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The Whitest Boy Alive : "Rules"
The best BBQ Music in Town !

mercredi 15 avril 2009, par Serge Coosemans

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Le pire blanc-bec vivant, c’est en fait un groupe, celui de la starlette scandinave geek Erlend Oye (Kings Of Convenience...) et de son trio de kakous berlinois. On peut lire dans le choix de ce patronyme l’acceptation d’une évidence : grand duduche norvégien, Oye a beau être tenté par le funk et la house, il n’aura jamais - pas plus que ses teutons camarades - le swing inné des Noirs américains. Les mecs jouent de cette raideur avec une certaine élégance, parvenant même régulièrement à la transcender, notamment sur scène le temps d’un tube dance ou l’autre repris avec panache (Show me Love de Robyn S, par exemple). Reste que pour quelques fulgurances au répertoire, il faut de fait se taper beaucoup de muzak. Deuxième album de The Whitest Boy Alive, Rules illustre à merveille ce destin volontaire mais pataugeur.

Rules sonne nettement plus jazzy que son prédécesseur, qui était lui plus carré, plus new-wave, tout simplement meilleur. L’ensemble se dévoile dans un premier temps carrément plaisant, un vrai disque de pop moderne, très musical, très bien exécuté, parcouru de frissons balléaric house tout en restant fondamentalement plus mélodieux et rêveur que percussif et axé dancefloor. Comparaison foireuse sans être totalement insensée : si New Order avait enregistré Technique en buvant de la limonade et en bouffant des marshmallows plutôt que d’écluser tout ce qu’Ibiza comptait de boutanches alcoolisées pour faire passer la sécheresse buccale provoquée par l’ingestion massive de X par poignées entières, hé bien, Technique de New Order ressemblerait peut-être à Rules par The Whitest Boy Alive. L’idée est proche, en tous cas : digérer l’influence dancefloor dans la pop ensolleillée.

Cela m’a paru très réussi durant une bonne trentaine d’écoutes. Puis, j’ai commencé à ressentir l’impression que la petite merveille se mettait à dévoiler des secrets de fabrication un tantinet rassis. Les morceaux les plus house sont les meilleurs, très bons, c’est clair. Par contre, l’aspect jazzy est finalement totalement tête à claques. Loin de moi l’idée de me vautrer dans un purisme jazz - ce véritable intégrisme ramenard encore davantage pénible que bien d’autres purismes musicaux- mais il faut bien dire ce qui est : ce qui sonne dans un premier temps comme une maîtrise très sympathique des instruments est en fait tout simplement deux ou trois parties de guitares et de synthés peut-être jolies mais néanmoins très « soupe ». Oui, c’est ça : l’influence jazzy de Rules relève de la muzak pure et simple. The Whitest Boy Alive est plutôt convaincant quand il fait de la house avec des guitares, a clairement sa place en warm-up dans un club mais pourquoi diable dès lors également jouer des trucs dignes du pire animateur musical d’un quelconque restaurant branchaga ? Lounge music, le retour de la vengeance ? Pitiéééé, je préfère encore écouter délirer Claude Challe !!!

Voilà le réel problème de ce disque. Il est plaisant, très plaisant, pour accompagner des repas, des vacances au soleil, des après-midi à ne rien foutre au bord d’un étang ou à la plage. Il peut donc être un formidable vecteur d’histoires mais fondamentalement, il n’en raconte aucune, d’histoire, ne délivre rien sinon du joli son pas dérangeant, capable de plaire à un peu n’importe qui - hypeux exigeants comme « kiffeurs de musique » pour qui Olivia Ruiz est « une immense artiste ». Bien sûr, quelque part, c’est là une définition basique de la pop et c’est bien pourquoi ce disque devrait en principe être aimé et admiré. N’en reste pas moins qu’à mes oreilles, il ne parvient que trop rarement à dépasser son aspect purement fonctionnel d’ingrédient nécessaire à un barbecue réussi. Et c’est bien pourquoi, en fait, après avoir pourtant cru le contraire, je ne l’aime finalement pas du tout... Maintenant, comme dans n’importe quel BBQ digne de ce nom, chacun bouffe ce qui lui plaît. Perso, ça sera donc une saucisse d’Horrors plutôt qu’une cotelette TWBA. Pas de quoi en faire un plat, fut-il en carton...



