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Dour Festival, 15 juillet 2004
Dour : On y est, on y reste ! compte-rendu de la première journée dimanche 18 juillet 2004, par |
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Depuis le temps qu’on vous en parlait, quel bonheur d’enfin pouvoir se dire : « on y est, c’est le D-Day » !
C’est avec la très charmante Feist que commence le festival pour moi. Cette Canadienne fait partie du cercle pas si fermé que ça de la vague nord-américaine qui compte les nouvelles pointures électro ou funk que sont Gonzales ou Mocky (elle a d’ailleurs collaboré autant avec l’un qu’avec l’autre). Très courageuse, elle a bien chauffé l’Eclectik Dance Hall avec pour seul accompagnement sa guitare électrique, en solitaire. C’était en tout cas une très belle entrée en matière que de voir cette jolie brune se débrouiller aussi bien devant un audimat encore exigeant. Et pour cause, les différentes matières répréhensibles par la loi n’ont pas encore été consommées dans des proportions qui rendent le jugement très aléatoire (pour les criminels et petits délinquants : notez que des services de douane belge extrêmement nombreux ont placé des filtres à la sortie de l’Autoroute et ils ne semblent pas vouloir faire un canular...).
C’est ensuite à Laetitia Shériff (que tous les docs de Dour s’obstinent à écorcher en Sherrif), entourée de Gaël ("il tape sur des bambous et ça lui va bien", c’est ainsi qu’elle le présente) et Olivier, à la guitare (pour qui elle cherche une présentation adéquate et teintée d’humour), que l’on a affaire. Le groupe est très concentré, presque trop, et Laetitia ne sourira véritablement qu’en rappel. Le groupe joue la plupart des titres de l’album Codification, et Laetitia de montrer que ce qu’elle chante la touche profondément. Sur un des titres, le guitariste reprend le même procédé utilisé par Bauhaus dans l’album Mask sur le titre Of Lillies and Remains : imparable. Enfin, le set se termine par une reprise de Nightclubbing d’Iggy Pop : elle n’est pas calquée, loin de là, et c’est ce qui séduit. Enfin, le batteur s’énervera sur ses fûts dans une sorte de solo qui enflammera le public et ce, malgré le peu de caisses et timbales dont il est entouré. Comme quoi, il y a moyen de faire un beau tintamarre sans la vaisselle de Van Halen... Je retourne à l’Espace Presse et y retrouve notre Jérôme, excité par sa rencontre avec Estieve et Jérôme Colin. Voilà que Carlo Di Antonio, l’organisateur du festival, s’assoit à côté de nous pour livrer une interview à un confrère journaliste, visiblement passé à côté du progrès technologique qui nous a offert dictaphones et autres ustensiles d’enregistrement sonore. Nous avons le temps de demander à Carlo, qui nous avoue vivre la première journée toujours avec beaucoup d’anxiété, pourquoi programmer des artistes tels que Diam’s à côté de tous les groupes alternatifs qui ne visent vraiment pas le même public. Il nous avoue, en nous citant en guise d’exemples pour les années précédentes Faudel ou Kyo, les programmer pour "faire plaisir aux locaux" qu’il invite au festival. Faut-il comprendre les Borains ? En tout cas, il ajoute aussi que ça ne lui coûte rien car leurs cachets sont dérisoires comparés à d’autres artistes alternatifs. Mais voilà qu’il démarre son interview d’un autre âge avec le confrère (enfin confrère est un grand mot...).
Ne voulant sous aucun prétexte rater le retour de Senser réuni, je file. Ce groupe anglais, ayant fait en tout et pour tout un seul album, Stacked up, en 1993, avait largement marqué la nouvelle scène émergente qui se profilait alors et qui fera beaucoup bouger le rock : la scène fusion. Aidés en ce temps-là par un DJ, Heitham Al-Sayed et Kerstin Haigh, les chanteurs masculin et féminin du groupe nous servent des titres très rentre-dedans dans un coktail hip-hop/hard/techno/dance qui fera mouche. Ils se séparaient malheureusement par la suite et c’est avec la seule Kerstin que le groupe continuera, avec l’album Asylum en 1997, passé plutôt inaperçu. Sa vie privée (elle tombe enceinte -ses enfants attendent en backstage ce soir) mettra un terme au groupe. Visiblement en forme, et fort d’un nouvel album après une si -trop- longue absence, Heitham déblatère des textes toujours aussi engagés (il ne pourra d’ailleurs pas s’empêcher de préciser que la plus grande manif jamais organisée en Angleterre était celle contre la guerre d’Irak mais qu’elle n’a malheureusement servi à rien... A noter que le groupe est connu pour son action au sein de la Anti-Nazi League outre-Manche). Leurs succès d’alors, véritables petites bombes sonores, Eject, Switch et The Key ne seront pas oubliés dans un set explosif et entraînant. Kerstin n’a pas changé pour autant, elle aime toujours autant se dodeliner telle une perruche pin-up improbable, mais son chant amène toujours ce "je ne sais quoi" de terriblement efficace dans leur maelström. Un très bon concert en somme.
A peine le temps de souffler, il est temps d’aller jeter un coup d’œil sur les très attendus !!! (Prononcez Tchick Tchick Tchick). A sept sur scène, ils nous livrent un spectacle qui, de prime abord, semble être du n’importe quoi, complètement improvisé, où les protagonistes s’amusent et prennent leur pied. Leur musique est difficile à caractériser, disons que beaucoup de groupes traversent l’esprit et sont évoqués par-ci par-là. Je me contenterai d’un « Talking Heads meets The Beta Band », à savoir deux groupes qui fusionnent déjà eux-mêmes tellement de styles à eux deux qu’on se trouve devant un foisonnement de fusion(s)... C’est un cocktail détonnant entre punk, expérimental, jazz, hip-hop, dance, funk et rock. Tous ou presque sont multi-instrumentalistes, deux chanteurs, un saxo et une trompette très enjoués, des percussions imposantes : tous les ingrédients sont là. Et pourtant, on ne peut s’empêcher d’être déçu, peut-être parce qu’on en a fait un tel tintamarre (de leur tintamarre) qu’on l’est forcément, déçu. Ce qui m’a le plus déplu ce sont les vociférations, simulacres de jouissance sexuelle et chants plus qu’approximatifs du chanteur principal, qui de surcroît chante faux la plupart du temps... A retenir par contre un de leurs titres les plus connus, chanté par l’autre chanteur, grand barbu qui officie derrière les fûts quand il ne chante pas, Shit Sheise Merde. Les gros mots égrainent leurs chansons, c’est leur dada.
Je vais ensuite voir les Belges de Mauro Pawlowski & The Grooms, qui livrent, en très bons professionnels, un set sans faille et sans surprises. Mais pour les surprises, peut-être verra-t-on Mauro enfiler des bas résilles et un gilet en cuir pendant le set de Magnus samedi. Je termine la journée avec les deux DJ d’Optimo, qui mettent le feu aux poudres dans la Petite maison dans la prairie : on ne peut s’empêcher de se déhancher sur The Cure, si ?
D’autres articles seront disponibles très bientôt. |
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