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Paris, La Locomotive, 15 octobre 2003
Louisa John-Krol + GOR Les fées ont parfois bon dos... jeudi 30 octobre 2003, par |
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Nous attendions beaucoup de la venue à Paris de la chanteuse australienne goth/mediévale Louisa John-Krol... Malheureusement, s’il ne nous était jamais arrivé jusque là de rigoler à une soirée D-Side, c’est désormais fait ! S’il faut blâmer quelqu’un, ce n’est pourtant pas la dame, mais son compère italien GOR...
Un concert à la Locomotive commence traditionnellement très en retard par rapport à l’heure officielle - il était assez surprenant de ne trouver quasiment personne dans la salle à notre arrivée à presque 23 heures. Un (charmant) visage connu nous informe alors que seulement 157 préventes ont été enregistrées, et à peine 50 places vendues sur place jusque là. Des chiffres assez inquiétants, et on ne peut pas dire que les choses s’arrangèrent par la suite. Le public habituel aurait-il senti le vent tourner ? Quoi qu’il en soit, nous avons ainsi pu découvrir la Loco sous un jour inédit - quelque peu déprimant, il est vrai. Après une première partie assez ennuyeuse, nous voyons arriver Louisa John-Krol et Francesco Banchini (alias GOR). L’affiche indiquait bien l’un + l’autre - les deux artistes, tous deux édités sur le même label français Prikosnovénie, ont déjà enregistré ensemble et se connaissent fort bien : c’est donc un duo qu’ils nous offrent, assis côte à côte. Malheureusement, ce duo ressemblait à un buddy movie américain, où l’on trouve toujours un héros ayant pour boulet un faire-valoir comique. En l’occurence, le héros était clairement Louisa, et le bouffon était notre cher musicien latin. Il serait difficile de dire du mal du travail de studio de Francesco Banchini. Multi-intrumentiste âgé de 29 ans, il a sorti 4 albums, sans compter ses participations au sein du groupe Ataraxia, très inspirés par le moyen-orient et la spiritualité. Usant d’instruments classiques (clarinette, guitare acoustique) et traditionnels (flûtes et percussions médiévales...) et de sa voix très mélodieuse, il parvient sur disque à créer des ambiances particulières auxquelles il est difficile d’échapper. Malheureusement, la transposition en concert de ses chansons est probablement le concept le plus risible qu’il nous ait été donné de voir. Première chose à savoir, les chansons de GOR partagent presque toutes la même structure : un instrument joue une première phrase mélodique, sur laquelle se plaque un second instrument quelques secondes plus tard, puis un troisième, etc., pour finalement former la mélodie complète. Quand on sait que Francesco joue tout cela tout seul, tel un homme-orchestre - Louisa l’épaulant simplement à la guitare ou à la mandoline, on comprend vite qu’il y a un truc.
Pour être honnête, je n’ai pas compris assez vite, il m’a tout de même fallu une demi-chanson pour percer à jour le jeu de notre Garcimore en herbe. Essayez de visualiser la chose : Francesco prend un tambour sur ses genoux, puis joue une dizaine de secondes. Soudain, il repose le tambour par terre pour saisir un autre instrument - mais magie, le tambour, lui, continue à jouer ! Et ainsi de suite pour quatre ou cinq instruments, jusqu’à ce que Francesco se fixe sur sa clarinette ou sa flûte, avec laquelle il joue la mélodie principale... pour de vrai. Si l’idée n’est pas totalement idiote dans le sens où l’on voit les instruments que l’on entend sur bande, on finit quand même vite par se dire que l’arnaque est un peu grosse, d’autant plus que Francesco est également aidé par un playback pour la mélodie principale. Il pourrait tout aussi bien faire semblant de jouer de la clarinette, ça ne changerait rien - je le soupçonne d’ailleurs de nous avoir fait le coup plusieurs fois, mais passons. En ce qui concerne Louisa, elle était visiblement très heureuse d’être là et passait son temps à regarder son camarade avec admiration, comme s’il accomplissait des prodiges. Maniant délicatement sa mandoline, et nous accordant de superbes versions des meilleurs titres de sa pop-folk éthérée (notamment The Lily and The Rose, présent sur son dernier album, Alabaster), elle fut le point positif du concert. Les chansons de GOR semblaient malheureusement en surnombre, mais cette impression était peut-être dûe au fait que beaucoup d’entre elles sonnaient de la même manière. Le public fut régulièrement remercié de sa présence par les deux artistes (en français par Francesco). Un bon nombre des spectateurs, assez consternés, n’hésitaient cependant pas à charrier les deux artistes ou à s’en amuser discrètement ("Sans les mains !"), histoire de dédramatiser. Je passai moi-même, j’ai honte de le dire, une bonne partie du concert à parier quel était le prochain instrument que Francesco allait prendre en main. Le bilan : en attendant un concert solo de Louisa John-Krol ou un concert en groupe de Francesco Banchini, courez acheter leurs albums !
