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Nickelback : "The long road" On the road again (and again, and again,...) samedi 8 novembre 2003, par |
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Surtout ne jamais prendre de risques : Nickelback a explosé internationalement grâce à "Silver side up" et à son rock bruyant très facile d’accès, et ce n’est pas ce troisième album qui remettra en question l’engouement des masses à leur égard.
The Long Road n’est pas un album interminable, et c’est ce qui permet de conclure son écoute dans un état de relatif bonne humeur. Un album dont les 80 minutes d’espace seraient totalement rentabilisés serait accepté avec joie de la part d’un groupe imaginatif ou très novateur mais un peu plus dur à supporter venant de ces Canadiens qui ont trouvé une fois pour toutes le filon porteur et s’y cantonnent avec une belle obstination. Saluons quand même l’exploit : composer 50 minutes de rock toujours dans le même ton témoigne d’une discipline de fer (lutter contre son imagination, ce n’est pas facile !) ou d’une confiance aveugle dans la tolérance naturelle de l’être humain. The Long Road, c’est 14 pistes de gros rock à guitare, parfois sous la forme d’un brûlot bien tassé, mais plus souvent proche de la power-balade virile pour cow-boy loin de sa maison. Les musiciens, égaux à eux même, se débrouillent correctement, sans faire preuve de beaucoup d’originalité. Une originalité tout aussi absente chez le chanteur Chad Kroeger, qui semble avoir décidé que sa voix rauque pouvait convenir à toute les situations. Encore heureux que son organe soit assez charismatique, car pour la variété, on repassera. Mais bon, la voix du mâle qui souffre et qui ne l’avoue pas, ça fait toujours craquer les filles. Malgré cette absence de créativité, on ne peut pas affirmer pour autant que Someday ou Do it anymore soient de mauvaises chansons. Elles « fonctionnent » très bien et accrochent rapidement l’auditeur de base, ce qui doit constituer, à mon avis, l’objectif principal de Nickelback. Le gros défaut de cet album - et cela semble être un problème récurrent chez la plupart des formations récoltant un vaste succès populaire - c’est que tout cela ressemble très fort à ce que ces mêmes groupes ont pu faire précédemment. Il est fréquent de retrouver sur cet album des accents qui rappellent les chansons de Silver side up, tout spécialement How you remind me, un peu comme quand on se balade dans certains villages montagnards consanguins où on reconnaît partout les traits physiques du patriarche. Le public veut une nouvelle fournée d’How you remind me ? Pas de problème, l’auto-recyclage, Nickelback sait y faire. Le fait qu’à force de postposer le moment de se renouveler, le groupe sera immanquablement balayé par le prochain spécimen bien marketisée de rock post-grunge à voir le jour, ne semble pour l’instant pas les effleurer le moins du monde. The long road se laisse donc écouter sans grande passion, ne proposant rien qui incite à le préférer à d’autres albums du même acabit. Est-on en face d’une arnaque commerciale ? Pas davantage qu’avec Silver side up. Pas moins non plus. |
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