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Front 242 : "Pulse" L’album maudit lundi 12 novembre 2007, par |
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De tous les albums de Front 242, s’il en est un qui ne fait pas du tout l’unanimité, c’est bien celui-ci. Ignoré par les médias à sa sortie et boudé par les fans, Pulse est également dénigré au sein même du groupe, puisque Richard 23 - qui n’a pas participé à son enregistrement - dit en interview qu’il s’agit du moins intéressant des albums de Front... Le moment est pourtant venu de réhabiliter cette œuvre maudite.
Reformé en 1997 pour les besoins de la tournée Re-Boot, immortalisée sur l’album live du même nom, Front 242 a attendu plusieurs longues années avant de se décider à retourner en studio. Il fallut en fait patienter jusqu’à 2002 pour découvrir Still & Raw, un E.P. de six titres, suivi l’année suivante par l’album Pulse. Réalisé par un groupe encore en proie à des dissensions internes, Still & Raw a pris tout le monde par surprise en proposant une tonalité plus apaisée, plus mûre, et un chant plus posé. On s’attendait donc à ce que son successeur, au graphisme presque similaire, aille dans la même direction, mais Pulse avait tout pour prendre l’auditeur à rebrousse-poil. L’album s’ouvre par rien de moins que treize minutes de techno pure et dure. Seq666, c’est le nom du morceau, est un instrumental divisé en cinq pistes distinctes mais ininterrompues. A la première écoute, on se dit que Daniel Bressanutti et Patrick Codenys vont nous refaire le coup de Off, qu’on n’aura droit qu’à une succession de bidules étranges, et pas à un vrai album. C’est donc avec une joie non dissimulée qu’on entend pour la première fois à la sixième plage la voix de Jean-Luc De Meyer. Together, voilà enfin une vraie bonne chanson, de vraies mélodies entêtantes et une rythmique tout bonnement percutante. Renouant avec des sonorités plus industrielles, Front produit ici ni plus ni moins qu’un des morceaux les plus efficaces de son répertoire live. De Meyer poursuit en outre la tendance amorcée sur Still & Raw en utilisant ses cordes vocales de façon bien plus intéressante que par le passé (pour faire bref : il délaisse les grognements pour chanter de façon plus humaine). Il va plus loin encore sur Triple X girlfriend, où il s’offre le luxe d’alterner, pour la toute première fois, un phrasé parlé et des vocalises empreintes d’émotions. Sur un plan purement artistique, cette chanson-ci, plus mélodieuse que jamais, enterre bien des réalisations antérieures du groupe... Ecoutez-la. Réécoutez-la et vous finirez sans doute par arriver à la même conclusion. Bien sûr, il n’y a pas ici l’énergie de No shuffle, le potentiel dansant de Moldavia ou la violence de Religion. Mais qui a dit que Front devait se cantonner à ces genres ? La suite de l’album part dans des directions diverses, entre instrumentaux techno/ambient, une chanson presque planante (Beyond the scale of comprehension) et des collages sonores des plus étranges. Les morceaux Song, One, Matrix et Never lost sont divisés en deux plages a priori sans grande cohérence... mais pas pour autant déplaisantes. A l’écoute de Never lost, par exemple, qui étend ses charmes sur plus de onze minutes, on passe de l’un à l’autre de ses deux sous-segments (Faust et Riley) sans vraiment voir le temps s’écouler. De gracieuses notes de piano contrastent avec un fond sonore oppressant et confèrent à l’ensemble une forme de majesté. Ses détracteurs parlent de Pulse comme d’un album renfermant seulement deux bonnes chansons (Together et Triple X girlfriend) pour une majorité de titres de remplissage et des expérimentations ambient peu concluantes. C’est le droit de chacun de voir les choses sous cet angle. Moi, qui suis la carrière de Front 242 depuis de nombreuses années, possède chacun de leurs disques et ai passé de longues heures à les écouter, les disséquer, je vois en Pulse mon album préféré de la discographie du groupe belge. Ce n’était pas le cas après les premières écoutes, mais ça l’est aujourd’hui. Si le CD prend la poussière sur une de vos étagères depuis 2003, ou si vous n’avez même pas jugé utile de l’acheter à l’époque, il est peut-être temps de lui redonner une chance et de l’écouter sans a priori, éventuellement en vous demandant ce que vous auriez pensé d’un tel disque, aussi osé et aventureux, s’il n’était pas de Front 242. Vous m’en direz des nouvelles. |
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Il y a 4 contribution(s) au forum. Front 242 : "Pulse"
(1/4) 22 octobre 2008, par Pierre-Paul Front 242 : "Pulse"
(2/4) 17 octobre 2008, par fab Front 242 : "Pulse"
(3/4) 14 novembre 2007, par jimbo Front 242 : "Pulse"
(4/4) 13 novembre 2007, par dave |
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