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Elton John : "Peachtree road" Tout en finesse dimanche 9 janvier 2005, par |
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Véritable patrimoine de la musique pop anglo-saxonne, Elton John sort aujourd’hui sont 43ème album en 35 ans de carrière. Un retour qui demeure dans la continuité de sa précédente livraison, et qui renoue avec une certaine justesse de ton et une honnêteté tout à fait admirable chez quelqu’un qui n’a plus rien à prouver depuis bien longtemps.
Sobre, épuré, digne : trois qualificatifs qu’on peut attribuer sans crainte à ce nouvel album d’Elton John. Une transition déjà amorcée sur son précédent opus, Songs from the west coast, qui l’avait aidé à relancer une carrière un peu en perte d’inspiration. Si Elton John a parfois été d’un gluant à filer de l’urticaire, sur le fond comme sur la forme, il n’en subsiste plus guère de traces sur Peachtree road, tout comme semble oubliée l’excessive extravagance privée et la production stakhanoviste d’albums qui prévalaient dans les années 80. L’artiste ne cherche plus, ni à accoucher du tube ultime qui balaierait tout sur son passage, ni à monter dans les aigus de manière insupportable. Il se contente aujourd’hui de dresser, sobrement et avec conviction, tout l’inventaire de la musique populaire anglo-américaine, par le biais de quelques fortes teintes de folk, de country, de blues, de Rhythm’n blues ou de rockabilly, au service des ballades mélancoliques ou enjouées que nous propose le - bientôt sexagénaire - chanteur britannique. Quand on y réfléchit, Elton John a toujours incarné une certaine idée de la pop : celle qui s’écoute de 7 à 77 ans, qui sait se faire légère, sentimentale ou énergique, sans jamais se départir d’une certaine mesure. Celle qui plaît tout autant à la jeune adolescente romantique qu’à son aïeule avide d’avoir quelque chose sur quoi discuter avec la dite adolescente. La musique fédératrice par excellence. C’est ce qui a toujours assuré son immense succès. Il est à noter que c’est la première fois que Sir Elton assure lui-même la production de son nouveau-né. Ce sera bien le seul changement majeur que Peachtree road apportera, lui qui renoue avec bonheur avec l’esprit des grandes heures des années 70. Comme d’habitude, l’ombre du fidèle parolier Bernie Taupin plane sur l’album, et dieu sait si ces deux là mis ensemble sont toujours parvenus à pondre des chansons d’une réussite totale ! C’est bien sûr à nouveau le cas ici, avec des ballades aussi irrésistiblement simples et porteuses que Answers in the sky ou Turn the lights out when you leave. Bien sûr, Peachtree road est musicalement à mille lieues de tout ce que le rock peut suggérer de rébellion, de non-conformisme, de rage et de colère. Le fait qu’Elton John ait parrainé la Star Academy, même si cela reste compréhensible au vu de son statut de grand gourou de la pop-variétoche, a aussi de quoi rester en travers de la gorge. Mais rien à faire : Elton John reste une personnalité attachante, éminemment sympathique, qui a toujours persisté dans la voie qu’il s’était choisie, indifférent aux modes fugaces qu’il a vu se succéder au cours de sa carrière. Il demeure à vrai dire le jukebox familial par excellence, mais un jukebox qui semble n’avoir aucune peine à livrer encore et encore des thèmes evergreen, sans qu’on ait l’impression de l’entendre radoter. On peut détester la musique d’Elton John pour de nombreuses raisons, s’assoupir d’ennui à la moindre de ses ballades, déplorer la gentillesse molle de son propos, cracher sur son statut de monstre sacré confortablement installé sur ses dizaines de millions d’albums écoulés, mais il faut lui laisser - à lui et à Taupin - des talents de mélodistes incontournables. Et de plus, comme l’humble Peachtree road échappe à tous les subterfuges habituellement utilisés en studio pour « grossir » artificiellement la production, il n’y a rien que l’on puisse véritablement lui reprocher, sauf d’être un album d’Elton John (lorsqu’on n’apprécie pas Elton John, évidemment). Quand des chansons pop gentillettes, au classicisme presque momifié, sont l’œuvre d’un talent d’une telle évidence, même un amateur de metal sombre et de sauvagerie mélodique doit s’incliner. |
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Il y a 3 contribution(s) au forum. > Elton John : "Peachtree road"
(1/3) 10 janvier 2005, par Jack Lang > Elton John : "Peachtree road"
(2/3) 10 janvier 2005, par Uncle Luke > Elton John : "Peachtree road"
(3/3) 9 janvier 2005, par R.T. |
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