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Mathieu Boogaerts : "2002 en concert solo"
Une guitare et un public...

dimanche 30 novembre 2003, par Jérôme Prévost

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Parmi tous les chanteurs et chanteuses étiquetés "nouvelle vague française", Mathieu Boogaerts est un peu à part. D’abord parce que sa musique est difficile à décrire et à ranger dans un rayon précis, mais aussi parce qu’il reste un artiste presque confidentiel, alors que nombre de ses collègues connaissent un succès public... Il est temps de rendre avec de DVD la place qui revient à ce chanteur qui n’a pas été fondu dans le même moule que tout ceux que vous pouvez entendre aujourd’hui.

Mathieu Boogaerts est une exception. En ce qui me concerne, c’est une exception dans ma collection de disques - mais qu’est-ce que ce garçon fait au milieu de mes disques de cold-wave et de metal-indus ? On me le demande souvent - et là, je déroule mes souvenirs de l’hiver 1995, où un clip faisait le bonheur des programmations nocturnes de M6 (à cette époque, c’était bien connu, il fallait regarder cette chaîne la nuit pour trouver des perles). On y voit Mathieu filmé de face, chantant sa chanson (Ondulé / par-ci par-là luné / pas les idées bien installées...), pendant qu’en accéléré, des amis lui coupent les cheveux et lui rasent la barbe. Ce clip était bien une perle, car il a marqué beaucoup de gens : souvent, quand j’en parle, on me dit "ah oui, je me rappelle !". Le problème, c’est que la plupart du temps, ça s’arrête là. Alors qu’il semblait simple d’enchaîner avec un succès public, il n’en fut rien : Mathieu reste inconnu de beaucoup de gens, huit ans après son arrivée sur la scène musicale française. On pourrait passer des heures à gueuler contre le paysage radiophonique actuel (merci les radios) et sur l’hypocrisie des maisons de disques... Justement, après trois ans de vaches maigres suite à son départ de chez Island (on n’ose imaginer combien il fut heureux, lui immense fan de reggae, d’être accueilli chez eux... et combien dut être la déception de n’y être pas soutenu comme il le méritait), Mathieu semble avoir trouvé chez Tôt ou Tard [1] la bonne maison pour poser ses chaussures. Pieds nus, justement, il fit la première partie d’Alain Souchon en mai 2002, et depuis un an, il sillonne les routes de France pour promouvoir son troisième album, ironiquement titré 2000.

Ce DVD capture l’un des 25 concerts de novembre 2002 au Lavoir Moderne Parisien. Sur cette tournée solo, Mathieu chante avec sa guitare, debout devant un panneau rouge, puis debout sur un rocher, puis assis devant un synthé... Le tout à côté d’un écran sur lequel sont projetées des séquences filmées en forêt ou sur une plage. De moments drôles (Attention, La bombe) en moments tendres (Le Ciment, Lorsque Flore), voire graves (Dom), Mathieu Boogaerts invite le public dans son univers, en dialoguant souvent avec lui. Les caméras filment l’artiste presque tendrement, pourrait-on dire. Le grain de l’image 16mm aurait plus sa place sur un écran de cinéma que sur ma misérable télévision, et c’est bien le seul reproche que j’aurais à formuler : on s’est habitués aux images de concerts tournées en vidéo pourrie, et c’est bien dommage.

Quelques mots sur le menu du DVD : vous êtes sur une plage de cailloux, avec devant vous l’horizon maritime, et surtout le gros rocher en plastique qui sert d’accessoire de scène à Mathieu. Les différentes options se cachent derrière certains cailloux - un peu irritant au départ, mais on s’y fait ! Voyons voir : Un caillou cache le 2002 Spécial, à savoir tout simplement les 70 minutes du concert que vous venez de voir, mais réorchestrées ! Voilà probablement le concept le plus intéressant qu’un artiste solo puisse trouver : Mathieu a ajouté en studio des pistes supplémentaires de guitare, basse et synthé. Deux concerts pour le prix d’un, c’est magique... Ailleurs sur l’écran, vous trouverez Je me détends, joué en rappel lors de l’un des concerts... avec beaucoup de difficulté, Mathieu ne se rappelant pas facilement des paroles, n’ayant pas joué la chanson depuis quatre ans. De même, vous trouverez la sublime chanson Néhémie d’Akkadé, jouée dans le noir le plus complet. Derrière deux derniers cailloux se trouvent le Bonus Bleu et La Forêt Bonus - je ne vous en dirai pas plus, sachez juste que ces séquences méritent bien leur nom.

La tournée de Mathieu Boogaerts s’achève le 1er décembre au Trianon, à Paris.

DVD Zone 2, image 1.77, son stéréo.

Tracklisting :
- Vite
- Quel été 2000
- Attention
- La bombe
- J’en ai marre d’être bleu
- Dom
- Tu es
- Comment tu t’appelles ?
- L’espace
- Le ciment
- Bye
- Super
- Lorsque Flore
- Las Vegas


[1] label des Têtes Raides, de Vincent Delerm, et surtout de Dick Annegarn, idole de Mathieu avec qui il a tourné en 1997.



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Jérôme Prévost