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Chris Cornell : "Scream" Cornell fait le trottoir dimanche 3 mai 2009, par |
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Démissionnaire d’Audioslave après un Revelations correct mais pas franchement époustouflant, l’un des derniers chanteurs issus du mouvement grunge qui n’ait pas encore tiré sa révérence s’est cette fois acoquiné avec Timbaland pour relancer sa carrière en solitaire, vu que personne ne le supporte et que Morello était désormais occupé à remonter Rage Against The Machine. Mais autant Timbaland qui s’occupe de Justin Timberlake, Nelly Furtado voire même Duran Duran, ça marche bien, autant il est permis de se demander si l’adipeux producteur ne s’est pas foutu de la gueule de Chris sur ce coup-là.
J’imagine le débonnaire Timbaland pouffer sous la table de mixage en voyant notre pauvre Chris minauder devant son micro. Il avait dans son agenda du jour inscrit "me taper un chanteur de grunge". Il a cherché dans l’annuaire, n’a pas trouvé Kurt Cobain, pas non plus de Layne Staley, Eddie Vedder lui a bien répondu mais la réponse fut on ne peut plus claire, il restait Cornell au chômedu. Et pour que le gag soit encore plus énorme, Il décidèrent de l’appeler Scream le bazar, avec un cliché du héros du jour jouant à Paul Simonon dans les airs. Certain que les adeptes du bonhomme vont suivre, et tant pis si ils ramèneront la grosse ordure musicale dans les bacs d’occasion le jour même. Timbaland aura fait des thunes à défaut d’offrir de la bonne came. Scream, non seulement porte mal son nom, mais c’est surtout la pire putasserie qu’il m’ait été donné d’entendre récemment. Infâme gloubiboulga de R&B et de bidouilles horribles sur lequel on a collé un Chris Cornell complètement paumé, ce parangon du mix qui a foiré est à jeter illico dans la poubelle. Timbaland a voulu faire sonner Cornell comme Timberlake, et il avait tellement les pétoches que ça foire qu’il a décidé d’en faire des tonnes, de gonfler le pauvre animal avec tout ce qu’il avait de sons pourris dans les fonds de vide-poches de sa Maybach. Surprenant lorsque je reviens par exemple à son travail d’avec Duran Duran, à des années-lumière niveau qualité de la merde qu’est Scream. Il faut croire que Rhodes et LeBon ont su imposer leurs vues sur leur travail, alors que Cornell s’est sagement fait entuber, se contentant de chanter (fort bien d’ailleurs...) sur des titres formatés jusqu’à la nausée, puant l’arrivisme et la refourgue. Pire reconversion pour notre caractériel vieux grungie n’était pas possible. Ce disque procure une douleur intolérable, on m’empalerait vivant sur un pied de micro que je ne souffrirais pas autant (c’est une image, rangez vos pieds de micro...). Après quelques écoutes, je cherche encore à savoir quel était le but secret de Scream, car hormis hurler sur les toits que Cornell sait toucher à tout, ça donne en premier une triste illustration de ce qu’une relation non protégée entre deux espèces distinctes peut donner comme monstruosité. Pourtant, Aerosmith s’était bien sorti de la farine grâce à Run DMC, c’était certes une autre époque mais ça ne rendait honteux ni l’un ni l’autre. Dans le cas de Cornell, le pauvre type a fait carton plein. Il passe pour un blaireau auprès des personnes qui l’appréciaient, et d’un très gros blaireau auprès de ceux qu’ils pensent toucher avec sa mixture dégueulasse remplie de R&B, de pop, de soul, de techno et de rock aussi, un peu. Le plus navrant là-dedans, c’est que le bougre chante encore fabuleusement bien. Sa passion pour les musiques noires n’est pas à mettre en doute, et il parvient à offrir, vocalement parlant, de vrais bons moments. Sur Ground zero par exemple, fort belle démonstration, mais vu que tout est salopé par la soupe de Timbaland, on ne profite en rien de sa prestation. Suis-je méchant uniquement parce qu’il s’agit de l’ex-chanteur de Soundgarden et Audioslave ? Possible, alors j’ai tenté d’écouter Scream avec l’oreille du mec qui ne connait rien du passif du vocaliste. C’est une dure épreuve, faire abstraction de ça, mais même dans ces conditions, l’album n’a rien à proposer mis à part la nullité absolue qui orne fièrement son fronton. Concluons vite, que j’enterre la chose, Scream est un hybride foireux, un échec historique. Cornell joue le con opportuniste, et Timbaland est fier d’avoir mis Cornell sur le trottoir et en parlera encore longtemps à ses petits-enfants comme d’un joli conte de fées : "Il était une fois un bon chanteur qui se fit engrosser par un producteur, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants débiles et moches." |
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