Addendum Juillet 2004 : J’ai été informé par Louisa John-Krol elle-même et par l’organisateur du concert similaire à Bruxelles que Francesco Banchini utilise une loop pedal, "un sampler enregistrant en direct des parties musicales". N’ayant toujours fréquenté que des guitaristes et bassistes "amateurs" et soucieux de jouer live malgré leur manque de moyens, cet appareil m’était inconnu. Cela ne change rien à mon point de vue : l’exploitation scénique qui en fut faite fut foncièrement ridicule à mes yeux et à ceux d’autres spectateurs. J’ai vu quelques semaines plus tard un concert du duo groove français Bumcello. Ceux-ci ont fourni un spectacle improvisé de 2 heures, sans pause, dont les loop pedals constituaient un élément essentiel, au point que Vincent Ségal, le violoncelliste, passa au total dix minutes accroupi au sol, en train de déclencher les différents samples enregistrés par les pédales. Si j’admire sans difficulté la virtuosité dont ils ont fait preuve ce soir-là et si je préfère que cet "outil" soit visible du public, je me refuse à le considérer comme une simple pédale d’effet, et encore moins comme un instrument : c’est un sampler et rien d’autre. Quant à la prestation de Francesco à la clarinette, je persiste à dire qu’il est impossible, avec une clarinette simplement amplifiée par un micro sur pied, de produire un son clair et totalement uniforme lorsque l’on forme des cercles d’un mètre de diamètre autour du micro avec l’instrument. Cela ne change cependant rien à mon opinion sur les albums de Louisa et de Francesco, que je continue à recommander autour de moi. |
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Il y a 6 contribution(s) au forum. > Louisa John-Krol + GOR
(1/3) 1er septembre 2004, par Francesco Banchini > Louisa John-Krol + GOR
(2/3) 22 août 2004 > Louisa John-Krol + GOR
(3/3) 5 décembre 2003, par arno pellerin |
> Louisa John-Krol + GOR 1er septembre 2004, par Jérôme Prévost [retour au début des forums] Francesco, First, let me say once more that I never claimed to be a journalist.
Best regards. > Louisa John-Krol + GOR 2 septembre 2004, par Francesco Banchini [retour au début des forums] Hello Jerome, thanks for have wite me again, so I think that you’ve answered by yourself at all the question that they’re inside you. I don’t write you for the concert it’s normal that like or not, I write you to tell that I’ve a band, so unfortunatelly for problems that I can’t tell you I was only with Louisa. But for me it’s not a problem, I think that it’s your problem ; so next 16 of october I’ll play in Torino, please you’re invited I’ll give for you a free entrance, please write at my mail fbanchini@yahoo.com if you come . Sorry if this will be my last message but I’ve many things to do and with a great smile I wish to you a nice day. A bientot. Francesco.
> Louisa John-Krol + GOR 23 août 2004, par Jérôme Prévost [retour au début des forums] Pourquoi devrais-je formuler des excuses ? Parce que j’ai froissé la sensibilité des artistes et de leurs fans ? Mon addendum n’a pas été conçu pour formuler des excuses ; et quant à "assumer", cher lecteur, si moi ou la rédaction avions eu un problème avec cet article, nous l’aurions effacé après publication. Vous remarquerez que l’article est toujours là, près d’un an après. Je vous laisse la responsabilité de me traiter de beauf inculte. En l’occurrence, je ne vois pas en quoi ne pas connaître une pédale d’effets est honteux et problématique pour chroniquer des disques ou des concerts (on en reviendrait là encore à s’attendre à tous ce que les critiques musicaux soient des musiciens, que tous les critiques de cinéma soient réalisateurs, et donc ensuite à penser que ceux qui écrivent des articles négatifs sont des musiciens ou réalisateurs ratés et frustrés). Personnellement, je me contente très bien de mes pédales "classiques" (voyez à quoi vous me poussez, en utilisant un vocabulaire pareil...) ; désolé si j’en reste aux habituels chorus, flanger, disto et compression. Quant à être un beauf, nous en reparlerons quand j’en viendrai à vous tutoyer. Votre perception de ce concert fut "de la poésie" ; la mienne fut "du cirque". Vous n’êtes probablement pas le seul à penser comme cela, et je ne suis pas le seul à penser comme je le fais. Rien ne vous empêche d’exprimer votre avis dans un article de votre côté. De toute façon, nous aurions probablement des avis aussi opposés si nous allions chacun chez Disneyland, donc il est inutile de passer des heures là-dessus. Cordialement.
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