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Paradise Lost : "Evolve"
Vous avez manqué le concert ? Séance de rattrapage, avec ce DVD !

jeudi 27 mars 2003, par Jérôme Prévost

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Evolve… Un mot qui caractérise bien la carrière de Paradise Lost depuis la création du groupe en 1989. Ce DVD retrace la période 1992-1998 - couverte par le label Music For Nations - et permet de retrouver les différentes facettes d’un groupe qui passa du death-metal à un rock mâtiné de new-wave...

Le premier document nous montre le groupe en concert à Stuttgart en 1993. Sept titres s’enchaînent sur une durée de 35 minutes, avec une image exécrable, détériorée par de nombreux artefacts (drops, lignes, poussières…) qui pourraient presque sembler délibérés tant ils sont nombreux. Cela ne doit pas vous faire passer à côté de ce document historique : voir Nick Holmes et ses acolytes porter les cheveux longs et secouer frénétiquement la tête n’est plus chose commune aujourd’hui...

Plus sérieusement, l’exécution des morceaux est impeccable, et même si le réalisateur semble tout faire pour nous cacher les gestes techniques de Greg Mackintosh, le plaisir est là. Plaisir visiblement partagé par le public de l’époque, très dense dans la salle, mais très mobile. Une interview du groupe est insérée en deux parties au milieu du concert ; filmée la nuit, en extérieur et au coin d’un feu. Les musiciens, buvant une bière chaudement emmitouflés dans leurs blousons, s’expriment avec une certaine spontanéité sur le passé et l’avenir du groupe...

Suivent ensuite 5 clips vidéo : As I Die : le titre emblématique du groupe ne bénéficie malheureusement pas d’un clip à la hauteur. Filmé en noir & blanc, une caméra zoomant maladroitement sur le visage ou les mains des musiciens, puis sur le visage d’une jeune femme apeurée, l’ensemble semble inspiré du Dracula de 1931… avec moins de moyens. En bref, un clip plus embarrassant qu’autre chose... Pity the Sadness : un classique playback, correctement filmé. Le groupe se tient devant un mur d’amplis Marshall et de spots lumineux, baigné dans une lumière rouge. True Belief : pour ce titre très populaire, des images d’un festival sont mélangées à des scènes du concert de Stuttgart pré-cité. Embers Fire : sans doute le clip le plus intéressant de cette section. Chaque membre du groupe est filmé individuellement, sur fond noir. Le montage place en surimpression des plans des musiciens couchés face contre terre dans une forêt, le tout saccadé par un effet stroboscopique. Durant les solos de Greg Mackintosh sont intercalées des images d’insectes rampants (cafard, centipède, scorpion), rappelant bien avant l’heure la mode instaurée par David Bowie (The Heart’s Filthy Lessons), puis reprise par Nine Inch Nails (Happiness in Slavery) et bien sûr Marilyn Manson (The Beautiful People). Widow : un clip assez ridicule où l’on voit Nick Holmes, perché sur la proue d’un bateau, bravant la pluie battante tout en chantant. Les autres musiciens sont filmés également sous la pluie, devant des tentures colorées. Cela rappelle Wish de Cure, mais ce n’est pas voulu. Bonus caché : si vous accédez par la télécommande au premier chapitre de cette section de clips, vous verrez encore une fois le groupe autour du feu, cette fois-ci pour parler de l’origine du nom ’Paradise Lost’.

Ces 70 premières minutes sont censées reprendre l’intégralité du contenu de la vidéo sortie en 1993 : Harmony Breaks. Ce n’est malheureusement pas le cas, deux titres manquant au concert de Stuttgart : Gothic et Eternal, tous deux tirés de l’album Gothic (1991). Une question de droits ? Quoi qu’il en soit, c’est dommage, les fans devant garder leur vidéo, regardée déjà 2147 fois, pour pouvoir profiter de ces deux bijoux.

