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Yel : "Intimes illusions" Serions-nous manipulés ? samedi 6 novembre 2004, par |
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C’est à l’heure où nos compatriotes de Yel sortent leur premier album en France que nous vous proposons une relecture du phénomène francophone rock de l’année. Accueilli à bras ouverts par feu Radio 21 en 2002 pour la sortie de leur single Nouvelle Vague, le groupe nous invite à découvrir le monde torturé de ses Intimes illusions.
Sorti en septembre 2003 dans notre plat pays, Intimes Illusions est, comme pour beaucoup de groupes, le périlleux exercice du second album. Conservant cette approche directe due à une base assez rock (guitare-basse-batterie), les quatre protagonistes durcissent le ton et nous plongent dans le monde de la manipulation sous toutes ces formes, thème somptueusement illustré par le pantin de la pochette. En effet, tout au long des quinze titres qui composent cet opus, on se sent petit à petit pris au piège. Sur fond de sonorités anglaises (dont l’inspiration est à rechercher entre Placebo et The Cure), les textes, plus incisifs qu’auparavant, dévoilent des émotions introverties et sous le jeu de multiples métaphores, s’insinuent en vous tel le venin dans vos veines. Après quelques écoutes, ce disque nous prouve que nous ne sommes pas à l’abri de l’accoutumance, tant les mélodies s’ancrent dans votre subconscient. Nil Novi Sub Sole et son relent de 11 septembre ouvrent la marche vers la manipulation politique. Reality Record, single rêvé, dénonce les affres de la télé réalité et nous met en garde (Bientôt toi qu’on endort). Sex my brain et la tentation inconsciente de la chair. Et Pourtant conjugue les dualités de l’Amour ; Sombre Histoire, la douleur de la dernière étreinte. Ces illusions intimes se referment sur un moment délicatement acide intitulé Le Cid où la voix nous ronge tout en douceur. Pour clore son album, Yel, comme à l’accoutumée, nous joue la carte de l’instrumental très rock pour enfoncer définitivement le clou. Chaque morceau, soutenu ici par un riff particulier ou là martelé de lourdes percussions, nous emmène vers une histoire qui nous semble si familière. Le chanteur compositeur, Jean-Christophe Van Achter, parvient à transmettre, au travers de ses textes en français, ses émotions les plus profondes. Voilà peut-être leur secret ! En 2002, ils nous avaient promis d’être la Nouvelle Vague et ils ont tenu leur engagement en diluant de-ci de-là leurs multiples influences, en conjuguant textes impliqués et harmonies accrocheuses. Le rock francophone belge a encore de belles heures devant lui et on se demande finalement si ce n’est pas ce petit groupe qui a fini par nous manipuler.
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