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Sharko : "Meeuws 2"
Bizarre et belge

lundi 20 janvier 2003, par Marc Lenglet

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Après avoir pas mal roulé sa bosse aux USA dans les circuits folk et grunge, Sharko alias David Bartolomé est revenu dans sa Belgique natale et livre ici son deuxième album de pop éclectique et étrange.

Deuxième ou plutôt deuxième album et demi, puisque ce Meeuws 2 est une version remixée et agrémentée de quelques nouvelles chansons du deuxième album de Sharko, le premier Meeuws, sorti dans un état très brut uniquement en Belgique (ca va, vous suivez toujours ?). La manœuvre était clairement de rendre cet album un tantinet plus accessible au grand public, notamment grâce à l’ajout d’un single plus commercial, le dépressif I went down, aux paroles volontairement floues (déclaration d’amour mélancolique ou confessions d’un tueur en série ?). De même, l’autre single, Minute, a tout pour devenir un mélodie pop à succès dans sa forme actuelle.

Mais ces deux chansons fort accessibles ne doivent pas occulter le reste de l’album. Sans trop s’inquiéter de la profondeur de ses textes, Sharko préfère instiller dans chaque titre un climat indéfinissable, souvent sombre et désabusé. Les influences, à la croisée du folk, de l’alternatif et de l’électro, renforcent l’impossibilité de cerner correctement la musique de Sharko. De la comptine cynique Sunset au noisy punk de Hey man, en passant par le dépouillement ascétique de The Queen is coming ou Wig, il y a à boire et à manger sur Meeuws 2. Sans oublier la musette funèbre sous acide de Montmartre ou un étrange Clash P qui rappelle les débuts des Pixies. La voix de David Bartolomé, haut perchée, balbutiante et perpétuellement au bord de la rupture rajoute encore à l’étrangeté de l’album.

Pour l’avoir vu en concert, je peux vous assurer que ces derniers valent également le détour : très théâtraux et imprévisibles, à l’image du chanteur. Vu la qualité de cet album, bien éloigné des critères habituels de la pop, il ne manque plus qu’une bonne promotion et un petit coup de pouce du destin pour que Sharko trouve la place qui lui revient dans la cour des grands et connaisse le même succès international que dEUS.



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Marc Lenglet