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We Will Follow : A Tribute to U2 Bono version goth/indus ? dimanche 25 mai 2003, par |
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Le label Cleopatra, écurie de groupes électro-indus et goth, a sorti ces dernières années plusieurs albums de reprises assez extrêmes. Extrêmes dans le sens où les fans des groupes d’origine ont tendance à jeter le disque à la poubelle après la première écoute. Amis ouverts d’esprit, bonsoir !
Pour plusieurs millions de fans, U2 est le "meilleur groupe de rock de la planète" - une phrase relayée par les médias à chaque sortie d’album du groupe irlandais. Cela ne veut pas dire grand-chose au niveau artistique, mais cela donne une idée de la portée commerciale de tout ce qui porte leur nom. Après Siouxsie & The Banshees, AC/DC et Madonna, Cleopatra nous livre donc des reprises de U2.Paradoxalement, la plupart des groupes reprennent des titres de la période 1980-1991. Des titres que vous connaissez tous passent donc à la moulinette - nul doute que certains hurleront au blasphème... Laissons-les donc hurler. Le disque s’ouvre avec With or Without You, version Heaven 17. Ce groupe de synth-pop des années 80, malheureusement un peu oublié de nos jours, s’adonne à une relecture assez conformiste de la version d’origine. Le résultat est très plaisant, mais manque d’originalité. On pourrait dire la même chose de One par Information Society ; c’est un peu plus poussé musicalement, mais la voix presque geignarde finit par irriter. Le premier gros morceau du disque est New Year’s Day. Le duo électro-indus canadien Front Line Assembly a fait appel à Tiffany pour les parties vocales. Pour ceux qui l’auraient oublié, Tiffany fut une chanteuse pop adolescente dans les années 80. La voix est plus adulte, bien sûr ; à côté, breakbeats acharnés, samples agressifs, et plages de synthés préservant la mélodie... De mélodie, il n’en reste plus guère dans Pride. Razed in Black, pseudo derrière lequel se cache le hawaiien Romell Regulacion, se la joue agressivité primale : grosse distorsion sur la voix et boîte à rythmes minimaliste feront à coup sûr rire vos amis. Toujours aussi fun, on trouve ensuite Even Better Than The Real Thing par Dead or Alive - là, heureusement, c’est volontaire : tout est fait pour donner envie de chanter et danser, sans se prendre au sérieux, façon soirée karaoke. Vous avez dit blasphème ? Aucune insulte n’est faite à I Will Follow. Ce titre de 1980 est à peine dépoussiéré par Spahn Ranch ; une rythmique tranquille, une voix en retrait, la guitare est toujours là... C’est sympathique, mais on s’endort presque. Une même lenteur nous envahit sur All I Want Is You - avec plus de séduction, cette fois, Wayne Hussey oblige. Le chanteur de The Mission fait bien son travail, mais on regrette son toucher de guitare si particulier... Suivent les Electro Hellfire Club avec Sunday Bloody Sunday - imaginez un chanteur qui scande les paroles comme un serial killer, soutenu par des choristes possédées par le diable, et vous aurez un titre électro-glam si typique du EHC qu’on croirait qu’ils en furent les vrais auteurs en 1983 ! Il en est de même pour October - le disque vaut le coup d’être écouté juste pour ce titre. Difficile de réentendre U2 après sans ressentir une impression de frustration. Pourquoi ? Un beat et une ambiance sonore qui ajoutent beaucoup au duo voix-piano de la version d’origine. Merci Rosetta Stone. Contrairement à ce qui est indiqué sur la jaquette, ce n’est pas Die Krupps qui reprend Numb, mais la seconde incarnation de Jürgen Engler, DKay.com. Ayant sabordé en 1998 un groupe qui avait tant inspiré Rammstein, Engler a voulu redonner une orientation plus EBM à sa carrière. Numb lui convient très bien : son accent allemand donne une touche plus agressive aux paroles, aidé par un rythme binaire, de petits bruits électro et une guitare samplée. Intéressant. Plus dispensable, Where the Streets Have No Name ; le groupe Silverbeam, totalement inconnu, semble perdre ses moyens après une intro bien réinterprétée. Il ne reste plus qu’une boîte à rythme, une boucle house ridicule et la voix d’une certaine Ann Louise. Le tout sonne un peu daté et manque d’ambition. Même résultat pour la seconde reprise de Even Better Than The Real Thing - le groupe californien aux cheveux longs Bang Tango, disparu depuis longtemps, se fait aider à la production par Julian Beeston de Nitzer Ebb. Si on peut apprécier que musicalement, cela sonne plus EBM que heavy metal, on n’est pas convaincu par les voix, assez pitoyables. L’OVNI du disque, c’est la reprise de Desire par les Polecats, groupe similaire aux Stray Cats. U2 en rockabilly... rêve ou cauchemar ? A vous de voir... L’album se clôt par une version de Discothèque par Intra-Venus, ex-Suspiria : goth, très goth... Difficile de faire de mauvaises reprises quand on a d’excellentes chansons à la base. La plupart des reprises ici sont dans la moyenne, et quelques-unes sont de vraies perles, aussi créatives et personnelles qu’il est possible. |
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