Que l’on adore ou que l’on vomisse Depeche Mode, l’objectivité force à reconnaître que Dave Gahan a acquis, avec les années, une carrure d’entertainer de tout premier plan. Débarrassé de ses vieux démons, il se défait progressivement du statut, quelque peu embarrassant, de « chanteur qui chante les paroles d’un autre » (Martin Gore, en l’occurrence). Sa carrière solo entamée sur le tard, en 2003, a connu, un démarrage assez timide. Paper monsters, son premier album, a été injustement sous-estimé (souvenez-vous de Forest National à moitié vide). Le disque était bon, mais les fans de DM attendaient sans doute davantage de leur idole. Néanmoins mis en confiance par son premier effort en tant que parolier, Gahan a réussi à placer, pour la toute première fois, trois de ses - excellentes - compositions (dont le single Suffer well) sur Playing the angel, le dernier disque en date du groupe.
Il nous revient en ce mois d’octobre avec Hourglass (dont vous avez déjà pu découvrir l’imparable single Kingdom), un deuxième album solo sombre, mature et abouti, qui a tout du chef-d’œuvre. S’il y a un disque que vous pouvez acheter les yeux fermés ce mois-ci, c’est bien Hourglass. Sur Pop-Rock, on le voit comme supérieur, par bien des aspects, au dernier Depeche Mode. Et ce n’est pas rien.
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