafouillant « et non, ce n’est pas le nouveau single d’Interpol, c’est les Editors et c’est mon coup de cœur de la semaine ! », on savait qu’on risquait de ne pas être déçu. Alors, oui, Jérôme avait vu juste. Presque toute la profession compara les Editors à Interpol (dont on était encore loin de se douter qu’il deviendrait le plus grand groupe du monde !). Il faut reconnaître que la voix du chanteur, Tom Smith, ressemblait énormément à celle de Paul Banks. Pour moi, elle évoquait également beaucoup Brendan Perry de Dead Can Dance (un groupe du vingtième siècle, tendance gothico-baroque). Mais Editors, ce n’était pas seulement une voix grave et puissante, capable de vous transporter, c’était aussi de fantastiques guitares. Il y avait de superbes envolées, ainsi que ce jeu binaire emprunté à Television (vieux groupe new-yorkais aussi obscur que culte) et qu’Interpol avait remis au goût du jour dès 2002. Editors, c’était aussi la batterie furibarde d’Ed Lay. Sur un morceau comme Munich, elle faisait un véritable malheur, soutenue par la basse implacable de Russell Leetch. Qu’est-ce qu’on a pu le chanter ce morceau ! Son refrain, "People are fragile things, you should know by now", s’insérait insidieusement le samedi dans nos esprits et y restait la semaine entière. Avec le recul, je crois qu’on peut dire que The back room est la bande-son de mon année 2005. J’écoutais l’album sans discontinuer, et, fait rare, je le jouais de la première à la dernière plage sans être tenté de skipper certains titres. Distance me faisait planer. Camera, qui débute très lentement avant de monter en puissance, me transportait littéralement. Les furieux Fingers in the factories et Bullets me faisaient sauter sur place dans mon salon en inventant de nouvelle techniques d’air guitar. Chaque écoute de l’album était une fête et donnait un sens à une célèbre citation de Paul Smith de Maxïmo Park, un contemporain d’Editors entré dans la légende : « Music can make you feel totally alive and vital. Moments where you feel something that strongly makes life worth living ». Oui, cette année-là, la vie valait la peine d’être vécue... Presque à chaque instant. |
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Il y a 8 contribution(s) au forum. Editors : "The back room"
(1/7) 14 janvier 2006 Editors : "The back room"
(2/7) 18 décembre 2005, par dionycos > Editors : "The back room"
(3/7) 24 août 2005, par lkj > Editors : "The back room"
(4/7) 21 août 2005, par Laurent > Editors : "The back room"
(5/7) 19 août 2005, par charlotte > Editors : "The back room"
(6/7) 15 août 2005, par bill > Editors : "The back room"
(7/7) 15 août 2005, par Stéphane |
> Editors : "The back room" 6 septembre 2005, par Ben [retour au début des forums] J’ai pas encore écouté l’album, mais , quand même, ce titre "munich" quelle putain de chanson, vraiment génial . Chanson de l’année ?
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