La section inédite de ce DVD s’intitule ’Home Movies’. Vous y verrez Paradise Lost dans son habitat naturel : en studio en 1993 pour l’enregistrement de ’Icon’, au festival de Donnington en 1996, dans le tour bus en 1996 et en répétitions pour l’album ’One Second’ en 1997. On se rend compte que ces musiciens sont de grands enfants et l’on se prend à rêver de voir Nick Holmes de si bonne humeur devant son public un jour. Le rêve ne dure malheureusement que 9 minutes. Je tiens à rassurer les esprits inquiets, vous ne verrez là aucune vulgarité à la Limp Bizkit, ces messieurs sont anglais, après tout.

Le gros morceau du DVD, c’est 75 minutes de concert : ’One Second Live’. Filmé en 1998 au Shepherds Bush Empire de Londres sur la tournée la plus coûteuse du groupe (lights magnifiques, deux écrans de projection derrière la scène), avec plusieurs caméras, une grue et un réalisateur de talent, ce concert est une vraie démonstration. Les 18 titres s’enchaînent impeccablement, les musiciens assurant parfaitement leur rôle. Nick, s’il est plus communicatif qu’à l’ordinaire, a des difficultés avec sa voix et semble mal à l’aise dans les passages mélodieux. Ce concert, à l’origine sorti en VHS par le groupe via le fan club, disponible lors des concerts et sur leur site internet, bénéficie ici d’un transfert tout à fait correct ; pas de gros défauts de compression et un son assez correct. Il vous faudra tout de même pousser l’ampli assez fort pour tout entendre, à moins d’être équipé en Dolby Prologic II.

Pour finir, 2 clips vidéos de ’Draconian Times’ et 2 tirés de ’One Second’ : The Last Time : le groupe joue en playback, les images étant parfois désynchronisées avec la musique… La cerise sur le gâteau : pire que Queen jouant We Will Rock You dans la neige avec des moufles, Paradise Lost joue dans une énorme flaque d’eau où le ciel bleu fluo se reflète. Vive le kitsch. Forever Failure : ce clip à lui seul justifierait presque l’achat de ce DVD. Tourné en noir & blanc avec visiblement beaucoup plus de moyens (et d’idées) que tous les autres clips réunis, il laisse une forte impression… Say Just Words : pour des raisons de moyens, seul Nick a pu se déplacer sur le lieu du tournage. Comment vous donner une idée du résultat… Vous prenez le clip de Charlotte Sometimes de Cure (une jeune femme erre dans un bâtiment désaffecté) et vous le plongez dans des éclairages vert fluo que Type O Negative ne renierait pas. Au milieu de ça, Nick chante tout seul dans une pièce vide, visiblement convaincu que le résultat est définitivement voué à l’échec. One Second : plus d’argent du tout, donc on nous refait un simple montage du concert du Shepherds Bush. On sent la fin des haricots avec le label…

EN BREF : Un DVD indispensable pour les fans, à découvrir pour les autres. On peut regretter que la première période du groupe ne soit pas couverte (reste à conserver la VHS ’Live Death’ sortie en 1990), ni la dernière (les clips de ’Host’ sont sublimes), mais Music For Nations a bien fait son travail en nous proposant des documents dignes d’intérêt, pour un prix tout à fait raisonnable.

Image : 4/3 Son : Stereo 2.0 Region ALL Disque simple face, double couche (changement de couche malencontreux au milieu du concert de Stuttgart) Livret de 8 pages couleurs avec photos et introduction par Aaron Aedy

Prix public : £18 (26€) chez www.paradiselost.co.uk Moins cher chez des discounters tels que www.play.com : £12 (18 €), port gratuit vers toute l’Europe.



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Jérôme Prévost





Il y a 2 contribution(s) au forum.

> Paradise Lost : "Evolve"
(1/1) 25 janvier 2004, par seb




> Paradise Lost : "Evolve"

25 janvier 2004, par seb [retour au début des forums]

Très bonne analyse, juste une remarque, apparemment Play.com ne livre pas vers la Belgique (de même que le Danemark ou le Portugal). Dommage ! :(

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    > Paradise Lost : "Evolve"

    19 août 2004, par Jérôme Prévost [retour au début des forums]


    Effectivement, Play.com ne livre plus la Belgique, trop de vols de paquets étant observés par les clients locaux. Il est assez probable qu’ils finissent par faire de même pour la France, ce pays n’étant pas épargné non plus.

    [Répondre à ce message]