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Psy’Aviah : "Eclectric"
Long is the road

mercredi 10 février 2010, par Tokyo Montana

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L’EBM, et l’électro en général, est un genre particulièrement compliqué à perpétuer, spécialement pour des jeunes pousses. Si l’on veut éviter de monter un musée Tussaud, il faut imprégner sa musique de personnalité et surtout développer de nouvelles sonorités. L’effort de Psy’Aviah est louable et mérite d’être soulever, mais il leur reste du chemin à parcourir si ils veulent se distinguer et imprégner le style de leur empreinte.

Première pierre d’achoppement, la durée de l’album. Sans doute est-ce mon inculture en matière de musique électronique qui me pousse à exprimer cette “fausse” vérité, mais les productions du genre sont longues, très longues et malheureusement trop longues. Et celui-ci ne déroge pas à la règle, une meilleure sélection aurait permis de présenter un tout cohérent d’une bonne quarantaine de minutes. Sauf en bruit de fond ou sur les pistes de danses, c’est un sentiment de répétitif qui prend rapidement le dessus dans ce monde de machines musicales. Si les prestations live peuvent/doivent tenir les inconditionnels ou les néophytes en haleine par le biais d’un show sans faille, dans un salon, ce délais semble presque insurmontable. Le fan est comblé, seul argument positif, car un élagage dans la track-list n’aurait pas été hérétique. Cela aurait permis aussi de mettre en valeur les pièces de réelle qualité.

Second bémol, les arrangements et les sonorités. Même si c’est le genre qui le veut, les parties de claviers sont très vintage et passent parfois pour ringardes. Les échos techno-dance sont un rien anachroniques, hors temps. Les programmations manquent de dynamique, d’agressivité et parfois de lourdeur. On a souvent la désagréable impression que l’on est monté dans la machine d’Orwell avec le compteur bloqué trente ans en arrière. Les albums de Front 242 de la grande époque semblent moins datés. Si l’on s’en réfère à Cut de C-Tec, pourtant bien plus ancien mais appartenant au millénaire, c’est carrément à l’origine du monde que l’on aura le sentiment de se retrouver.

Il faut aussi tenter d’éviter le plagiat, il y a de fortes analogies entre Anger management et, à nouveau du Front 242 des années 80, surtout dans Im sick of it. La collaboration avec Jean-Luc De Meyer sur Ophélie amène une certaine notoriété, mais on sent terriblement l’influence de ce dernier dans le chant et donne presque l’impression qu’il est l’auteur/compositeur (texte de Rimbaud, fort relent de Modern Cubism).

Malgré ces côtés négatifs, il y a également matière à satisfaction, notamment la faculté des Belges à composer en matière d’électro. Ce qu’ils nous servent en guise d’introduction n’a, lui, pas à rougir de la comparaison avec les modèles du genre. Lorsque les voix sont passées aux filtres et à la distorsion ( !AllAboutYou) cela peut parfois laisser une impression de réussite. Le problème vient de la répétition assez rapide de cet effet dans une composition de même structure.

Les rythmes ralentis permettent au chant féminin de ressortir. Il serait bon d’exploiter un peu plus cette singularité dans le style musical, le chant de sirène n’étant pas monnaie courante au sein de ce monde assez macho. Mais sans pour cela l’intercaler dans un morceau aux arrangements passéistes oscillant entre new wave eighties et techno dancefloor aux reverb’ kitches (Something Evil). Et un Blackhole ne manque pas de grand-chose pour devenir très intéressant, bien construit, assez bien arrangé, il lui faudrait juste un peu de puissance.
La guitare reste également beaucoup trop en retrait, mieux placée elle pourrait leur apporter de l’originalité. La rendre également plus percutante afin d’amener ce qui me semble manquer à l’ensemble : un son décapant et plus actuel.

Le second CD, Eclectricism, est franchement dispensable. On navigue parfois entre le new-age et le monastique style Enya et consort. De la réverb vocale à profusion et des synthés un brin old-fashioned que l’on pourrait retrouver en B.O d’un film sur les fonds marins, des programmations et boucles dignes d’easy listening d’hypermarché. Des incursions danse et techno à nouveau guère convaincantes.

Deux titres sortent du lot sur l’album : Bad gods pray, qui n’est pas loin d’être la meilleure pièce de l’ensemble, en collaboration avec Sowphie. No excuse, un titre enfin à la hauteur de ce que l’on peut attendre du genre en ce millénaire, prog très agressive et un son sans doute très distordu, un léger regret au niveau percussion.
Les remixes, eux, manquent franchement d’inspiration. Sans être un fan de l’exercice, je le trouve déjà périlleux quand un artiste tente le coup en piochant dans la discographie d’un autre. Si l’on prend le risque de retravailler ses propres inspirations, cela doit être sans faille.

Psy’Aviah possède un immense avantage : la jeunesse de ses membres. Ils devraient exploiter les deux caractéristiques qui les distingueraient de la masse : la chanteuse et la guitare. Ils apprendront et progresseront certainement au gré de collaborations avec des aînés ou avec des musiciens évoluant dans d’autres sphères. Il faut leur laisser le temps de murir les compositions, de se singulariser, d’améliorer la qualité des arrangements et de la production.

Album à paraître le 19/03/2010



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Tokyo Montana





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Psy’Aviah : "Eclectric"
(1/1) 11 février 2010, par Candy Raton




Psy’Aviah : "Eclectric"

11 février 2010, par Candy Raton [retour au début des forums]

Monsieur Montana,

Puis-je formuler deux remarques sans aucune agressivité déplacée :

1- Vous avouez vos lacunes en matière de musique électronique d’entrée de jeu. Pourquoi dès lors chroniquer cet album ? Et si je me souviens bien, il en allait de même au sujet des Artic Monkeys et de Qotsa, que vous avouiez très peu connaître. Pourquoi s’obstiner de la sorte, Pop-Rock rémunère-t-il si bien ses chroniqueurs ?

2- Il serait très agréable de pouvoir vous lire sans faute d’orthographe.

BàV

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