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The Wallflowers : "Rebel, Sweetheart" Cars and Girls jeudi 18 août 2005, par |
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Rebel, Sweetheart, le cinquième album des Wallflowers, c’est Springsteen sans conscience sociale, Tom Petty sous anabolisants. Idéal pour conduire sa décapotable, les cheveux au vent, sous le soleil californien... Moins adapté, peut-être, aux bouchons de la E411 en travaux les jours de drache nationale. Décalage culturel...
The Wallflowers, c’est le groupe de Jakob Dylan, le fils de qui vous savez, celui qui déniaisa le folk et appris au rock’n roll à penser et à parler. Le génie n’étant pas nécessairement génétique, toute référence au Tambourine Man s’arrêtera là et on renverra donc les fans de Dylan père au tome I de son excellente auto-biographie, Chroniques, recueil à l’instinct des hauts et des bas de la créativité de son auteur, récemment traduit en français. Revenons-en à Dylan fils... Révélé dans la seconde moitié des années 90 au public MTV, avec, notamment, une bien fade reprise de l’immense Heroes de Bowie, les Wallflowers, avec leur look propret de mannequins GAP, n’ont jamais su provoquer chez nous qu’un vague haussement de sourcils et des bâillements d’ennui caractérisés. Et ce n’est pas avec ce cinquième album, présenté comme celui de la maturité, que cela devrait s’arranger... Days of wonder, un rock bien carré comme John Cougar Mellencamp (mon Dieu, rien que d’écrire ce nom, on en a des frissons) en pondait des dizaines à la chaîne dans les années 80, ouvre l’album et, directement, on ne peut d’empêcher de penser à Prefab Sprout et à Cars and Girls, ce single pop parfait sur lequel Paddy Mac Aloon, ce petit prince de pop anglaise tendance ligne claire, moquait avec l’ironie mordante dont seuls sont capables les Anglais à l’égard des Américains, le rock US couillu des années 80, celui du Springsteen mal-compris de Born in the USA et de ses suceurs de roues à la Huey Lewis.... L’adage révélé par Mac Aloon s’avérant particulièrement bien vu (« Some things hurt more, much more than cars and girls... »), on s’ennuie donc ferme durant les cinq premiers titres de Rebel, Sweetheart aux tempos amphétaminés dont les histoires de cœur sponsorisés par Starburcks Coffee et la philosophie à deux centimes nous passent un peu par-dessus la tête. On évite même de justesse la peine capitale avec un titre comme The Passenger... C’est vrai quoi, on n’emprunte pas impunément le titre du meilleur single rock des seventiess pour en faire un vague hymne pompier pour salle de musculation... Ce n’est qu’avec certains titres de la seconde moitié de Rebel, Sweetheart que la situation s’améliore un peu, quand Jakob Dylan and Co varient les plaisirs. I am a building s’avère ainsi une chanson aux influences pop sixties des plus honorables. From the bottom of my heart est, quant à elle, une belle ballade acoustique, qui évoque un Springsteen apaisé, sans toutefois proposer la conscience sociale aigue qui empêche à ce dernier de sombrer dans la mièvrerie. Au final, on est pourtant loin d’être emballé par cet album , dont le succès aux Etats-Unis semble assuré grâce aux playlists middle of the road des grandes radios. En Europe, ce sera sans doute moins facile, ce type de musique formatée American Dream à l’extrême prenant moins facilement racine sur le vieux continent. Et on ne s’en plaindra pas trop (on a déjà assez à faire ici avec les adeptes anglais du rock pleurnichard à la Keane, par exemple). On plaidera même pour un contrôle beaucoup plus strict aux frontières en ce qui concerne l’importation d’O.G.M. venant des Etats-Unis : il est temps de penser à la santé de nos petites oreilles... |
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