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10CC : "Sheet Music" Muse... hic vendredi 17 mars 2006, par |
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Peut-on vraiment faire confiance à un groupe qui osait avouer : « We’re the worst band in the world, but we don’t give up ? », et dont le nom retranscrivait la quantité de sperme éjaculée par un homme adulte ? Quand on écoute les premiers albums de 10CC, on répond « oui » sans hésiter, encore que l’expérience ait quelque chose de profondément déroutant. Enigme poilante, ce quatuor britannique semblait décidé à ne jamais donner au public ce qu’il souhaite entendre. Inspiré par les Beatles autant que par les Monty Python, il jouait une musique exigeante et déconnante, à laquelle on ne connaît aucun équivalent.
10CC, c’est d’abord un super-groupe, comme on les appelait dans les années 70 : une réunion de musiciens célèbres sans l’être, qui souhaitaient se faire une petite place au soleil. Professionnels du studio omniprésents pendant les années 60, les quatre membres du groupe ont écrit et composé pour les plus grands de la pop. Graham Gouldman est notamment l’auteur et le compositeur de No milk today des Herman’s Hermits, de For your love ou Heartfull of soul des Yardbirds, de Bus stop des Hollies... Eric Stewart, dans les années 80, fut choisi par Paul McCartney comme guitariste, choriste et assistant-compositeur le temps de trois albums. Kevin Godley et Lol Creme, reconvertis dans la réalisation, faisaient à la même époque des clips pour Duran Duran, The Police et Frankie Goes To Hollywood. Pour le meilleur et pour le pire, nos loustics ont donc traversé l’histoire du rock. Et pourtant, l’analogie avec les autres super-groupes s’arrête là. Au lieu de jouer de la musique irréprochable pour puristes, comme Blind Faith, ou de se lancer dans des projets pharaoniques de symphonies modernes comme Yes, 10CC a choisi dès le début des chemins de traverse : ceux de la parodie et du second degré. Leur premier album éponyme était en effet constitué de parodies du rock’n roll des années 50 (Donna, The Dean and I) et de quelques pop songs bien trempées (Headline Hustler, Ships don’t disappear in the night), aux paroles volontiers acides et désabusées. Déjà, le groupe s’y montrait mûr musicalement, construisant d’impeccables harmonies vocales grâce à quatre timbres très complémentaires. Rubber bullets, parodie des Beach Boys narrant une émeute carcérale, reproduisait à la perfection les chœurs de la famille Wilson. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que Sheet Music, leur deuxième album, va plus loin dans l’érudition, dans la dérision et dans le délire ! Elargissant leur champ, les musiciens s’attaquent à tous les genres qui peuvent passer par leurs instruments. On y trouve donc du hard-rock, du doo wop, de la country, du zouk, du folklore d’Europe Centrale... Et 10CC ne se contente pas d’enchaîner ces styles. Tout est assemblé, mélangé, corsé dans des cocktails que seul un barman fou ou décadent aurait pu imaginer. Il en résulte un sentiment permanent de décalage, que les paroles attisent avec une jouissance sensible. Silly love, par exemple, raconte une séance de drague lamentable, servie en répliques choisies du type : « You got a smile like a Rembrandt / You got the style of a Queen / You are the petal of a rosebud / Next to you all the others could be weeds ». Quelle musique attendrait-on sur un tel texte ? Impossible à dire, mais en tout cas pas cette espèce de remake suraigu de Communication Breakdown qui, sans que personne ne comprenne pourquoi, se transforme brusquement en slow pour le troisième âge. Avant de repartir, bien sûr, sur un solo de guitare hyper-accéléré... C’est une véritable tactique de guérilla qui est ici à l’œuvre. 