Pour la vingtième année de sa carrière, Depeche Mode ne nous a pas déçu. Après dix albums studio, ils nous reviennent en 2001 avec un beau cadeau. Treize plages de bonheur. Exciter, produit par Mark Bell (Björk, LFO), amène une nouvelle fois DM là où on ne les attend pas ! Pas question de répéter de vieilles formules qui ont rapporté gros, ou de s’enliser dans des terrains qui ne leur correspondent pas. Ils font ce qu’ils savent faire de mieux, nous transporter là-bas tout
là-haut, dans cette extase dont on aimerait ne jamais revenir. Là où on ne peut plus dire que deux choses : "merci" et "encore !"
Une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter cet album plage par plage.
Dream on : Dès les premières secondes, on sait à quoi s’attendre pour le reste de l’album : un savant mélange de rythmes électroniques et de guitares bluesy. Avec comme toujours le songwriting imparable de Monsieur Martin Gore. Il est encore une fois question de drogues, mais de façon plus optimiste qu’à l’époque de Devotional. Il s’agit du premier single de l’album.
Shine : Un morceau qui aurait sans problème pu figurer sur Violator. Une ambiance envoûtante, un chant chaud, un tempo lent qui se termine en véritable explosion électronique et des paroles qui rappellent World in my eyes. Le parfait cocktail qui nous donne envie de paraphraser le refrain : it’s difficult no to shine for them.
The sweetest condition : Le titre rappelle un célèbre morceau de Violator, mais on en est cette fois assez loin. La première note donne le ton et installe un climat assez recueilli où la guitare tient le premier rôle.
When the body speaks : Une section de cordes de six musiciens, emmenée par Knox Chandler, rejoint le groupe pour cette ballade romantique lente et reposante. Certains pensent cette chanson et le climat qu’elle dégage inspirés par Radiohead.
The dead of night : Après le beau temps arrive la tempête ! Un morceau avec sons électroniques corrosifs, voix distordues, paroles dark et refrain explosif. Un véritable hommage aux groupes gothiques qui ont souvent "pompé" les thèmes du groupe, Marilyn Manson en tête !
Lovetheme : Court intermède instrumental qui permet de se remettre de l’uppercut The dead of night et qui sert d’intro au morceau suivant.
Freelove : On parlait de ce titre comme du single qui allait détrôner Enjoy the silence. Il aurait fallu pour cela accélérer le tempo. On voit ici le vide laissé par Alan Wilder. Martin préférait en faire une ballade. Le résultat est assez réussi, grâce à la qualité du chant et au refrain accrocheur. On peut quand même reprocher au producteur son approche commerciale et ses arrangements un peu légers.
Comatose : Chanté par Martin Gore himself, il s’agit d’une ballade très lente un peu moins convaincante et un cran en dessous de classiques du genre comme One caress.
I feel loved : Retour à l’électro avec ce single au tempo beaucoup plus rapide et agressif, avec l’apport du percussionniste Airto Moreira. Les paroles sont un peu naïves mais le chant et le rythme percutants.
Breathe : Le but de Martin en écrivant cette chanson, qu’il chante lui même, était de sonner un peu comme un slow émouvant de crooner des années 50. C’est réussi. Deux thèmes récurrents sont revisités : l’amour trahi et la religion. En effet, tous les prénoms cités dans l’histoire sont ceux de personnages bibliques.
Easy tiger : Nouveau court intermède instrumental, un rien psychédélique. Le remix par Bertrand Burgalat & A.S. Dragon, disponible en maxi, est indispensable !
I am you : Clairement inspiré par l’album Mezzanine de Massive Attack, il s’agit d’un morceau chargé d’émotion. Une belle surprise, et la toute première expérimentation trip-hop de Depeche Mode.
Goodnight lovers : Dernière chanson de l’album, mais aussi dernier single à en être tiré. Inspiré par Sunday morning du Velvet Underground, il s’agit d’un morceau lent, petite berceuse pour amoureux avec cette conclusion fataliste : when you’re born a lover, you’re born to suffer...
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