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Kaiser Chiefs : "Employment" Stop me if you think you’ve heard this one before jeudi 21 juillet 2005, par |
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Je n’aime pas le NME. Je ne supporte pas cette impression qu’ils me donnent de toujours être en retard d’une guerre parce que je ne connais pas un obscur groupe de garage-rock anglais qui n’a sorti que deux singles et dont ils parlent comme du nouveau Joy Division, du nouveau Suede, ou - déjà - du nouveau Franz Ferdinand. Alors voilà, c’était plutôt mal parti entre les Kaiser Chiefs et moi. Le battage incessant du célèbre magazine autour de ce groupe de Leeds éveillait en moi le souvenir des insipides Strokes, Hives et Vines. J’allais pourtant me laisser convaincre d’assister à leur premier concert sur le sol belge par une jeune chroniqueuse hype ne manquant pas d’arguments... Depuis, j’écoute Employment presque tous les jours. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Voir un groupe sur scène, en trois dimensions, est parfois le moyen le plus simple d’en tomber amoureux. A condition bien sûr que la performance soit à la hauteur, ce qui fut indiscutablement le cas de celle des Kaiser Chiefs à la Rotonde ce soir-là. Fougueux, conquérants et irrésistiblement doués, ils en ont mis plein la vue à un public qui n’aspirait qu’à une chose : faire la fête ! Et il a été servi. Ricky Wilson, homonyme du défunt guitariste des B52’s, est plus qu’un frontman, il est le showman absolu sur qui repose toute la performance visuelle du groupe. Il crie, il saute, il plonge dans le public et entraîne tout le monde avec lui dans une célébration un rien chaotique. Disposer d’un tel atout est d’autant plus précieux que les comparses de Wilson sont plutôt effacés. Andrew White, à la guitare, est presque gêné d’être là. Simon Rix, le bassiste sosie de Brent Deboer des Dandy Warhols, est peu expansif et se cache derrière son imposante tignasse. Quant à Peanuts, le claviériste à chapeau, il se concentre sur ses touches et ne jette que des petits coups d’oeils occasionnels au public. Derrière eux, Nick Hodgson est la clé du succès du groupe. En plus d’être le leader en coulisses, le batteur chante presque autant que Wilson. C’est en fait à lui qu’on doit tous les Lalalala en arrière-fond. Ne riez pas, ces vocalises inspirées des chœurs des Beach Boys sont indissociables des Kaiser Chiefs. Ils en usent et en abusent, comme sur le morceau Na Na Na Na Naa (oui, c’est le titre !), festif en diable. Les morceaux excitants sont légion sur cette galette. Comment ne pas sautiller sur place à l’écoute de I predict a riot et Everyday I love you less and less ? Comment ne pas chanter à tue-tête le refrain de Oh my God ? Comment ne pas fredonner indéfiniment Saturday night ? Rarement la brit-pop aura été aussi enthousiasmante. Employment, c’est en fait un peu comme si Blur (à qui les Chiefs sont constamment comparés) avait pondu une demi-douzaine de variantes de Charmless man sur un même disque... Rien de si surprenant quand on précise que l’album a été produit par Stephen Street (producteur de Blur, mais aussi de New Order et The Smiths). Graham Coxon, l’ex-guitariste de Blur, est devenu pote avec le groupe et est d’ailleurs remercié dans le livret (tout comme Lucas Radebe, ancien défenseur de l’équipe de Leeds transféré des... Kaiser Chiefs, un club de foot d’Afrique du Sud, tout s’explique !). En caricaturant tout ce que la brit-pop compte comme clichés, les Kaiser Chiefs sont en train d’en devenir le plus grand phénomène. Moins sombres que Bloc Party, moins poseurs que Franz Ferdinand, moins sophistiqués que Kasabian, moins intellos que Maxïmo Park, ils seront sans doute le groupe pop de l’année. Oh, bien sûr ils n’ont absolument rien inventé... Ils ont même pillé allégrement quelques aînés, mais, on a beau essayer, on n’arrive pas à les trouver ennuyeux. On a un peu honte, mais c’est comme ça. Ils seront peut-être aussi éphémères que les précédentes trouvailles du NME, mais ils nous auront au moins fourni quelques agréables moments de joie communicative. Cette cure de bonne humeur est sans doute ce dont la métropole industrielle de Leeds avait le plus besoin. Le chômage y fait rage et l’équipe de foot locale n’a plus rien gagné depuis bien longtemps. Tiens, c’est un peu comme chez nous... |
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Il y a 9 contribution(s) au forum. > Kaiser Chiefs : "Employment"
(1/5) 23 juillet 2005, par joanny > Kaiser Chiefs : "Employment"
(2/5) 22 juillet 2005, par Ratchi > Kaiser Chiefs : "Employment"
(3/5) 22 juillet 2005, par lkj > Kaiser Chiefs : "Employment"
(4/5) 21 juillet 2005, par Cartman > Kaiser Chiefs : "Employment"
(5/5) 21 juillet 2005, par Stéphane |
> Kaiser Chiefs : "Employment" 21 juillet 2005 [retour au début des forums] Chacun ses goûts, non ? Si t’aimes pas ceux des chroniqueurs ici, va ailleurs, tout simplement. On dirait un type qui va dans un resto chinois, alors qu’il déteste la bouffe asiatique, juste pour aller insulter le staff. > Kaiser Chiefs : "Employment" 22 juillet 2005 [retour au début des forums] Il y a pourtant marqué "rock" sur l’enseigne ! Si tu rentres dans un resto chinois et qu’il te servent du boeuf bourguignon, tu l’aurais pas mauvaise toi ? Comme quoi, des fois, il faut réfléchir avant de répondre n’importe quoi pour faire le malin... > Kaiser Chiefs : "Employment" 24 juillet 2005 [retour au début des forums] Ben malheureusement, dans l’enseigne rock, tu peux mettre n’importe quoi. C’est pas une étiquette très précise... > Kaiser Chiefs : "Employment" 24 juillet 2005 [retour au début des forums] Elle a surtout perdu de son sens à cause d’ignorants se réclamant du rock sous prétexte d’une guitare saturée...
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