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Mark Lanegan Band : "Bubblegum" Highway to hell jeudi 2 septembre 2004, par |
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Mark Lanegan, chanteur des défunts et mésestimés Screaming Trees avait toujours mené dans le même temps une carrière solo unanimement respectée, à défaut d’être bien connue. Et comme sa remarquable participation au solide et graisseux Songs for the deaf des Queens Of The Stone Age lui a permis de se faire davantage connaître du grand public, on ne peut qu’espérer que cet artiste atypique et sincère récolte à présent un succès en phase avec son talent.
Si le titre avait pu laisser supposer un album léger aux tons pastels, composé en pleine descente de peyotl au détour d’un des fameuses desert sessions, les plus naïfs d’entre nous en seront pour leurs frais. Très loin des déferlantes impétueuses du célèbre groupe stoner, Lanegan, aussi cafardeux qu’à l’accoutumée, signe ici une oeuvre personnelle, qui fait la part belle à l’étalage des sentiments d’accablement, de perte et d’ambitions brisées. Sa voix amère évoque Tom Waits pour les morceaux les plus enfumés, Leonard Cohen pour les plus intimes, et Nick Cave pour les plus mélancoliques. Trois solides références que notre homme parvient à égaler le plus naturellement du monde. Véritablement protéiforme, Bubblegum sait se faire brutalement rock le temps d’un Sideways to reverse à bout de souffle ou d’un Driving death valley blues autoroutier qui n’est pas sans rappeler les bombes soniques des Queens Of The Stone Age. Ces deux titres seront pourtant sa seule concession à l’énergie rock, le reste rôdant avec une implacable détermination dans les terres de la balade désertique. Comme c’est souvent le cas aujourd’hui, Lanegan a invité un belle délégation de célébrités à venir mouiller la chemise avec lui sur Bubblegum. S’il ne semble guère avoir besoin d’un quelconque soutien au niveau purement artistique, la présence de quelques figures connues sur les pièces de l’album ne peut pas faire de tort à sa notoriété personnelle. Pas rancuniers à propos de son départ des Queens, Josh Homme et Nick Oliveri sont venus lui prêter main forte sur de nombreux morceaux. Pour rester dans le milieu stoner, on peut aussi signaler la participation de Chris Goss, leader des Masters Of Reality et ancien producteur de Kyuss. Duff McKagan et Izzy Stradlin (Guns’n Roses) apportent leur savoir-faire pour l’élégant Strange religion. Greg Dulli (Afghan Whigs) est également de la partie. Il paraît évident que Mark Lanegan est une personnalité plus que respectée au sein du monde musical. Mais la collaboration la plus remarquable reste celle d’une certaine Polly Jean Harvey… Si Lanegan devait avoir un alter ego féminin pour ce qui concerne l’art de se mettre à nu sur un album, nulle autre que PJ Harvey ne pourrait mieux tenir ce rôle. Hit the city et Come to me, deux superbes invocations ascétiques, marient à la perfection les voix réservées et souffrantes des deux artistes. Fidèle à sa réputation, Lanegan nous propose quelque chose entre un blues urbain noir et intimidant, et une berceuse désespérée pour suicidaires. Bubblegum est sombre et fiévreux, puissant dans son propos tranchant, sans concessions dans sa morne vision des choses. Méconnu, peu amène de prime abord, mais chaudement recommandé à tous les adeptes des grands songrwriters torturés. |
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