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HIM : "Dark light" Bo le lavabo... mardi 29 novembre 2005, par |
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Ce qu’on a pu rire le jour où on a découvert HIM ! Parfait mutant musical opportuniste, qui parvenait à conjuguer à la perfection les clichés des musiques sombres et la sentimentalité à deux balles des Boy’s bands, le groupe finlandais a récolté progressivement un succès fédérateur à peine surprenant, tant sa mythologie personnelle semblait conçue pour récolter l’adhésion immédiate d’une certaine frange d’auditeurs. Et puis, progressivement, HIM commença à lancer de timides regards hors du microcosme de son rock pour adolescentes incomprises et mal dégrossies.
En effet, si on faisait abstraction de pas mal de choses, Love metal restait tout de même potable. Musicalement, du moins. C’était simpliste à mort, mais ça coulait bien dans l’oreille, quoi ! Et on était franchement curieux de voir ce que la suite allait bien pouvoir donner. Comme à chaque fois qu’on se retrouve avec un tel objet dans les mains, on se demande de quel point de vue on doit aborder la chronique. Doit-on appréhender le groupe faire-valoir de Ville Valo comme on l’aurait fait quand on avait quinze ans, qu’on n’avait pas encore un horizon musical bien élargi et qu’on se montrait instantanément réceptif aux mélodies joliment troussées ? Ou doit-on loger le romantique jeune premier au regard sombre et son groupe d’inconnus à la même enseigne que n’importe qui d’autre ? Etant donné que quand j’avais quinze ans, j’étais coincé sur Metallica, Pantera et Septic Flesh, il est sans doute moins risqué de se rabattre sur l’autre option. Première et importante constatation : le style musical de HIM a subi un dégraissage majeur, peut-être signe du passage sur une major et de leurs tentatives de conquérir le marché américain. Moins emphatique et truffé d’ajouts superflus que jadis, il y gagne fortement en instantanéité, à supposer qu’on ait jamais pu trouver quoi que ce soit de recherché ou de complexe chez HIM. Cela reste évidemment très simpliste, mais personne n’a jamais demandé à de la pop d’être complexe tant qu’elle reste efficace. Et là, bon gré mal gré, HIM reste doué pour l’élaboration de mélodies redoutablement accrocheuses, même si cette capacité de séduire ne fonctionne qu’à court terme. Quant à Ville Valo, il semble plus modéré que jamais, évitant pratiquement en permanence ces infâmes petits cris de fouine dont il truffait auparavant ses mélopées langoureuses. Ce qui n’enlève par ailleurs strictement rien à ses capacités au chant, et le rend bien moins horripilant que jadis. Pour devancer les critiques des fans énamourés, choqués que l’on puisse ne pas considérer HIM comme la plus grande création littéraire depuis Shakespeare (mon dieu, à chaque fois que j’y repense, je me sens parcouru d’un frisson de misanthropie impossible à réprimer), la réponse à leur interrogation est oui. Oui, je les ai lus, les textes. Et les fans seraient bien inspirés de ne plus nous donner de conseils aussi contre-productifs, s’il veulent laisser à leur idole la moindre chance de convaincre des chroniqueurs que ces métaphores dignes de la famille Addams n’émeuvent que très modérément. Tous les clichés du romantisme noir au rabais y passent, avec un aplomb confondant. Et tout ça pour exprimer les mêmes niaiseries qu’à l’accoutumée. Mieux vaut agir comme s’il chantait en finlandais. Sauf si évidemment, ce genre d’envolées poétiques vous va droit au cœur. Dans ce cas, ce n’est plus de notre ressort, mais rappelez-vous néanmoins que les psychologues spécialisés en troubles adolescents sont aujourd’hui remboursés par la sécurité sociale. Finalement, en détournant le regard des textes pathétiques et en n’intériorisant pas trop la naïveté de ce qu’on entend, on ne trouve pas réellement de quoi médire réellement face à des chansons basiques et efficaces comme Vampire heart ou Under the rose. Avec une exception néanmoins : la chanson-titre est tellement neuneu que l’espace d’un instant, on se prend à redouter que les affreux Roxette soient encore de ce monde. C’est sans doute de l’humour finlandais... Si vous considérez le rock un peu plus sérieusement qu’il n’est nécessaire, Dark light vous fera le même effet que tous les albums de celui qui semble avoir été officieusement sacré « Homme le plus sexy du monde » par l’internationale des blogs à gothopouffes, à savoir une furieuse envie de rire ou de vomir, voire les deux en même temps (ce qui n’est pas simple). Il est évident que quand on a été un peu plus profondément que la surface en matière de ce vaste fourre-tout qu’est la musique « gothique » et assimilés, HIM prête plus à sourire qu’autre chose. Dans le cas contraire, voici un album de pop/rock simple et fonctionnel, sans pompe ni prétentions mal placées, qui se laisse facilement écouter et tout aussi facilement oublier. |
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