10CC attaque toujours l’auditeur par surprise, dans des zones et des registres qu’il n’aurait jamais soupçonnés. Et si la plupart des chansons conservent ce ton sarcastique (The worst band in the world, Oh Effendi, Hotel...), d’autres déroutent également l’ennemi en adoptant des postures contraires. Le nostalgique Somewhere in Hollywood pratique toujours les changements brutaux de mélodie, mais le mille-feuilles progressif qui en ressort ressemble fort, pour le coup, à un hommage. Perturbés par une étrange tristesse plus que par un sourire, on voit naître une comédie musicale macabre, célébrant les stars défuntes et le Boulevard du Crépuscule. Avec Clockwork creep, la nostalgie cède place à la panique. Le morceau évoque cette course contre la montre où nous finissons tous perdants. A l’image des paroles, la musique cavale frénétiquement, bondit d’un genre à l’autre, passe d’une resucée de la B.O. de Blanche-Neige à la polka la plus alcoolisée... Ce qui nous laisse complètement épuisés, inacapables de déterminer si nous venons d’entendre un chef d’œuvre ou une bouffonnerie. Tout le drame et toute la saveur de 10CC viennent de là. Comme Frank Zappa, le groupe consacrait autant de temps à bâtir de superbes architectures musicales qu’à les démolir volontairement. Et le plus étrange, finalement, c’est qu’un véritable classique, au vrai sens du terme, figure sur ce disque. The Wall Street shuffle, signé Gouldman/Stewart, joue lui aussi de la plume acérée. Seul hymne boursier répertorié dans le rock, il contient des maximes comme : « Let me sell your mother / You can buy another ». Seulement, au lieu de soumettre leur auditeur à l’habituelle douche écossaise, 10CC va ici au plus efficace. Solidement charpenté par un riff de piano, le morceau se donne des allures de rock épique et mélodique rappelant... pas grand chose de précis, si ce n’est les Beatles de 1969, ceux de l’album Abbey Road. On gardera donc de 10CC le souvenir d’un immense potentiel, gâché au fil d’albums de plus en plus insipides. Si How dare you ? ou The original soundtrack (qui contient un grand classique des boums, I’m not in love) ont encore leurs très bons moments, dès le départ de Kevin Godley et Lol Creme, le groupe peinera à retrouver une inspiration personnelle. Deceptive bends n’est plus qu’une succession - fort agréable au demeurant - de pastiches des Fab Four, tandis que Bloody tourists ne vaut que pour son tube absurde : le reggae Dreadlock holiday. Et si l’on passe sous silence la suite des événements, c’est par affection pour un groupe qui aura bien réussi à amuser son monde... ce qui n’est pas fréquent ! |
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Il y a 12 contribution(s) au forum. 10CC : "Sheet Music"
(1/5) 8 mars 2007, par ex prof 10CC : "Sheet Music"
(2/5) 23 février 2007 10CC : "Sheet Music"
(3/5) 6 juillet 2006 10CC : "Sheet Music"
(4/5) 24 juin 2006 10CC : "Sheet Music"
(5/5) 25 mars 2006, par Youki Smayas |
10CC : "Sheet Music" 13 juin 2007 [retour au début des forums] Oui, c’est vrai et en plus, ils sont devenus des pionniers de l’utilisation du morphing lorsqu’ils passèrent derrière la caméra avec le titre Cry. Black Or White de Michael Jackson n’a qu’à bien se tenir ! 10CC : "Sheet Music" 21 novembre 2010 [retour au début des forums] ent derrière la caméra avec le titre Cry. Black Or White de Michael Jackson n’a qu’à bien se tenir ! 10CC : "Sheet Music" 21 novembre 2010 [retour au début des forums] coutent ? t’amuse bien ? gamin a appris html et est fièfière ?
10CC : "Sheet Music" 23 novembre 2010 [retour au début des forums] lol je t’aime
10CC : "Sheet Music" 28 novembre 2010, par Lol GlgLgLGLG [retour au début des forums] gnu ?
10CC : "Sheet Music" 16 septembre 2006 [retour au début des forums] mais il me semble que dnas classic 21, on passe bcp de fois le Woldstreet Shuffle, extrait je pense de cet album !
10CC : "Sheet Music" 16 avril 2006, par ouou [retour au début des forums] oui, en fait c’est vrai que ce groupe est surtout connus grâce à I’m Not In Love, leru seul gros succès. Mais 10 CC a quand même un style vraiment à part des autre, ce qui est du à Graham Gouldman ... qui composait deja (comme il est très bien dit là au dessus) No Milk Today (classique des sixties fleure bleue), ou encore Bus Stop (des Hollies, responsable de l’Evolution en 67) ou encore des Yardbirds avec For your Love et Heart Full Of Saoul ... Mais c’est comme ca, il faut de tout hein, des noms compositeur et des bons interprètes ... GG n’est que bon compositeur tient ... faut dire que malgré leurs style assez special, je n’aime pas trop, enfin, c’est beau hein, c’est bien fait ...
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