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The Bear That Wasn’t : "And so it is morning dew"
Petit ours deviendra grand

mercredi 10 mars 2010, par Jérôme Delvaux

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La folk, l’indie-pop acoustique à la Elliott Smith, Bon Iver, Sufjan Stevens et consorts, en général, ça ne me parle pas beaucoup. Allez savoir pourquoi, je me suis pourtant laissé séduire par cet album d’un groupe belge au nom improbable (l’ours qui n’était pas, késako ?), apparemment tiré du titre d’un livre pour enfants.

Originaire de Louvain, The Bear That Wasn’t est à la base le projet solo d’un musicien, Nils Verresen. Seul à la guitare, ou accompagné de quelques discrètes orchestrations, ce singulier auteur-compositeur brabançon nous emmène à pas feutrés dans un monde de douceur et de rêveries. En douze chansons aux titres aussi étonnants que The little witch and the brave boy are going to Venus, The exciting adventures of a bad bet, a bad alliteration and Mister Consequence, ou encore Next stop : Disneyland !, le chanteur séduit par la délicatesse de son timbre, par la simplicité de ses accords et par la finesse de ses ritournelles.

Nils s’est fait remarquer, en Flandre, avec un concept original de tournée « chez l’habitant ». En échange du couvert et de l’hébergement pour la nuit, il donne un petit concert privé, avec à chaque fois pour uniques spectateurs son hôte du soir et quelques convives. Quelle meilleure manière d’aller à la rencontre de son public et, à son contact, de faire murir, soir après soir, les chansons de son répertoire ? Cette tournée (de 365 dates en tout !), entamée en 2009, se poursuit cette année.

L’enregistrement de l’album a été pensé selon cette approche résolument intimiste, cette conception simple, directe et sans artifices de la musique. Loin de l’agitation, du bruit et du stress de la ville, The Bear That Wasn’t nous propose une petite heure de recueillement, de légèreté, de poésie et de joie communicative ; une tendre excursion champêtre qui nous colle un sourire béat sur le visage sans qu’on ne puisse trop expliquer pourquoi. Si ce n’est le plaisir que procure un peu de douceur dans un monde de brutes.

Tout ici n’est que dépouillement, il n’y a point d’électricité, pas de soli flamboyants et encore moins de bidouillages de producteurs. Chaque titre aurait été enregistré en une ou deux prises à peine que cela ne nous étonnerait d’ailleurs pas (à part sans doute pour les cuivres de Your huckleberry friends). Il y a un vrai sentiment de fraîcheur et une charmante spontanéité qui se dégagent d’un Fizzy good (Make feel nice), d’un Sour apple ou d’un Winterwandering - trois de mes titres préférés de cette galette.
Comme certains vieux Dylan, And so it is morning dew est un ces disques à écouter au coin du feu, lors de longues soirées d’hiver à la campagne, un verre d’excellent bourbon à portée de main. Les fans de Grandaddy devraient y trouver leur compte. Ceux de Gravenhurst encore davantage. Les inconditionnels de Bright Eyes risquent bien d’apprécier également. Pour les ambiances et la sensibilité.

Alors, avec The Bear That Wasn’t, la Belgique aurait-elle trouvé son Nick Talbot ? Ou son Conor Oberst ? Même si cela peut paraître prématuré, j’ai envie de répondre que oui. Nils Verresen semble taillé dans le même bois que ces songwriters. Il ne lui manque sans doute qu’un véritable tube (ce qu’on ne trouve pas encore sur cet album) pour lui permettre de s’exporter bien au-delà de nos frontières.



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Jérôme Delvaux





Il y a 2 contribution(s) au forum.

The Bear That Wasn’t : "And so it is morning dew"
(1/1) 10 mars 2010, par Mary




The Bear That Wasn’t : "And so it is morning dew"

10 mars 2010, par Mary [retour au début des forums]

L’hiver, au coin du feu, un Lagavulin, un Laphroaig, un talisker, un Bowmore.
Eventuellement un Oban, un Higland park.
Pourquoi pas aussi un Scapa, un Bunnahabhain.
Mais pitié, pas un Bourbon.

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