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Serge Coosemans





Il y a 7 contribution(s) au forum.

The Whitest Boy Alive : "Rules"
(1/4) 17 avril 2009, par Mage
The Whitest Boy Alive : "Rules"
(2/4) 16 avril 2009, par debbie pinson
The Whitest Boy Alive : "Rules"
(3/4) 16 avril 2009, par vincent
The Whitest Boy Alive : "Rules"
(4/4) 15 avril 2009, par debbie pinson




The Whitest Boy Alive : "Rules"

17 avril 2009, par Mage [retour au début des forums]

Je me demande juste : quand tu écoutes un album que tu trouves vraiment merdique, est-ce que tu pousses jusqu’à dépasser les 30 écoutes, et éventuellement donc à avoir l’effet inverse, à savoir finalement aimer un album que tu détestes lors des premières écoutes ?

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    The Whitest Boy Alive : "Rules"

    17 avril 2009, par SC [retour au début des forums]


    Non mais c’est arrivé qu’après-coup, je me mette à aimer des choses que je n’aimais pas de prime abord et alors dépasser de loin les fameuses 30 écoutes. Je n’ai cela dit pas d’exemples musicaux précis en tête, plutôt un film : 28 Days Later, détesté en salles, deux fois par an en DVD depuis...

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      The Whitest Boy Alive : "Rules"

      18 avril 2009, par debbie pinson [retour au début des forums]


      Moi je suis quand-même sidéré que tu aies tenu 30 écoutes. J’aime beaucoup Golden Cage et Burning du précédent album, mais là ça ne va plus du tout ! C’est de la lounge de véliplanchistes ce truc, du Donavon Frankenreiter. Si je sauve à moitié les morceaux Courage et 1517 c’est uniquement parce que, comme eux, j’ai trop kiffé Gerry Rafferty et Al Stewart quand j’étais petit.

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The Whitest Boy Alive : "Rules"

16 avril 2009, par debbie pinson [retour au début des forums]

Maintenant je l’ai écouté cet album... et il ne faudra pas me le repasser 30 fois avant que je ne le laisse moisir au fond de mon disque D, merde ;-)

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The Whitest Boy Alive : "Rules"

16 avril 2009, par vincent [retour au début des forums]

"hypeux exigeants comme « kiffeurs de musique » pour qui Olivia Ruiz est « une immense artiste »."

L’autre jour sur Plug RTL, il parlait de Sliimy. Luc Lorfèvre s’est fendu d’une sortie sidérante. Il a déclaré un truc du genre "Sliimy a grandi avec Amy Winehouse, Lily Allen et Katy Perry". Si l’on suit ce raisonnement là, il faut déjà avoir une grosse culture musicale pour connaître Olivia Ruiz :-D

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The Whitest Boy Alive : "Rules"

15 avril 2009, par debbie pinson [retour au début des forums]

Je n’ai pas encore écouté cet album mais si je me le tapais 30 fois d’affilées, sûr que je lui trouverais des défauts. Par contre tu m’as donné envie de me remettre leur Golden Cage dans les oreilles, et cette petite ballade minimaliste et mélancolique où les élements disco se croisent avec le meilleur du Cure période 17’’ est tout doucement en train de devenir un personal classic of mine. Un de ces nombreux morceaux sans prétentions qui entrent par hasard et souvent distraitement dans ma vie, puis qui reviennent un jour m’exploser à la gueule toute leur charge émotionnelle amplifiée par les souvenirs qui sont venus s’y accrocher. Et c’est encore meilleur lorsqu’il s’agit de seconds couteaux touchés par la grâce, parce qu’ils gardent ce côté artisanal, chose que des Britney Spears ne peuvent pas se permettre.

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